‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 139 sur 233 · A M. H. CARNOT A PARIS · texte numérisé non relu

A M. H. CARNOT A PARIS

Veytauz, 28 juin 18

Mon cher Carnot. Je réponds sur-le-champ à votre lettre du 26. J'accepte bien volontiers de faire partie de la commission pour la statue de Voltaire. Veuillez trans-

mettre ma réponse au Siècle, en attendant que je puisse écrire directement.

Hicheiet est en ce moment à Bex. Il passera ici demain pour aller dans TEngadine, et je compte le voir. Je crois être certain qu'il acceptera. Vous le saurez aussitôt.

Pardon de cette grande hâte et mille amitiés de cœur.

EDGAR QUINET

Il me manque toujours le dernier volume de vos très intéressants Mémoires sur votre père. Je ne l'ai pas reçu. Si vous pouvez me l'envoyer pour compléter ce précieux ouvrage, vous m'obligerez infiniment.

DCLII

A M. MICHELET A PONTRESINA (ENGADINE)

Veytaux, 12 juillet 1807.

Cher ami. Moi aussi, j'ai fait du chemin. Mais comment? J'avais écrit à Lemonnier et j'avais refusé très catégoriquement. Il me semblait même que mes lettres avaient dû les mécontenter au dernier point. Je m'attendais à des réponses très sèches. Pas du tout. Voilà les lettres les meilleures, les plus sages, et avec des instances infinies et des noms d'Allemands. Il n'y avait plus moyen de résister. D'ailleurs, l'occasion de faire quelque chose

qui ressemble à une action est si rare ! Enfin j'ai consenti ; j'ai donné mon adhésion au Congrès de la Paix. Voilà ce que j'étais empressé de vous dire.

Votre lettre est arrivée bien à point. Nous vous cherchions et nous ne savions où vous trouver.

Ma femme est prise d'une malheureuse névralgie, elle ne peut écrire aux voyageurs; mais elle prie l'infatigable botaniste de trouver un instant pour nous dire vos aventures, au moins en quelques mots, depuis que vous nous avez quittés. Vous êtes-vous arrêtés à Zurich? Avez-vou vu Dufraisse?

Je suis charmé de vous voir pour quelques jours en jachère. On fait de singulières conquêtes, quand on croit ne rien faire! l'esprit marche toujours sans y penser.

Ah ! que nous voudrions pour beaucoup assister au travail de l'herbier ! Cher botaniste, envoyez-nous quelque bonne pensée de ces fleurs de l'Engadine que nous ne connaissons pas.

Point de nouvelles des de Quelle.

Mille choses à M. et madame Paillotet. Nous vous embrassons tous les deux.

DCLIII

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