CHAPITRE CLV
De la variété innombrabk des chapelles et des autels,
a Je viens, cher lecteur, de passer en revue la plupart des chapelles publiques; quanta celles des maisons particulières, bien que bâties dans des temps très-reculés, il m'eût fallu de trop longues recherches et un travcdl trop considérable pour en faire la recherche. On rencontre en effet d'an-
tiques chapelles dans presque toutes les résidences et tous les hôtels, tels qu*abbayes, intendances, doyennés, écoles, chanoinies, maisons nobles et patriciennes. On y voit des autels et des oratoires de la plus haute antiquité. De plus, on conserve aux archives du Sénat un diplôme dont voici la copie : a Boniface (1), évêque, serviteur des serviteurs de ce Dieu, à ses fils bien-aimés les chefs de la Cité et les con- (( suis de Cologne, salut et bénédiction apostolique. Les a sentiments de sincère dévotion que vous avez envers « nous et envers Téglise de Rome méritent singulièrement n que vos demandes, celles surtout que nous voyons que (( vous inspire la ferveur de la dévotion, reçoivent de nous, « autant que Dieu le permet, un accueil favorable. Voilà (( pourquoi écoutant vos pieuses supplications pour qu'il « vous soit permis, à vous et aussi à vos successeurs remc( plissant les fonctions de magistrats de la Cité et de con- <( suis de Cologne, d*avoir un autel portatif sur lequel « vous puissiez, eux et vous, avec le respect et la vé- (( nération convenables, dans des lieux dignes et respec- « tables, faire célébrer par un prêtre digne la messe et les « autres divins offices, sans préjudice à personne, en votre (( présence et en la présence de vos successeurs, nous « accordons par la teneur des présentes à vous et h eux « Tautorisation demandée
« Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, le deux août de (( la cinquième année de notre pontificat. »
Ces citations justifient le nom de Cité sainte, qu'on donnait à Cologne; de plus, c'est la première ville où ait pénétré rimprimerie; enfin on y comptait plus d'établissements typographiques au xv*' siècle que partout ailleurs; que de motifs pour lui laisser les deux psautiers et les deux missels que je lui attribua!
(1) Booifacc Vin ?
Je termine cette lettre en invoquant Tautorité de deux excellents bibliographes, Ebert et Hain : tous deux ont reconnu qu*il existe certains ouvrages sortis d'une presse INCONNUE de Cologne; je ne viens que revendiquer la même origine en faveur de mes missels et de mes psautiers et je crois vous avoir démontré la légitimité de cette revendication.
Votre Ami.