M. Cliarles de Ilivaros
Là, j'aurai le restant de l'envoi des papiers. Cette publication est certaine et attendue avec dévotion. Les amis se disputent à qui fera les copies. On s'est inscrit de Bretagne pour dix exemplaires. Vous serez content de cela, mon cher papa, assez pour ne pas désirer plus de gloire, désir d'ailleurs que je ne puis 'latter d'aucun espoir; des publications ne sont pas faciles, et quand même, mon nom ne paraîtra jamais dans le monde littéraire.
0 pater bonus que vous êtes ! comment vous rendre vos infinies tendresses qu'en vous assuiant mille fois que je vous aime autant qu'aimer se puisse? Adieu, et trente-six mille embrassements.
A M"« LOUISE DE BAYNE.
Paris, rue du Dauphin, hrttel Su!'/, 28 février (1841).
Vous me disiez, chère Louise, de vous écrire dès que le cœur m'en domierait le mouvement. Il vous aura semblé qu'il se mouvait bien tard, car voilà longtemps de votre lettre, longtemps pour une lettre d'auiie. iMais, mon amie, je suis forcée de suspendre la pln|)art de mes corrcspondancos, et vous ne m'en voudrez pas d'un silence involontaire et de position.' Hors de Paris, retournée au Cayla, ma vie et mes
D'EUGENIE DE GUKRIN.
pensées reprendront leur cours ordinaire et aies lettres le chemin des montagnes, aussi souvent et plus souvent, s'il est possible, que par le passé. Que d' avons-nous nos noirs messagers*! Gomme je les chargerais de choses parisiennes , de ces dires de rien qui n'ont que le charme du moment, un journal de chaque jour qui vous plairait, j'en suis sûre, autrement que ce bloc d'un mois.
Il y a juste un mois que nous avons quitté le Nivernais pour nous trouver, hélas! comme ailleurs dans une chambre avec des douleurs, des médicaments et des médecins. Voilà notre vie, fort triste pour qui souffre et qui voit souffrir. Ma pauvre amie sera, je crains, au rang des incurables et des martyrs; cependant, comme elle est jeune et forte et que tous les saints prient pour elle, on peut espérer un miracle, et j'espère. En attendant, je demeure auprès de son lit, aidant dans Sfs soins le parlait et infatigable infirmier M. de Maistre, le modèle des maris dévoués.
Ces jours derniers, nous nous sommes adjoim une sœur de Bon-Secours, charmante et gaie, toiit( remplie d'amour de Dieu et d'anecdoles intéressantes. C'est ceci, c'est cela, chez une duchesse, aux Tuileries, chez de pauvres gens; rien n'est plus varié que la vie de ces bonnes sœurs, veillant la nuit à toutes sortes de chevets, vieux et jeunes Je veux
1< les charbonniers de la montagne,
VOUS dire une histoire liorrible, celle d'une jeune sœur qui veillait auprès d'un malade qui meurt. Après l'avoir gardé pendant trois heures seule, elle se prépare à l'envelopper; et, comme elle s'approche, les deux bras de ce corps s'ouvrent sur la sœur et l'étreignent horriblement. Le monstre avait feint le mort. La pauvre fille est tombée morte de frayeur. « C'est ainsi, nous disait sœur Isabelle, que parfois on nous récompense en ce monde; mais notre récompense est au ciel. » De tels dévouements n'ont pas leur prix sur la terre.
Je sais encore une- autre histoire de sœur de Bon- Secours, mais elle serait trop longue : il faut la rései'ver pour dire, je n'ai pas à écrire que des choses de couvent. Vous ne me croiriez pas à Paris; et, en elTet, il s'en faut de bien peu que je n'y sois pas, tous les muis se ressemblent. Nous attendons tous les jours, pour sortir avec ma pauvre malade, un mieux qui ne vient pas. Les promenades en voiture, l'air du dehors lui feraient tant de bien, et il faut languir et souffrir dans un lit; singulière destinée de malheur à laquelle on ne saurait que dire sinon : « Dieu le veut. » C'a été le dernier mot de consolation du père Laconlaire à notre malade, en lui pioincttant de piler pour sa guérison, un au durant, à UoMie, où il vient d'aller. Avec quel intérêt je l'ai vu, ce j(!une saint, un instant lié à Maurice à l'écolt de La Ciluînaie! Mais c'est mieux que de le voir, je l'ai entendu prêcher (;t j'ai lu de ses ouvrages : la
D'EUGENIE DE OUERIN.
