DXXIII
A M. JULES FERRY A PARIS
Veytaux 11 février 1866.
Monsieur,
Dans la vigoureuse et triomphante polémique que vous venez de soutenir, vous n'avez en d'autre but que la vé-
1 . Uouvrage de Quinet est un événement significatif. (28 décembres 1865.)
rite. C'est elle qui est et sera voire récompense. Il n'est guère possible d'aplatir un adversaire mieux que vous n'avez fait. Voire voix est celle des générations nouvelles. Il était temps d'en finir avec la rhétorique des Mômiers de robespierre. Vous avez mis un terme à ce sanglant rococo qui barrait le chemin vers l'avenir. Je vous en suis profondément reconnaissant. Avant de lire V Avenir Nationalyie n'aurais jamais cru qu'il fût possible d'écrire dix articles sur la Révolution sans rencontrer ni un fait, ni une idée. On réunit, dit-on, en brochure ce vide parfait. N'est- il pas à désirer que votre travail si sérieux, si solide, si forl, soit de nouveau publié, de la même manière, et qu'on puisse le comparer à la vaine déclamation que vous avez pris la peine de déshabiller ?
Une chose m'a frappé, c'est que beaucoup de nos démocrates robespierrisles n'ont senti aucune peine de ce qui se passe depuis quinze ans. 11 est commode à bien des gens de se plier au joug, en se drapant dans le Terrorisme. Quand je parle de mon deuil, de la liberté perdue, ils ne savent ce .que je veux dire. Pourtant la liberté et l'avenir se dégageront de ces masques et vous. Monsieur, et vos amis vous verrez cet avenir que vous aurez fait.
«l'aurais pourtant des choses à dire sur la question religieuse. N'est-il pas plaisant que nos modernes robespierristes se soient fait plus catholiques que le Monde ?
Adieu, recevez, etc.
EDGAR QUINET