‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 205 sur 233 · III · texte numérisé non relu

III

Mes hommages les plus dévoués à madame Renault. Pour toujours, votre

EDGAR QUINET

DCCXLIV

A M. GHASSIN A PARIS

Veytaux, 2 avril 1868.

Mon cher ami. La Démocratie se présente très bien. Vous avez très sagement fait de renoncer aux statuts de la Boulangerie ; vous avez déterminé le sens de la solidarité. Ces changements sont heureux. De plus, vous ave» de fort belles adhésions. Vous savez que je ne crains qu'une chose, c'est, après le piège de la loi, la tiédeur du public. Je désire infiniment m'être trompé. Puissiez-vous trouver bientôt vos mille. Je vous ai dit très sincèrement mes doutes, mes observations. Aujourd'hui, il ne s'agit plus de récriminer. Vous voilà lancé, je n'ai plus qu'à vous souhaiter tout le succès que vous méritez et que je tiendrai pour un bon signe.

Il a toujours été bien entendu que je suis, dans tous les cas, voire premier abonné.

Vous ne pouvez nous faire un plus grand plaisir qu'en nous annonçant que votre nacelle flotte et que vous avez

une bonne petite brise. Mon nom de plus ou de moins ne fera rien ni pour ni contre la fortune.

Adieu. Va!

DCCXLV

A M. X**** A PARIS

Veytaux, 5 avril 1868.

Monsieur,

Veuillez m'excuser. Des occupations dont j'ai été accablé m'ont mis dans l'impossibilité de vous remercier plus tôt de votre volume de vers. Les sentiments qui débordent à chaque page ont excité toute ma sympathie. Vous encadrez des pensées excellentes, des souvenirs poignanls, de petits récits pleins de naturel et de réalisme^ comme on dit aujourd'hui. Ceux qui font consister toute la poésie dans le vers et la facture vous chicaneront sur certains points. Ceux qui pensent que c'est le cœur qui fait le poète, ceux-là seront avec vous. Je suis de ce nombre. Puisse ce temps, dur aux hommes de cœur, s'adoucir pour vous par une exception que vous méritez.

Recevez, Monsieur, etc.

EDGAR QUINET

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