Vit de saint Dominique et Y Histoire des Frères prêcheurs, ordre qu'il va ressusciter. On s'occupe beaucoup de cela à Paris dans un certain monde, car il y \' à du monde pour tout. Nul orateur ne parle mieux à l'époque et n'exprime mieux à son goût les vérités religieuses et sociales.
M. de Ravignan, autre apôtre éloquent, prêche aussi à Notre-Dame; nous l'avons eu un de ces jours à Saint-Roch. Oh! les sermons ne manquent pas; assurez-le à M. Massol, pour l'intérêt qu'il porte à mon âme et à ma conversion; dites-lui qu'elle en a moins besoin qu'il ne pense, et que j'ai raison d'être en peine de la sienne, puisqu'il manque de charité. Ceci accompagné de respectueux souvenirs.
Que je me plais à Saint-Roch, au fond d'une chapelle sombrement éclairée et recueillie, où l'on se croirait dans les catacombes ! C'est là que vit dans un confessionnal un séraphin qui me dirige doucement et hautement vers le ciel. J'en ai béni Dieu qui m'a donné cette sainte consolation dont j'ai besoin; car, hélas ! je fais bien des hélas ! dans le monde. Paris n'a plus rien d'attachant pour moi, ou bien peu après ce que j'y ai perdu.
Ceci me porte à ma belle-sœur, toujours plus céleste; elle voulait se faire religieuse ; les forces, je crois, lui ont manqué, et puis comment quitter sa tante et son jeune frère qui n'ont qu'elle au monde? Je suis fort loin de la rue Cherche-Midi, ce qui rend naes visites rares, et puis je ne quitte pas ma chère
malade. Une foule de connaissances sont là que je néglige : la sœur d'Yversen, Lisbine et d'autres de Paris que je ne vois pas, parce que je ne sors plus.
11 ne faudrait rien moins que vous, ma chère Louise, pour me tirer de ma solitude, et vous m'en tireriez irrésistiblement. Que Paris vous plairait! Ce bruit, cet éclat, ce monde, cet esprit, ces choses qu'on ne voit pas ailleurs; ces hommes distingués, ces femmes élégantes; Paris, en un mot, vous charmerait, et il me prend de vous souhaiter à ma place, moi indigne du lieu où je suis, moi qui suis plus touchée d'un chant de grive sur les genévriers du Gayla que des concerts de Valentino. Jugez si c'est étrange, si cela fait rire, et néanmoins on m'aime beaucoup, enfant gâté de cœur que je suis. Cela vous fera plaisir à savoir entre tout ce que je vous dis, vous, ma première douceur amicale.
Ma chère Louise, ma lettre vous fera-t-elle éprouver cette fois ce petit tremblement de plaisir que vous a donné l'autre? Sans doute, en la brisant, mais en la lisant, je ne sais, car je me trouve bien maussade et quelque ressemblance avec ce ciel qui nous couvre ici, terne et lourd. Ce ne serait pas la peine de vous envoyer un tel envoi de si loin, niais le cœur le pousse et le porte à vous. Que ce vous soit an témoignage de ma forte et invariable all'cction.
Pourquoi n'avcz-vous pas écrit à Marie, ma pauvre sœur solitaire, à qui votre lettre donnerait un joli
D'EUGENIE DE GUERIN.
moment de plaisir? L'envie me prendrait de vous gronder, si je ne savais que votre silence n'est pas de l'oubli, si je ne voyais que vous négligez toutes vos alTections, même le monde, même Gaillac où voua avez tant ri jadis. Mais maintenant, oh ! que le tempa nous change! Nous reconnaîtrons-nous, vous et moi? Sans doute, dans notre tendresse, ce côté de nous qui n'est pas touché par le temps.
