A M. LONGUET
Veytaux, 14 octobre 1867.
Mon cher Monsieur,
Merci de votre envoi et de Toccasion que vous m'avez donnée de vous relire. Il faudrait pouvoir causer et se voir à loisir, et le temps nous emporte.
Le déchaînement contre le Congrès me démontre une chose dont je ne doutais pas. Le libéralisme actuel, dans son prétendu réveil, n'est que la vieille réaction masquée qui n'attend que l'occasion d'étouffer encore une fois la liberté, si par miracle elle venait à renaître.
Nos amis nous ont déchirés le mieux qu'ils ont pu. Quel curieux réveil! On nous accuse, nous autres proscrits, de nous croiser les bras, tandis qu'eux!... A merveille! C'est donc là ce qu'ils appellent revivre ! Franchement, ils me plaisaient autant morts.
Mesurons l'effet du Congrès de la liberté par la haine qu'il inspire, A ce compte-là, l'effet n'est pas médiocre.
Pourquoi le Courrier a-t-il aussi jeté sa petite pierre? A vous, cher Monsieur, de tout cœur.
EDGAR QUINET
On ma fort attaqué ; c'est à la conscience publique à me défendre. Je ne m'en mêle pas.