A H. ALPHONSE FAVRE
Veytaux, 21 fëTrier 1868.
Monsieur,
Puisque vous avez la bonté d'insister, je garderai avec reconnaissance ce bel atlas. Grâce à vous, j'ai déjà escaladé, sur vos traces, le plus grand nombre des pics. Je les vois avec vous surgir des mers, former des plages vaseuses, monter encore, toucher le ciel, et déjà dimiuuer et s'abaisser par la dénudation. Quelle histoire vaut cellelà? Pour moi, je ne puis me lasser de la suivre avec un tel guide.
Je trouve, Monsieur, dans votre ouvrage :
Une masse étonnante d'observations qui vous sont propres ;
Le vif intérêt d'un voyage géologique;
Une histoire des Alpes occidentales ;
Une exposition critique de théories.
Que de choses pour captiver l'attention, quand une seule suffirait !
Et, à travers tout cela, j'ai bien admiré aussi votre pénétration et votre persévérance dans la question du terrain houiller. Vous avez eu foi dans la science; et, avec la
foi, VOUS avez redressé les montagnes. Rien de plus attachant que ce beau récit scientifique.
Je ne finirais pas, si je vous disais tout ce que je vous dois, à mesure que j'avance dans ce grand ouvrage.
Veuillez, Monsieur, etc.
Ainsi vous avez dédaigné de mettre le pied sur la tête de votre héros, le Mont-Blanc !
DCCXXIV