‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 189 sur 233 · A M. MONTÉNÉGRO A ANDRIA · texte numérisé non relu

A M. MONTÉNÉGRO A ANDRIA

Veytaux, 16 février 1S68.

Cher et bien cher Monténégro. Il serait trop long de vous dire combien de fois j'ai voulu vous écrire, et comment j'en ai été empêché par des occupations de tout genre. Si je ne vous ai pas écrit, j'ai du moins écrit beaucoup pour ritalie, et une partie de mes lettres ont paru dans les journaux italiens {Independente di Bologna^ Eco del BisenziOy del Prato, Riformay etc.). Il m'était si cruel de voir la réaction communiquer sa contagion à ritalie. J'ai fait ce que j'ai pu pour jeter un cri d'alarme, car le piège était bi^n tendu. Et, si l'Italie n'a les yeux très ouverts, on la fera tomber dans la même fosse où gît aujourd'hui la France,

Mes lettres ne seront pas allées jusqu'à vous, mais vous aurez du moins vu celle de Garibaldi.

Voilà donc enfin la première livraison du Génie des Religions, Combien je désire que votre persévérance soit récompensée comme elle mérite de l'être, par la sympathie des meilleurs ! Ne manquez pas, je vous prie, d'envoyer les livraisons à Garibaldi.

Les temps que Ton traverse sont horribles. Le men-

songe partout, la lumière nulle part ! Encore une fois, veillez sur vous, en Italie !

Aimez-moi. Soyez heureux, si cela est possible aujourd'hui.

Votre

DCCXXII

Page 1