V. Discours sur Flocon, Livre de V Exilé
adressé personnellement ma vive et sincère gratitude pour sa critique si sympathique et si élevée. Moi aussi, Je considère comme un bon augure que des captifs se sentent attirés l'un vers l'autre, par le même désir de sincérité et de probité intellectuelle. De tels liens sont solides, dès le premier jour. A Dieu ne plaise que j'aie songé à conseiller de nos jours l'intolérance^! Ce serait une folie. J'ai raconté la Terreur de 93, et j'ai cherché quelles sont les conditions, les lois, d'un gouvernement de Terreur; car chaque gouvernement a les siennes.
J'ai montré que les terroristes n'avaient pas eu le vrai génie de la Terreur; c'était la critique la plus décisive que je pusse faire deleur système. C'était tout le-contraire d'une apologie de l'intolérance.
Veuillez , Monsieur, recevoir l'expression de mes sentiments reconnaissants et les transmettre au rédacteur anonyme dont j'ai cherché en- vain à deviner le nom.
DL
A M. D'HAUSSONVILLE A GOPPET
Veytaux, mardi juin 1866.
Mon très cher Monsieur,
Soyez le bienvenu! Vous savez ce que sont pour moi vos trop courtes et trop rares apparitions à Veytaux. Nous
allons vivre dans Tattente de vendredi, midi cinquantecinq minâtes. Si vous ne me voyez pas à la gare, accusez-en cet infernal soleil. Je compterai les minutes à vous attendre dans ma caverne.
Si j'avais eu besoin d'une confirmation, ces guerres me l'auraient donnée. Voilà les peuples traînés à la boucherie par la volonté de deux personnes. On dit pourtant qu'ils se permettent sourdement de mugir sous le couteau. Vais je crains encore qu'ils ne finissent, comme à l'ordinaire, par lécher le boucher.
Votre tout dévoué de cœur
EDGAR QUINET