A THANN
Veytaux, 21 janvier 1867.
Chère Madame et amie,
Le voilà donc, ce terrible anniversaire! Je ne vous dirai pas tout ce qu'il éveille en moi de douleur et de cruelles pensées. Ce jour-là, nous avons vu en plein notre désastre.
La fidélité de tant d'amis à ce grand deuil est peut-être a plus forte raison que nous ayons d'espérer quelque chose de l'avenir. Charras a excité les sentiments les plus profonds, les plus durables de notre temps. Son nom grandit chaque année et il grandira encore. Quand la France renaîtra, elle aura ce nom sur les lèvres.
Consentez à vivre, chère Madame et amie. Nous avons
tous besoin de vous. Cette grande mémoire de notre ami
BOUS voit, nous accompagne, et nous parle encore, tant
que vous restez avec nous dans ce long combat de la jus*