AM. MONTÉNÉGRO A ANDRI A
Veytaux, 14 septembre 1867.
Cher Monténégro. J'ai vu notre héros, j'ai embrassé Garibaldi ^ Honneur à l'Italie qui a produit une si grande âme ! Elle est faite pour servir de modèle et d'idéal à quiconque prend la vie au sérieux.
Vous avez dû recevoir sa lettre, mon discours, que je vous ai envoyés dans un bulletin imprimé. On ne se figure pas la réaction de peur folle que ces deux ou trois jours de liberté à Genève ont déchaînée, surtout en France. Vos amis, sans doute, éclaireront l'opinion; cela ne se peut, en France ; la nuit y est trop noire. Faites de votre mieux pour dissiper chez vous cette masse d'impostures.
Le 10 septembre est une date pour moi. Je suis sorti de ma solitude pour faire un appel à la conscience humaine étouffée depuis seize ans par le Césarisme. Garibaldi a prononcé la déchéance de Rome papale. Ce sont là des faits qui resteront. La poussière qui s'est soulevée tombera. Les actes grandiront, la figure de Garibaldifera vivre ces jours-là dans la postérité.
Courage donc, cher Monténégro. Je vous remercie de
i.\oyez Notes.
VOS traductions de mon Panthéon, ainsi que de toutes les autres. Votre Catéchisme va-t-il ? Mettez-moi parmi vos souscripteurs. Excusez-moi auprès de votre ami qui m'a envoyé les Verbo Nuovo; j*ai à le remercier, et je le ferai. Adieu. Santé, sérénité, espoir, travail! Votre tout dévoué
EDGAR QUINET
Ce jour (ce 10 septembre) m'a fait beaucoup de bien, même physiquement. Au besoin, je ferais la campagne avec Garibaldi.
Le Congrès a été le seul effort, la seule lueur depuis seize ans. Il produira tôt ou tard ses fruits. Je mesure son importance aux passions de réaction qu'il déchaîne. Pourquoi les amis de France ne sont-ils pas venus en plus grand nombre ! C'est là ce qu'il faut regretter. Pour moi, je suis bien décidé à saisir toute occasion par les cheveux, quel que soit son nom, paix ou guerre, peu m'importe ! C'est tout un.
DCLXIV
A M. JOLISSAINT A LAUSANNE
Veytaux, 15 septembre 1867.
Monsieur,
Il me tarde de tous féliciter et de vous remercier de Fâdmirable esprit d'indépendance et d'impartialité avec lequel vous avez présidé cet orageux Congrès de la paix. On le diffamera d'abord, en attendant la vérité.
Le bureau a été régulièrement dissous; et nous rentrons chacun dans la situation où nous étions avant le Congrès.
Si quelques personnes venaient à penser à moi et songeaient à me faire entrer dans le Comité permanent, je vous prie, Monsieur, de vouloir bien les avertir que, par des raisons qui me sont propres, il m'est et me serait impossible de faire partie du Comité, à un titre quelconque.
Veuillez recevoir, etc.
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