‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 213 sur 233 · A M. AUGUSTE MARIE, ANCIEN REPRÉSENTANT · texte numérisé non relu

A M. AUGUSTE MARIE, ANCIEN REPRÉSENTANT

A PARIS

Lausanne, 7 mai 1868.

Vous êtes de ceux sur lesquels le temps ne peut rien. Mais moi j'épuise mes formules de remerciements et je ne puis vous dire que ce que vous savez : combien j'ai été touché et heureux de vot^*e lettre du 3 mai.

Oui, cher ami, nous avons quitté notre ancienne maison, ou plutôt elle nous a quittés, car nous y serions restés, si la chose eût dépendu de nous. Mais notre vieille propriétaire reprend son appartement pour son petit-fils qui vient de se marier. Nous avons donc subi une nécessité. Ma femme a trouvé miraculeusement, dans notre même yeytaux, une maison charmante où nous espérons n'avoir rien à regretter de l'ancienne. Pourtant il lui manque d'avoir reçu votre visite. Laissez-moi penser, bon et cher Marie, que je vous verrai un jour sous ce nouveau toit.

Combien je m'associe à ce deuil dont vous me parlez sans me dire le nom de votre ami. Il me semble étonnant que vous ayez des amis que je ne connais pas.

Ma femme est de moitié avec moi dans tout ce que je vous dis.

Votre ami

EDGAR QUINET

Nous sommes à Lausanne, chez les excellents Bergeron, jusqu'à la fin de la semaine. Dimanche au plus tard je-serai à Veytaux.

DCCLXIV

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