‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 88 sur 233 · A II. LE COLONEL EDMOND FAVRB A GENÈVE · texte numérisé non relu

A II. LE COLONEL EDMOND FAVRB A GENÈVE

Veytaux, 9 septembre 1866.

Monsieur^

Vous êtes allé au devant de l'un de mes désirs les plus vifs. Je connaissais votre précieux ouvrage par d'importants fragments qui me laissaient bien impatient de le connaître en son entier. Je suis sûr d'apprendre beaucoup de choses dans cette lecture. J'y retrouverai la précision des détails, unie aux grands horizons stratégiques ; et, en vous lisant, la guerre me semblera le plus noble des arts. C'est dans ^os deux ouvrages sur la Prusse et l'Autriche, que je veux étudier nos prochaines destinées. Il pourrait bien se faire îuevous eussiez, dans ces deux livres, parcouru le champ de bataille, non du passé d'hier, mais de l'avenir d'aprèsdemain ! Voilà toute la race germanique qui s'unit pour ^^ plus s'arrêter. Comment ne finirait-elle pas par se heurter contre la France ? J'en conclus que vos travaux sur les institutions militaires d'outre-Rhin sont, plus que jamais, à l'ordre du jour; car il ne s'agit pas d'une crise "Momentanée, mais d'un^ situation du monde toute nouvelle. C'est une autre race d'hommes qui entre en scène.

J'ai éprouvé, Monsieur, un grand mécompte pendant mon séjour de cet hiver à Genève : vous n'y étiez pas. Veuillez agréer, etc.

EDGAR QUINET

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