Adieu; je grilTonne trop sur ce papier transparent pour écrire davantage; tenez-le dédoublé pour lire. Mille choses à vos trois sœurs; de ces choses qu'en tout pays j'ai pour elles. Vous a-t-on sevrée de votre petite nièce? Oh! je conçois ce chagrin et be charme de cette enfant pour vous. Mais vous la reverrez ; absence n'est pas mort, et puis un peu de sacrifice au bon Dieu qui l'accueille si bien. Chère Louise, adieu. Je, n'ai pu encore m'informer de votre abbé Caire. Je ne sors pas plus qu'une carmélite; mais si une charmante Sophie de Piivières que nous attendons arrive, je sortirai un peu avec elle qui connaît Paris comme sa chambre et qui aime à courir comme une alouelle.
A M. H. DE LA MORVONNAIS
l Paris], 10 mars 1R41.
Les plus douces paroles ne vous rendraient pas^ monsieur, la douceur que j'ai trouvée dans les vôtres, lorsque vous parlez des choses de l'àme et dernièrement de Maurice. En recevant votre lettre, j'ai couru au bureau de \ Universilc, et je possède et j'ai dans le cœur cette précieuse Notice, si belle d'expression, de sentiment et de vérité. Grâce à vous, notre Maurice est là dans sa vie de poésie et de foi, et sous l'auréole céleste qui lui convient et qui lui manquait jusqu'ici. Quelque haut qu'on eût porté son talent, il ne l'était pas jusqu'au ciel, sa belle place. Louange à vous qui, comme un ange ami, l'avez élevé sur vos ailes aux yeux de ceux qui ne voyaient pas qu'il pût monter plus haut! Et puis que j'aime ces beautés ignorées que vous révélez de son âme, ces divines ;éveries en Bretagne, au bord des mers, dans les grands bois, dans ce Val bien-aimé, trésors que je vous dois! Que Dieu vous bénisse, mon bon poète! Je lui remets le soin de ma reconnaissance, que ni mon âme ni rien ne i)eut vous témoigner assez. Que peut exprimer ma faible parole de femme? Rien ou bien peu, je le sens, quoique vous la flattiez de beaucoup de puissance. 11 faut pour cela l'entendre à
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travers la bonté, à travers Maurice, son frère. Oui, ce cher objet m'enveloppe de son charme aux yeux de ses amis, et j'en suis heureuse et fière, comme aussi il y a vers eux, de mon côté, retour de sympathie affectueuse et éternelle.
Et néanmoins ceci réponcr-îT à, votre dévouement, monsieur, et à vos lettres aimables? Si je n'ai dit plus tôt combien j'en étais touchée, c'est que je n'ai pas pu écrire; je le fais au premier loisir. Je dis loisir, parce que c'est un moment tranquille et qu'on se repose alors dans ce qui plaît, comme un fatigué sur la mousse à l'écart. Promeneur solitaire, vous connaissez cela. Moi, dans quelques pas, je suis brisée à Paris, ce monde fatigant pour l'âme, et où néanmoins je me plais tristement, comme dans la vie et la mort. Ce Paris me renferme tant de choses aimées, tant de joies et tant de douleurs! Paradis en deuil.
M. Quemper est venu me voir avec un empressement bien aimable, dont je sens le prix vivement. Ce bon jeune homme justifie en se montrant l'éloge que vous en faites, et le titre d'ami pour ceux qui le donnent à la distinction de l'esprit et aux qualités du cœur. M'"" de Maistre, cette éminente appréciatrice, a porté sur M. Quemper le plus gracieux jugement,
et c'est un des hommes dont elle aimerait d'orner y
son salon. Mais, hélas! son salon, c'est un lit de douleur, au pied duquel M. Quem[)er s'est assis une fois. Une autre fois je l'ai reçu moi seule, dans un salon
sans feu et sans charmes, et néanmoins il y en avait 'pour moi à causer du passé, de Maurice, de la Bretagne, des amis de ces contrées, et de la mer, et de votre petite Marie, et que sais-je? Les courants de l'âme sont longs.
