A M. EMILE DE GIRARDIN A PARIS
Veylaux, 15 mars 1867.
Monsieur et ancien collègue,
Il m'était bien difficile de prendre un parti sur votre lettre de cet été. Je vous voyais garder des espérances
qu'il m'était impossible de partager ; et je ne pouvais que me taire et laisser parler le temps à ma place. Aujourd'hui, je suis heureux de vous féliciter. C'était un de mes étonnements de voir falsifier sous nos yeux l'Histoire dont nous avons été les témoins, sans que personne osât la rétablir par un mot. Vous avez dit ce mot. Notre exil, depuis quinze ans, n'a pas d'autre signification que d'empêcher la vérité de se prescrire. C'est pour cela, encore une fois, que nous vivons en exil.
Recevez, Monsieur et ancien collègue, etc.
DCXVIl
A M. VERNE-DDFOUR A GENÈVE
Veytaux, mars 1867.
Monsieur,
Combien d'obligations je vous ai pour la grande peine que vous avez prise! Vous me restituez une partie de mes aïeux dont je n'aurais pu retrouver l'existence. Le soin et l'exactitude de vos recherches donnent un prix inestimable à votre travail. Je vous serai reconnaissant de tout ce que vous pourrez m'apprendre de nouveau sur mes alliances avec Genève et avec l'Italie. On se connaî-
trait bien mieux soi-même, si Ton connaissait mieux ses origines. Il appartient à Genève de consar.rer, par un monument historique, la piété des souvenirs de famille. Recevez, Monsieur, etc.
EDGAR QUINET