‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 35 sur 233 · A CAEN · texte numérisé non relu

A CAEN

Veytaux, !•' février 1866.

Monsieur,

Je lirai certainement avec un vif intérêt le passage que vous me désignez de la Revud Française. Par malheur, ce recueil n'arrive pas dans ma solitude. Il serait important que vous pussiez revenir sur les questions qui sont en dehors de la politique, et il y en a beaucoup de ce genre, purement philosophiques et morales. Par exemple, dans les histoires antérieures, les événements de la Révolution n'avaient aucun lien entre eux. La relation de la cause et de Teffet était supprimée ou à peu près. J'ai montré, au contraire, comment les événements sont nés les uns des autres. Ce point-là rentre dans la philosophie. Il en est de même de la conscience morale, que nous avons à refaire perpétuellement; enfin le principe de la Terreur, que de petites chapelles travaillent à ramener aveuglément, peut aussi être envisagé d'une- manière absolue. Je me suis proposé, comme vous avez vu, d'en faire l'anatomie, ce qui n'avait pas été tenté encore, c'était le seul moyen d'en finir avec un système qui jusqu'à présent nous a fermé l'avenir.

Recevez, etc.

EDGAR QUINET

Page 1