Mémoires d*une Enfant
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A M. ANTOXIN PROUST A NIORT
Veytaux 12 décembre 1860.
Venez, cher Monsieur, et le plus tôt sera le mieux. Yoos me parlez de la première quinzaine de janvier. J*espère que vos affaires ne vous retiendront pas plus longtemps. J'aurais voulu vous garder sous notre toit, mais dans l'hiver vous seriez trop mal dans nos cellules. Il ne sera pas nécessaire d'aller vous reléguer à Villeneuve. Nous avons ici lout près de nous l'hôtel Bonnivard, et un peu plus loin l'hôtel des Alpes, où vous serez à notre portée. N'oubliez pas votre manuscrit, nous le lirons et nous en causerons à notre aise. Veuillez aussi apporter les lettres dont vous m'aviez parlé cet hiver, sur la Révolution.
Je viens de faire une perte immense, celle de notre ami Théophile Dufour. Combien j'ai besoin de compter sur les amis qui me restent I Vous êtes de ce nombre, cber Monsieur. Je suis plongé, en ce moment, dans le travail. Hélas ! c'est le grand et le seul consolateur.
Au revoir, très cher Monsieur. Votre tout dévoué de cœur
EDGAR QUINET
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