‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 194 sur 233 · DCCXXVII · texte numérisé non relu

DCCXXVII

A M. JULES FERRY A PARIS

Veytaux, 6 mars 1868.

Cher Monsieur,

Où va la France? dans quel gouffre? Elle y était déjà plongée ; la voilà qui descend encore.

Par conscience, j'ai écrit quelques pages sur cette loi de la presse. Je les ai envoyées à M. Nefftzer. Voyez, entre vous, ce que Ton peut en faire. Je les ai gardées trois semaines sur ma table ; si vous me les renvoyez, je ne serai point étonné ni affligé. Car que peut-on écrire désormais? Je vous admire de pouvoir tenir encore une plume et toujours nette et sûre. Comment faites-^vous ? Qu'espérez-vous de ce gouffre des gouffres?

Un mot, s'il vous plaît. Croyez à mon amitié sincère.

EDGAR QUINET

DCCXXVIII

A M. DUBOIS* A PARIS

Vcylaux, 7 mars 1868.

Monsieur,

Peut-être ne m'avez-vous pas entièrement oublié, depuis nos anciens jours passés avec Armand Carrel. Pour moi, ces jours-là me reviennent souvent en mémoire.

Je Yous envoie aujourd'hui, comme témoignage de ma profonde estime, la cinquième édition de mon ouvrage la Révolution. Je me berce ^e l'idée que Carrel aurait été avec moi, dans cette occasion.

Qu'ai-je donc fait. Monsieur, au Journal des savants? Si modéré, si bienveillant pour tout le monde, il n'a jamais eu que des injures pour moi.

Je n'accuse certainement pas de ce ton-là ses éminents rédacteurs. Vieilles rancunes de scribes, sans doute!

Je vous lis dans ma solitude. C'est une de mes consolations.

Recevez, cher Monsieur, tous mes vœux, etc.

EDGAR QUINET

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