A M. VICTOR DE GUELLE A VAUCENANS (JURA
Veytaux, 30 mai 1807.
Il n'est donc que trop vrai, mon cher ami, que vous êtes souffrant! Les vrais amis tels que vous sont si rares ! Je n'avais pas besoin de cette expérience pour sentir combien vous nous tenez étroitement au cœur, combien nous nous appuyons sur vous, combien vous êtes nécessaire et présent dans notre isolement. Je me berce de ridée que l'on vous conseillera un changement d'air , et j'ai foi pour vous dans l'air de nos Alpes. Que je serais reconnaissant à mon pauvre Veytaux de contribuer à votre rétablissement ! Nous serons tous occupés ici uniquement de votre bien, de votre repos ; et il me semble que tant de gens qui se consacreront à votre service ne pourront manquer de réussir à vous donner de bons moments. Au revoir, cher véritable ami. Je suis de cœur et d'âme avec vous et avec notre chère madame de Quelle. J'envie à Albert les soins qu'il peut vous donner.
Votre
EDGAR QUINET