TROISIÈME LETTRE
Mon cher Ami, .
Je possède enfin le Spéciale opus missarum dont je ne connaissais que le titre. L* obligeant M. Hermann Tross est parvenu à le découvrir à Malines. Mes premières conjectures se sont fortifiées par la comparaison que je puis maintenant établir entre mon Psautier et ce Missel. Outre les marques de ressemblance que je vous ai signalées naguère, et que je ne pouvais déduire que du titre de ce Missel donné par Hain, je vois que les deux premières lignes du
titre
Spéciale opus missarum
de officiis dominicalibus
ont été incontestablement imprimées avec le même caractère que le titre du Psautier. La grande capitale S de Spéciale, lettre assez compliquée, est identique à la seconde lettre du mot PSalterium dans le Psautier. Le canon est imprimé avec le caractère des titres des deux ouvrages.
Ma comparaison, vous le voyez, ne porte que sur les lettres du titre de mon Psautier et sur celles du titre et du canon du Missel ; c'est que le texte de ce dernier ouvrage est imprimé en un caractère différent de celui du Psautier ; mais il suffît des quelques lignes comparée» pour acquérir
la certitude que les deux ouvrages sortent de la même presse, c*estnà-dire d*une presse de Cologne, puisque le Psautier en est assurément sorti; le Missel compte 218 feuillets, y compris la gravure du canon.
11 existe de ce Missel une seconde édition du 15 octobre
D'après Hain, on lit au Missel de 1493 : Fiuit au lieu de Finit. Mon exemplaire n*a pas cette faute.
Vous remarquerez que c*est ce même Missel que décrit Hain aux numéros *1 1,250, 11,251, 11,403. 11 décrit aussi deux fois le même Missel, celui de 1498, aux numéros 11,252 et 14,896. Il ne s'agit cependant que de deux ouvrages dans ces cinq articles, dont trois sont superflus.
Quelques mots sur la reliure de mon opus missarum vous intéresseront sans doute. Elle est en hêtre couvert de peau de truie. On y voit très-distinctement répétée quatre fois Tempreinte d'un bouclier écbancré {scutuTn)^ offrant la figure bien connue de 1^ tune, telle qu'on la voit es almanachs liégeois ; c'est un profil encadré dans un croissant. Au-<lessus sont deux initiales P. R., le tout est environné d'une circonférence de 26 millimètres de diamètre. Le nom de Paulus se trouve imprimé vingt fois sur cette reliure. On y voit aussi empreintes des fleurs de lis, des roses et l'image de la Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux.
Avant de flnir, remarquons et admirons la parfaite exactitude du signalement laconique que L. Hain a tracé de cet ouvrage ; c'est dans les quelques lignes qu'il lui a consacrées que j'ai reconnu que ce Missel devait sortir de la même imprimerie que notre Psautier. Hain l'avait si bien décrit que je n'ai pu m'y tromper, et avant de posséder le Missel, je ne doutais pas plus de son origine qu'après en avoir fait l'acquisition.
Votre Ami.