‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 90 sur 233 · Voyez Paris-^uide; V. Livre de V Exilé · texte numérisé non relu

Voyez Paris-^uide; V. Livre de V Exilé

quelque livre ou brochure sur le Panthéon, vous seriez très aimable de me l'envoyer. Veuillez aussi me dire quand il faut être prêt.

C'est une vrai joie pour moi de vous lire, et j'ea cherche partout l'occasion.

Notre France baisse, baisse ! Il n'y a plus que quelques plumes qui la soutiennent La vôtre est de ce nombre.

Adieu, cher Monsieur. Faites-moi la grâce de croire à mes sentiments les plus dévoués.

EDGAR QUINET

Edgar (Edgarus) s'écrit sans d à la fin, quoi qu'en dise l'opéra italien qui m'a défiguré.

DLXXIV

A M. ANTONIN PROUST A NIORT

Veytaux, 12 octobre 18C6.

Pardonnez-moi ; vous avez deviné qu'une indisposition m'a empêché de répondre sur-le-champ et de vous remercier comme je voulais le faire. Votre lettre sur l'Allemagne est la vérité même. Malheur à qui ne la voit pas comme vous. J'ai bien compris que vous n'avez pu tout

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dire. Hélas I j'éprouve à mon tour cette même torture^j'ai

écrit la suifa- de ma brochure de 1831. Mais où et com-

meni^nblier les choses les plus modérées? Je ne sais, et

je laisse mon travail enfoui sous terre jusqu'à ce que l'oc-

eanon se présente. Combien je désire vous voir et causer

avec vous de cela et de mille autres choses. J'espère bien

qaevos inquiétudes sur madame votre mère sont passées.

Yoici l'automne qui avance. Ne viendrez-vous pas? Je

vous attends.

Excusez ces lignes précipitées. Je suis en proie à trois ou quatre occupations différentes, ce qui ne vaut rien. Ha femme se rappelle à votre souvenir.

EDGAR QUINET

Je comprends que le gouvernement fasse l'impossible pour étouffer la question. Jamais la France n'a été plus visiblement jouée et perdue. Ces quinze ans d'avertissements à l'intérieur devaient amener ce prodigieux avilissement au dehors.

Voilà le couronnement de l'édifice !

Pourquoi n'avouerai-je pas que je suis bien obligé d'avoir foi dans mes idées et mes pressentiments, quand je les vois se réaliser ainsi de tous points, après tant tl*années?

La France survivra. Hais les générations actuelles, que wmptent-elles faire? Il serait bien temps pour elles de vivre.

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DLXXV ' <

A M. NEFFTZER A PARIS

Yeytaux, 10 novembre 1866.

Monsieur,

C'est bien malgré moi que je n'ai pas répondu sur-lechamp à votre lettre si obligeante.

Dans le premier émoi des événements allemands, j'avais commencé une brochure * sur ce grand sujet.

Puis la pensée m'est venue que le Temps serait la meilleure et la plus utile des publications. J'en parlai à M. Jules Ferry, mais, la réponse n'arrivant pas, je discontinuai et ajournai mon travail.

Votre lettre, Monsieur, me décide à le reprendre et à l'achever. Je sais toutes les précautions qu'il faut prendre et j'espère ne pas y manquer. Peut-être, malgré tous ces ajournements involontaires, la question a-t-elle conservé un assez grand intérêt, surtout à l'approche de la discussion du Corps législatif.

•Je serai certainement heureux et honoré de me rencontrer avec vous dans ce journal où la liberté et le droit

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