DLXXXVI
A M. GHADAL A BOURG
Veytaux, 1" janvier 1867.
Gher et excellent concitoyen.
Les critiques dont vous me parlez ne m'ont pas atteint ; ils ne m'ont fait ni bien ni mal, parce qu'ils sont restés hors de la question. Vous verrez cela bientôt dans un petit ouvrage * que je vais publier, non tant pour répon-
1. La Critique de la Révolution parut d'abord en brochure, puis en tête de la Révolution.
LETTRES D'EXIL. lÔi)
dre à mes adversaires que pour satisfaire les hommes de bonne volonté qui cherchent la lumière. Portons Tesprit de liberté et d'examen même dans THistoire de la Révolution. Notre affiranchissement est à ce prix. Nous ne nous entendrons peut-être pas toujours sur chaque personne. L'important est de nous entendre sur le but à poursuivre. Gardons un esprit libre dans le passé et dans le présent. Là seulement est le germe d'un avenir libre.
Vous verrez, ces jours-ci, dans le Temps, un autre petit ouvrage de moi, sur la France et Y Allemagne nouvelle.
J'ai de plus, entre les mains d'un libraire, un morceau, le Panthéon, qui doit paraître dans Paris-Guide, puis sur ma table une Philosophie de la nature^.
Vous voyez, cher concitoyen, que ces derniers mois n'ont pas été perdus pour le travail. C'est ma consolation aux tristesses et aux vides de ce temps.
Vous avez pu lire dans les journaux que la Révolution vient d'être mise à VIndex par le pape. Ainsi je suis anathématisë par l'inquisition, après l'avoir été par l'Avenir national.
Adieu, cher concitoyen, recevez, etc.
EDGAR QUINET
t. Le titre la Création a prévalu .
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