‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 38 sur 233 · A BERNE · texte numérisé non relu

A BERNE

Veytaux, 9 fëvirer 1866.

Cher Monsieur,

Quel excellent article que celui du Confédéré!

Le journal s'est honoré en le publiant. Je vous remercie de cette bonne et courageuse action.

M. Proust peut être bien tranquille. Il n'y aura qu'une voix sur le caractère qu'il a montré. Pour moi, je m'attache à lui pour toujours.

Personne ne se méprendra sur les pièges de l'interrogatoire. Toutes ces bassesses sont percées & jour et vous y avez mis bon ordre. Combien je regrette de ne pas vous voir. Que de choses nous aurions à nous dire sur les Mômiers de Robespierre, qui viennent encore une fois de voler avec l'Elysée ! Ils ont tout fait pour entraver mon livre, de concert avec le Pays (29 janvier). Ils se sont fait contre moi catholiques, décembristes, rien de plus curieux, pour masquer leur demi-connivence avec le Deux-Décembre; ils se drapent dans le terrorisme, mais, heureusement, ils sont impuissants autant qu'incapables.

Dix articles d'invectives pourm'accuser ie méconnaître

les bienfaits dont nous jouissons! Voilà ces hommes ! Bonapartistes honteux ! Je Pavais toujours pensé.

Adieu, cher Monsieur, je voudrais pouvoir dire au revoir. Mille bons souvenirs de ma femme.

EDGAR QUINET

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