‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 111 sur 233 · DCIX · texte numérisé non relu

DCIX

A M. TAMBURINI A BRESGIA

Veytaux, 18 février 1867.

Mon cher ami. Je ne puis répondre qu'en peu de mots aujourd'hui à vos différentes questions; sans cela, il me faudrait trop ajourner.

Vous pouvez, si vous le croyez bon, publier ma lettre du 2 janvier. Vous verrez s'il n'est pas à propos d'en sup-

primer quelques détails trop intimes pour intéresser le public.

L'auteur de l'article du Siècle est bien Thislorien Henrf Martin. Je l'ai prévenu que vous lui enverriez votre ouvrage. Son adresse est à Passy.

Je serais heureux de remercier avec cordialité vos deux amis Benellini et Spalazzi. Que de talent d'écrire chez tous les deux ! Que d'âme ! que d'élévation !

M. Benellini me paraît un écrivain tout formé, d'une vive pénétration. M. Spalazzi, à en juger par quelques pages, est plein d'avenir. Ah! mes chers Italiens, que vous me consolez du reste de l'Europe! Vous avez conservé l'étincelle. Je le répète, vous savez encore aimer. Exprimez, en mon nom, à vos deux amis ma plus vive sympathie.

Je n'ai pas reçu les deux numéros de la Revista contemporanea, ni les sonnets.

L'ouvrage que vous demandez sur les Etudes en Allemagne serait très intéressant; malheureusement, il n'existe pas. M. Saint-René Taillandier a écrit plusieurs volumes sur la Littérature allemande. Voici d'ailleurs des titres de livres qui se rapprochent de ce que vous voulez :

Vie de Schiller par Régnier. Philosophie de Gœthe par Caro. Correspondance de jffetne (j'ai beaucoup connu Heine). Je ne sache pas qu'on ait fait sur lui aucune biographie étendue, excepté celle de Théophile Gautier, qui doit être très incomplète.

Il faut sans doute que l'Italie connaisse TAllemagne ; mais il ne faut pas qu'elle se laisse subjuguer. Que l'Italie

LETTRES D*£XIL. 201

dégage son propre esprit. Yoilà ce que le inonde doit désirer.

Adieu, très cher Tamburini.

Votre déYOué de cœur.

EDGAR QUINET

DCX

Page 1