Vous avez cité de charmantes choses dans la Notice, je ne sais quoi d'un parfum céleste. Riche espérance pour le recueil annoncé, ce cher trésor que roule la diligence ! M. d'Aurevilly va s'occuper incessamment de notre œuvre, de ce monument à la France et à nous, et auquel on vous devra d'avoir si richement contribué, et travaillé d'esprit et de cœur. Je voudrais bien être ici à l'époque de cette publication; mais il n'y a pas d'apparence, quoique noire dépait soit encore incertain. J'aurai soin de recommander vos dix exemplaires. Ft ne soyez pas en peine pour le cours de notre poëte : son lit est creusé dans les pentes où coulent les fleuves d'or, et il n'a qu'à jaillir. Vraiment ce livre est attendu avec dévotion. Il y a encore bien des choses à recueillir, que je rlécouvre par-ci par-là. Il se dispersait avec un dctachement injuste, mon pauvre Maurice, n'estimait rien de lui, el il s'en est allé sans jouir d'aucun des dons dont il était si riche. C'est nous qui jouirons. 11 y a dans ce bonheur "uo profonde tristesse qui Dj- .-<; peut consoler.
J'en étais là, vous écrivant, lorsque l'envoi par In diligence est venu. Bien -aimées reliques de mon bicii-aiinù Maurice! Oh! merci, mille lois merci, mon
bon monsieur ! Je n'ai presque rien vu ni lu ; mais tout est au cœur, et je veux de suite me témoigner au vôtre qui fait tant pour moi, presque trop, si j'osais me plamdre de voir mon nom à côté de celui de Maurice dans l'auréole que vous lui posez si religieusement sur le front dans VUniversité catholique. Adieu, monsieur, et reconnaissance infinie. P.-S. J'ai encore de vous une lettre dans le paquet. Veuillez prendre ceci en réponse à tout, ô trop obligeant ami. M- de Maistre accueille avec la grâce de sa grâce tous vos gracieux hommages. Comme toujours je baise l'enfant.
A M. DE GUÉRIN
AD CAYI.A.
[Paris], Jeudi saint (8 avril 1841.J
Je sors de Saint-Roch, du milieu de la foule, des sermons et de la musique, et des prières aussi, car dans ces flots il s'en trouve quelques-uns qui vont à Dieu. En général, il y a pourtant peu de recueillement dans ces allées et venues. Pour me sauver de la dissipation, je me suis réfugiée au fond du Calvaire, Bomhre et silencieux. C'était doux comme le paradis,' et j'y pensais à la chapelle d'Andillac où vous étiez
sans doute, mes chers éloignés, pensant à Paris, je crois. Il est de ces lieux et de ces occasions où les cœurs se rencontrent. Aujourd'hui, nous aurons prit les uns pour les autres, bien sûr. Sainte journée du Jeudi saint, que depuis quelques années je passe si rarement au Gayla! Il y a trois ans, j'étais à Alby auprès de cette pauvre Lili; l'année d'après j'étais ici, et cette année encore ici. Singulière destinée que la mienne, liée à tant de choses inattendues, dans des desseins de Providence, sans doute! Nous avons tous une mission en ce monde; la mienne est d'aller loin voir souffrir.
Vendredi saint. — Je ne dirai pas long ce soir, étant fatiguée de ma journée d'église. Une lois dans Saint-Pioch on n'en sort plus, tant les sermons et les offices se succèdent. Ce matin, méditations à six heuies, puis la Passion par M. le curé qui a parlé divinement; à neuf heures, l'office, l'adoration de la croix par deux à trois mille âmes; à midi, les paroles de l'Agonie jusqu'à trois heures, alternativement avec la musique, fort analogue cette fois; enfin, les ténèbres et le Stabat à sept heures. Voilcit-il une journée à la liousoun Oh! qu'elle y serait radieuse! J'ai vu sa représentation, au Calvaire, dans une (ille coiffée comme elle, recueillie comme elle, à genoux, toujours comme elle. S'il eût été
\. nnusou, Rose-la-Murguillière, dont il est plusieurs fois jmrlé ilans le Jouriiul.
D'EUGENIE DE GUÉRIN.
permis, je lui aurais demandé d'où elle était : du Midi, bien sûr, d'après son costume. Dites cela à notre marguillière, et comme il m'est venu à son occasion distraction et édification. Bonsoir sur cette sainte journée. N'allez pas croire que je l'ai passée tout entière à l'église : je suis sortie pour déjeuner et dîner; mais les prêtres, je pense, se sont nourrie d'eau bénite.
