‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 86 sur 233 · A M. EMILE GAUSSEN, PASTEUR A POITIERS · texte numérisé non relu

A M. EMILE GAUSSEN, PASTEUR A POITIERS

Veytaux, Vaud, 6 août 1866.

Monsieur,

La confiance que vous me témoignez me touche beaucoup; si la faiblesse de mes yeux ne m'empêchait pas de lire des manuscrits, je vous prierais certainement de m'en- Toyer le vôtre. Malheureusement je suis obligé de m'interdire la lecture de ce qui n'est pas imprimé. Au reste, soyez persuadé, Monsieur, que mes conseils ne sont point à regretter. La pièce est achevée; si elle est bonnes elle n'a pas besoin de mes avis. Sinon, mon grand principe est qu'il faut corriger une œuvre médiocre, en en faisant une meilleure. Il y aurait peut-être quelque chose à dire <les difficultés que votre carrière oppose à des tentatives pour le théâtre. Mais vous êtes sur cela bien meilleur juge que je ne pourrais l'être.

I^'idée à laquelle vous vous attachez est juste en soi.

C'est bien par le manque de cafactères que la France est tombée au point oti nous la voyons.

Il serait fort à propos de rendre ridicule le déshonneur. Car, jusqu'à présent, il est fort en vogue; ou plutôt il n'y a plus ni ridicule, ni déshonneur possible. Quand tout est déshonoré, la matière même de la comédie est supprimée .

Recevez, Monsieur, etc, etc.

EDGAR QUI|NET

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A M. LADISLAS MIGKIËWIGZ A PARIS

Veytaux, 6 août 1866.

Cher Monsieur,

Les admirables volumes sont arrivés; je viens de les ouvrir, j'en réjouis mes yeux et je me hâte de vous remercier très cordialement. Vous savez que rien ne peut, m'ètre plus précieux que tout ce qui vient de votre glorieux père. En honorant sa mémoire, vous servez et honorez votre patrie. Elle est tombée, mais dans le sang, et l'on se relève de ces chutes...

Qui l'emportera ? Est-ce la mort ou la résurrection ? Votre père aurait dit, je pense : la Résurrection ! Je fais effort pour le croire.

LETTRES D'EXIL. 14î>

Adieu, cher Monsieur. Encore une fois milte remerciements. Mes souvenirs à toute votre famille. Votre tout dévoué

EDGAR QUINET

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