A MADAME MICHELET A PARIS
Veytaux, 7 décembre 1866.
Cliëre Madame et amie,
Ah ! quel merveilleux pic-vert! Quel chant de bon augure! Quel délicieux ouvrage! Je ne me consolerai pas qu'un autre ait pu, avant moi, vous remercier de ce livre ravissant. Si j'avais été à Paris (mais quelle idée saugrenue !), j'aurais couru chez vous pour baiser la main et la plume qui ont écrit ces pages* !
Franchement, chaque chapitre a des ailes ; et vers quel pays on se sent emporté !
Votre livre est un chant de V oiseau bleUy couleur du temps, dans une forêt ténébreuse.
Je vais le relire, comme un heureux présage.
Les cœurs devraient en être touchés ; mais les cœurs sont de pierre. Ils sont bien forcés d'admirer, puis ce sera tout.
Je partage sérieusement la joie de ce succès. Il me ravit et ne m'étonne pas. C'est ici, dans notre pauvre et froid Veytaux, que j'aimerais à en parler avec vous.
Amitiés à Michelet. Votre dévoué de cœur,
EDGAR QUINET