À M. SCHMIDT, RÉDACTEUR EN CHEF DU CONFÉDÉRÉ
A FRIBOURG
Veytaux, 4 juin 1867.
Cher citoyen,
Voici un article de notre ami M. Paillotet, économiste de la nuance de Bastiat dont il a édité les œuvres. S'il est un peu encouragé, il vous enverra, je n'en doule pas, d'autres articles à l'occasion. Voilà pourquoi il est à désirer que son morceau ne soit pas écourté. Si vous avez des réserves à faire, il serait bien, je crois, de les faire en note, et de laisser l'article entier.
Hélas ! oui, à Paris on a acclamé, ou, ce qui revient au même, on a laissé acclamer le Tzar suivi de l'ombre de Mourawieff. Mais qu'est-ce qui peut nous étonnerencore?
Les empereurs et rois, comme je vous le disais à Lausanne, viennent complimenter et fêter le Deux-Décembre à Paris. Le mal de l'indifférence subsiste toujours. Et les naissances, qui diminuent à vue d'œil, prouvent que notre malheureuse nation tarit au physique comme au moral.
J'ai écrit, dans le livre Paris-Guide, le Panthéon, Ce
. que je demande, ce n'est pas seulement une statue isolée ,
c'est l'assemblée en permanence de nos grands hommes.
J'évoque l'idée morale de la Révolution, précisément celle qui périt.
Ainsi, nos jacobins voudraient guerroyer au service du Bonaparte. Quelle folie ! Il y a de Taliénation mentale au fond de cette chute. Beaucoup de cerveaux sont réellement malades.
Hichelety qui est ici, va vous écrire. Il nous quitte après-demain.
Adieu, très cher citoyen. J'achève un ouvrage commencé l'année dernière. Courage, santé pour vous et pour les vôtres.
DCXLI