‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 69 sur 233 · DLI · texte numérisé non relu

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A M. RICASOL A FLORENCE

VeytaUx, (Canton de Vaud, Suisse), 29 juin 186G.

Monsieur le Ministre,

Permettez à un ancien ami de l'Italie de vous adresser les lignes suivantes qu'expliquera la gravité des circonstances actuelles.

L'échec de Custozza ne doit certainement pas alTeeter, ™e manière trop vive, les Italiens. Car les guerres les plus heureuses ont souvent commencé par de semblables "^^compies.

Cet insuccès peut même devenir utile, ^i^l'oa reconnaît la nécessité de changer le prjgquer plai^iie campagne. La double attaque sur le Minci^^?at^ je t^6 s'étant trouvée trop étendue, la nécessité' tefiÂle demander que l'on renonce au projet de livrer deux batailleis à la fois, ce qui n'a réussi, pour ainsi dire, à personne.

Sans doute, on s'est aperçu que le principe d'un double mouvement, Tun par le roi, l'autre par le général Cialdini, présente trop de dangers. Si les soixante mille hommes du général Cialdini, au lieu d'opérer en avant de Ferrare, se fussent trouvés réunis à l'armée du Mincio, Custozzaeût été une victoire.

De celte expérience, il résulte que, les Autrichiens ayant pour eux l'avantage des positions fortifiées, les Italiens doivent se donner l'avantage du nombre; De là la nécessité de ne point faire de grands détachements, mais de former une seule armée; de marcher bien réunis; de n'attaquer qu'avec toutes les principales forces rassemblées; de ne pas vouloir forcer à la fois le Mincio et le Pô ; de faire la trouée sur un seul point, sur un seul. Ce grand arc de cercle des bouches du Pô au Tyrol semble impossible à maintenir. L'événement aura prouvé combien il est urgent de se concentrer et de renoncer aux expéditions séparées qui ne peuvent s'appuyer l'une l'autre.

Veuillez, monsieur le Ministre, recevoir ces paroles avec le cœur qui les dicte et agréez, etc.

EDGAR QUINET

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