A M. THÉOPHILE DUFOUR A SAINT-QUENTIN
Veytaux, 8 juin 1866.
Cher sage, véritable ami, vous souffrez, et nous somme! si loin de vous ! et nous ne pouvons rien pour vous ! Qu( tout cela nous afflige! Vingt fois dans la journée, voî deux amis se demandent : Comment va Théophile? gui fait Théophile ? Vous êtes du moins aimé comme vouî méritez de Tétre.
Saurez-vous jamais le bien que m'ont fait votre amitié et vos lettres? Quand je pouvais me croire abandonné, oublié sans retour, vous veniez à nous ! Vous me tenizt lieu de tout ce qui me manquait. Quand je peux me dire : Théophile es1: content, Théophile est avec toi, je me sens en paix avec le monde.
C'est vous qui avez senti, compris notre exil. Presque tous les autres le tournaient contre moi ; ils me reprochaient avec dureté ce que je souffrais pour eux. Vous, cher Théophile, vous êtes pour moi comme une autre conscience. Vous m'avez empêché de trop sentir le mal que tant d'autres voulaient me faire. Dans cette nuit de l'âme et de la justice, vous êtes resté pour moi la lumière.
L'absence, le temps, l'universelle désertion n'ont rien pu sur vous. Vous nous êtesr resté fidèle, à proportion que nous avons été plus ensevelis.
Vivez donc longtemps, pour que vos amis prennent plaisir à vivre ! Nous souffrons avec vous, nous guérirons avec vous. Serrez tendrement la main, de notre part, à tous les vôtres qui vous entourent. Chère lumière, chère conscience, chère justice, faites nous savoir que vous êtes mieux et que nous pouvons nous réjouir par vous.
Votre ami à toujours