‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 107 sur 233 · DCII · texte numérisé non relu

DCII

A M. ANTONIN PROUST A NIORT

Veytaux, 6 février 1867.

Pardonnez-moi, cher Monsieur et ami. Je ne puis que vous dire : « Venez! Venez, je vous attends. *

J'imprime, au milieu de beaucoup d'autres travaux, ma Critique de la Révolution. Cela m'empêche de vous écrire à loisir.

N'oubliez pas d'apporter les lettres dont vous me parliez cet hiver.

Nous parlerons de ce beau stratagème du 19 janvier. Est-ce la fable du vieux chat qui, ayant épuisé tous ses tours, se roule dans la farine, se pend par les deux pattes de derrière et attend ainsi les innocentes bêtes ? Nous verrons bientôt.

Vous parlez de bonheur intime ; que vous avez raison !

Cela seul me donne la force d'affronter la vie publique telle qu'elle a toujours été en France.

Un écrivain, qui veut rester fier et indépendant, se voue à une existence horrible. Qu'il cherche son refuge dans un cœur ami! Sinon, il vivra et mourra seul.

Adieu et au revoir, cher Monsieur et ami. Mes amitiés à M. Dunoyer. Ma femme vous envoie tous ses souvenirs.

Votre dévoué

EDGAR QUINET

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