‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 223 sur 233 · A M. MERLE D'AUBIGNÉ A GENÈVE · texte numérisé non relu

A M. MERLE D'AUBIGNÉ A GENÈVE

Plans de Presnière, 9 août 1868.

Monsieur,

Depuis près de trois semaines, je suis sur ces Plans que vous avez aussi habités et où vous avez recouvré la santé.

Nous y resterons encore au moins huit jours. Ce sera un grand désappointement pour moi, si je ne vous trouve plus dans notre voisinage de Veytaux, quand nous y reviendrons. Je ne puis vous donner aucun détail particulier sur la hiérarchie des censeurs de la librairie en France. Comme je n'ai jamais voulu toucher du bout du doigt à ce monde décembriste, j'ai dû envoyer toutes mes épreuves comme lettres sous enveloppe, ce qui naturellement est ruineux. Mais il n'y a certainement aucune difficulté à ce que votre éditeur réclame ce qui n'est refusé à personne : le droit de renvoyer vos épreuves corrigées, sous bande, comme tout autre imprimé.

J'ai beaucoup vécu avec vous, mon cher Monsieur, dans ces derniers mois; votre bel ouvrage, si plein de vie, si saisissant, si nouveau, a été pour moi un aliment inappréciable dans ma solitude. Vous avez trouvé le moyen d'être

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spîritualiste et réaliste à la jliiîs, car vos personnages restent vivants dans le souvenir. Je crois les avoir connus très intimement, et je vous suis reconnaissant de ces belles amitiés que je vous dois. Ma femme s'est emparée du livre à son tour et ne peut s'en détacher ; il faudra bien pourtant s'en séparer peu après notre arrivée à Veytaux.

Recevez, cher Monsieur, etc., etc.

EDGAR QUINET

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