A MADAME SARAS[N-BONTEMPS A GENÈVE
Veytaux, 20 septembre 1866.
Madame,
N'est-ce pas le comble de l'injustice de désirer d'avoir de vos nouvelles, sans les avoir méritées? Ma femme a été presque continuellement soufifrante depuis notre départ de Genève; et cela est bien triste dans des temps si tristes. Elle n'a pu vous écrire, tout en se proposant vingt fois de le faire. Nous avons eu quelques amis, et entre autres madame Emile Souveslre, qui va nous quitter, après nous avoir donné six semaines.
Les événements d'Allemagne nous ont tenu grave compagnie; voilà toute une nouvelle race d'hommes qui entre en scène ! Mais à quoi bon en parler? C'est de vous. Madame, et de M. Sarasin, et de tout ce qui vous touche, que nous demandons d'heureuses nouvelles. Comment Monsieur votre fils a-t-il traversé la guerre à Heidelberg?
Les études du droit des gens n'en ont-elles souffert en rien?
Et mesdemoiselles vos filles? et madame votre sœur? Faut-il renoncer, cette année, à les voir, avec vous et H. Sarasin; à ce bout du lac? Nous leur offririons le beau tabouret. Il est bien entendu que personne n'a encore osé y poser le pied.
Ma femme vous envoie ses meilleurs sentiments.
Veuillez agréer, etc.
EDGAR QUINET
DLXXIII
A M. LOUIS ULBACM A PARIS
Veytaux, 7 octobre 18C6.
Cher Monsieur,
11 y a une chose sûre ; c'est que je suis tout à votre service. J'écrirai donc ce qui me viendra sur le Panthéon^. Vous pouvez compter que ce sera court, sinon concis. Mais comment l'entendez-vous? Est-ce une description, un récit? Sont-ce des réflexions? J'aurais besoin, sans doute, de quelques dates, de quelques faits, que je ne sais où trouver ici dans mes rochers. Si vous avez sous la main