A M. FORCADE (A LA REVUE DES DEUX MONDES
A PARIS
Veytaux, 27 décembre 1865.
Monsieur,
L'accueil que vous avez fait à mon ouvrage, et le jugement que vous en portez, me sont plus précieux que je ne puis dire. Je n'ai certes jamais désespéré de l'avenir, mais, en lisant vos paroles si fermes et si élevées, je me sens pris d'un accès d'espérance. C'est à vous que je dois un des meilleurs instants de ma vie d'exil.
Recevez, etc.
EDGAR QUINET
DVII
A M. MELVIL-BLONGOURT A PARIS
Veyfaux, 28 décembre 1865.
Cher Monsieur,
Excùsez-moi. Soixante lettres arriérées à écrire m'ont accablé. On a songé à faire un procès au comité pour la médaille Lincoln. Cette idée n'est pas abandonnée. On fait en ce moment deux procès l'un sur l'autre au Mémorial des Deux-SèvreSy pour deux articles sympathiques à mon livre la Révolution.he moment ne vaut rien selon moi pour former le comité auquel vous avez pensé. L'idée est bonne, les circonstances sont mauvaises. Je ne puis vous conseiller aujourd'hui de mettre à exécution votre projet d'un comité pour les Noirs affranchis. En ce moment, mon nom vous nuirait. Ne l'y placez pas.
Croyez, cher Monsieur, à ma sincère affection et recevez mes vœux les meilleurs.
EDGAR QUINET
DVIII