‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 106 sur 233 · A NICE · texte numérisé non relu

A NICE

Veytaux, 6 février J807.

Madame,

Vous nous envoyez le printemps. Vos fidèles fleurs nous ont apporté tous les parfums de France et d'Italie.

Ce beau bouquet est toujours là, sur ma table ou sur la fenêtre. Nous le regardons et nous disons : c( Il y a encore de belles âmes dans le monde, et elles ont pensé à nous. Courage ! Nous reverrons le printemps. »

Oui, Madame, votre souvenir m'est infiniment doux et précieux. Il est venu à mon aide dans les mauvais jours ^t il me les a embellis. Que de fois n'ai-je pas voulu vous écrire, au moment de voire grande affliction et de celle de madame votre fille, puis au jour de Tan! Enfin, je n'ai rien fait de ce que je voulais ; mais, chère Madame, vous ne douterez jamais de moi. Je le sens à la confiance absolue et à la reconnaissance que vous m'inspirez. Vous m'avez fait tant de bien par votre sympathie, dans ces temps si rudes et si amers ! Cela ne peut se dire par des mots. Et moi, que puis-je? Vous suivre de mes vœux, prendre ma part de tout ce qui vous arrive de bien ou de

mal, m'honorer de votre amitié. Elle m'ùte le droit de me plaindre de quoi que ce soit.

Yeuillez, Madame, me rappeler au bon souvenir de mademoiselle Hortense, de madame et de M. de Loriol 6t agréer, etc., etc.

EDGAR QUINET

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