Depuis cette pause d'il y a quelques jours, votre lettre m'est venue et l'affreux malheur des Tliézac. Quel coup de foudre! je n'en reviens pas. Cet Hippolyte si jeune, si bien portant I Qu'est-ce que la vie la plus foi'te? J'ai passé une partie de la journée d'hier avec Charles, après lui avoir annoncé la terrible nouvelle. AI. Gadars est venu me prendre pour cela, chargé qu'il en était de la part de la famille. Le brave homme et sa femme étaient aussi afiligés que de la perte d'un parent. Gabrielle de Paulo m'a écrit tout atterrée et consternée; elle me dit qu'il est uiort du croup, singulière maladie à cet âge ! Enfin, il est mort ce puissant Hippolyte! Il n'y a que Dieu qui puisse consoler sa mère, et les sentiments piein qu'il a témoignés. Il est mort avec la résignation d'un ange, me mande Gabrielle. Dieu soit béni que, dan.^ de si courts moments, ce pauvre jeune homme ail pu penser à son âme !
Passons à autre chose : de la mort à la vie. La grande nouvelle d'une promenade hier en voiiurc au
bois de Boulogne avec notre malade, promenade qui sera menée jusqu'à la mer, si le mieux se soutient.
Notre prince vous paraît donc fort suspect, et vous ne voudriez pas me savoir avec lui dehors ni dedans, et cependant nous nous touchons la main comme de bons amis. Il a l'air si franc, si loyal, si bon, qu'on le croit tout ce qu'il veut, quoique ce ne soit pas tout ce qu'il est peut-être. Quoi qu'il en soit, il ne demande rien ; il est reçu d'ailleurs chez les sommités royalistes, entre autres MM. de N*** et de La Rochejacquelein. M. de Sainte-M*** le trouve extrêmement remarquable, d'une politique haute et habile.
Le cahier ne s'est pas trouvé comme l'avait dit la sibylle; je me défie un peu de l'oracle. Cependant je suis sûre autant que d'avoir deux mains que ce manuscrit existe; mais où est-il? M. Quemper m'en a remis un qui a traversé l'Amérique du nord au sud*. Je ne vous puis rien dire de plus que ce que vous savez de cette publication. Il y a quelque temps d'ailleurs que je n'ai vu M. d'Aurevilly.
L'autre jour je fus pour entendre Lablache dans une soirée. Lablache ne vint pas, et je m'ennuyai fort pendant trois heures à entendre d'autr(!S chanteurs. Auguste était avec moi. A peu près tous les (liuianches de Carême, il m'a menée entendre M. de Havignan à Notre-Dame. Les sermons ont été ma graufh' jouissance. Dieu veuille qu'ils aient été mon
I. Le cahier vert aur lequol Maurice d@ (jitûiiu uyait écrit so.i tournai.
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salut. Adieu, cher papa; malgré moi il faut que je vous quitte.
[P. -S.] Encore une connaissance! celle du copiste fie Maurice*, ce jeune homme si dévoué qui, depuis six mois, consacre tout son temps à cette écriture, le lui ai remis une remarquable expaniîion d'âme à M. Buquet que M. Buquet m'a remise*.
A M'i» LOUISE DE BAYNE.
Paris, 29 avril [1841.}
Pourquoi ne pas me gronder, ma chère Louise, comme vous aviez envie de le faire? Cela m'aurait amusée; rien n'est joli comme des repioches de cœur passant par votre esprit, surtout quand ils tombent en l'air. Ils ne trouvent en mo-i rien où se poser, ces petits papillons noirs. Je ïie leur olîre ni oubli ni
1. Charles-Auguste Chopin, Irès-di'voué à Maurice deGm?rin el à M m<^iiiiiite, sur les copio» diuint'i iiou> avons publié (iueli|ui's-uiies les Po<^si('8 el dos l.' tires qui coiniiosent le second volume de notre première édition [Reluiuix, C;ieii, 2 vol. inI6, I8(i0). Le soin pieux qu'il iivail pris de les recut.-illir en a probablement sauvé une* partie. Il a donc ses titres lui aussi, à la rcconnuibsance de ceux (|ui i] précient le talent de l'auteur du Centaure, Nous sommes heureux de lui rendre encore une fois celte justice.