‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 156 sur 233 · AU GÉNÉRAL GARIBALDI A VARIGNANO · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL GARIBALDI A VARIGNANO

Veytaux, 19 octobre 1867.

Cher et grand Garibaldi !

Je me sens prisonnier avec vous. Votre pensée ne nous quitte pas. Ceux qui vous gardent à vue savent-ils bien ce qu'ils font? Ils livrent leur cause, l'Italie, que vous sauvez malgré eux. Que ne suis-je avec votre digne fils Menotti! C'est là qu'est la vérité, la justice, la victoire de l'avenir.

C'est là qu'il ferait bon mourir pour expier tant de crimes d'État qui renaissent d'eux-mêmes.

Je prévois avec horreur que l'on va recommencer le crime de l'expédition romaine. Cher Garibaldi, pardonnez-nous! Nous ne sommes plus nous-mêmes! Nous ne savons ce qu'on nous fait faire. Nous nous en apercevrons, mais trop tard! Voilà ce que je crains pour nous, non pour vous. Votre cause à vous est invincible, c'est celle de l'humanité*.

Pour toujours, votre

EDGAR QUINET

Ma femme me prie d'ajouter qu'elle est de moitié dans tout ce que je vous dis.

DCLXXII

A M. CHASSIN A PARIS

Veytaùx, octobre 1867,

Voilà donc ce qu'ils appellent le réveil de l'opinion publique! Une seconde expédition romaine M... Les mots me manquent...

La France veut-elle devenir la patrie et le drapeau du

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