A M. GASTON BONET A PARIS
Veytaux, 14 janvier 1868.
Votre thèse et voire dédicace sont un solide lien entre nous. Je vous ai lu avec le plus vif intérêt, et j'aurais voulu pouvoir vous le dire plus tôt. L'élévation et l'indépendance de votre esprit vous font le plus grand honneur. J'ose dire qu'elles honorent aussi vos juges. Puisse le noble élan de votre cœur et de votre intelligence être servi par les circonstances et par les hommes que vous rencontrerez sur votre chemin! Mes vœux vous suivent dans la voie où vous entrez. Je vous le répète encore : la plus belle mission, la plus nécessaire aujourd'hui est de re-
trouver et de refaire la conscience humaine. Vous êtes bien digne de travailler à cette œuvre.
Ne me laissez pas ignorer ce qui vous arrivera d'heureux. Rappelez-moi au souvenir de madame votre mère et croyez- moi, cher compatriote, votre tout dévoué de cœur
EDGAR QUINET
DCCIX