‹ Lettres d'un catholiqueChapitre 12 sur 20 · CE QUE DIEU A FAIT POUR LA FRANCE · texte numérisé non relu

CE QUE DIEU A FAIT POUR LA FRANCE

« Approchez, mes chers enfants, cl jetez les yeux sur celte carie de France dont on a voulu faire le principal ornemenl de voire École. C(! n'est pas assez de regarder une carte : il la faut comprendre. Nous allons étudier celle-ci, en pensant h la grande bonté de Dieu envers notre pays,

« Et tout d'abord, voyez comme la France est splendidement posée dans le monde. Elle est comme une reine, sur un trône magnifique dont les pieds sont baignés par trois grandes mers. La mer du Nord, l'Océan et la Méditerranée lui apportent humblement les trésors du monde entier et elle envoie, par ces trois canaux gigantesques, ses propres trésors à toutes ler. parties de l'univers. Toutes les nations peuvent trèsaisément venir dans ce pays privilégié, pour y entendre de bonnes paroles et y voir de belles actions. Et tout aussi facilement, la France peut envoyer aux autres nations ses voyageurs et ses apôtres. Il n'est pas de peuple qui ait jamais l'eçu de Dieu une plus belle demeure ici-bas.

(' Regardez encore, mes cliers enfants, quelle

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est, du nord au midi, la suporbc clendue du cher pays de France. Il y a chez nous tous les climats et tous les paysages. Voulez-vous des montagnes? Voici la beauté grave des Alpes et la beauté gracieuse des Pyrénées; voici l'Auvergne avec ses volcans éteints, et le Jura tout couvert de pâturages et de sapins. Aimez-vous le bord de la mer? La voici, qui est toute sauvage et farouche en Bretagne, et la voilà qui, entre Gènes et Marseille, vient expirer sur des bords tout riants où fleurissent éternellement les orangers et les citronniers. Préférez-vous, les forêts? Voici Fontainebleau et TArgonne. Nous possédons toute la gamme des fleurs, des fruits, des vins. Il n'est pas de maladie pour laquelle Oieu n'ait préparé un remède dans ces innombrables eaux minérales qui sont notre incomparable richesse. Encore ici, le monde est notre tributaire et ne peut guère souffrir sans recourir ;i nous.

« Mais ce qu'il y a de plus mei'veilleux, c'est que Dieu a donné aux habitants de notre pays la même variété d'allure, de visage et d'esprit. Une belle vivacité d'intelligence et de cœur est le fonds commun de toute la race ; mais, d'ailleurs, quelle ditTérence entre la gravité de nos Flamands et la pétulance de nos Gascons !

0 Tel est ce sol béni qui se couvre tous les ans

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d'une splendeur do bollos récoltes et qui pourrait parfois suffire à nourrir tous les peuples voisins. Et ceux-là nous considèrent avec des yeux jaloux.

« Mais si la Bonté divine s'est montrée pour nous si admirable dans l'ordre naturel, quelle admiration ne doit pas exciter, dans rame d'un iils de la Fi'ance, l'action surnaturelle de ce grand Dieu qui n'a cessé de penser à nos âmes comme à nos corps !

<( A peine le Christ était-il mort sur la croix, à peine l'Église était-elle fondée, que Dieu nous envoya des Apôtres et suscita païani nous des Martyrs. Au milieu des flammes et sous la dent des lions, ils nous inspirèrent l'esprit de sacrifice et proclamèrent le Nom divin.

« Des églises furent partout construites, où Ton affirma l'unité de Dieu, la divinité de Jésus et l'infaillibilité de l'Église. El la Gaule eut alors des docteurs qui enseignèrent le monde entier : saint Irénée, saint Hilaire et cent autres.

ft Dieu, alors, voyant que la France était chrétienne, la destina à défendre et à sauver sa Vérilé en tous les dangers extraordinaires qui la pourraient menacer à travers les siècles. L'arianisme est-il sur le point d'être vainqueur? Dieu appelle Clovis. Les Sarrasins passent-ils les Pyrénées et s'appr<Hent-ils à mettre la main

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sur la Chn'licnti';? Voici Charles Mai'lel. Los invasions nionaconl-cllos dt; se porpéliuM' dans l'Occident? Lève-toi, Chailcmagnc.

« Et, plus tard, c'est saint Louis qui offre h la France et au monde le parfait modèle du roi, du Français, du chrétien ; c'est Charles V et Duguesclin qui relèvent nos esprits terrassés; c'est Jeanne d'Arc, enfin, qui, miraculeusement inspirée par Dieu, délivre le sol national de ces Anglais qui allaient bientôt se séparer de l'Église de Dieu.

« N'allons pas plus loin, mes chers enfants, et adorons les infinies miséricordes de Dieu à l'égard de la France. Vive le Christ qui aime la France ! »

Telle est, mon cher ami, le premier chapitre de mon Histoire de France en dix pages. Les neuf autres chapitres seraient consacrés, dans l'ordre suivant, à Clovis et h ses successeurs ;

— à Charlemagne et h sa race ; — h la féodalité, dont il faudrait donner h ces enfants une image très-saisissante; — aux luttes obscures et victorieuses des premiers Capéiiens et h la sublime impétuosité des premières croisades ;

— à Philippe-Auguste, qui prépara saint Louis ; à saint Louis, qui sanctifia l'œuvre de Philippe-

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Auguste; h Pliilippe le Bel, qui mi'cûMiiiil la beauté de l'Eglise et reflic;icili' du jdau divin pour sauver le monde; — à la guerre de Cent ans , qu'illuminent d'un si noble éclat les trois figures de Charles V, de Duguesclin et de Jeanne dWi'e ; — ii ces guerres de religion pendant lesquelles la France fit si bien voir qu'elle entendait rester catholique ; — au Dix-septième siècle, durant lequel la splendeur de l'unité française éblouit l'Europe et le monde; — au Dix-huitième, enfin, où nous assistons à la révolte de nos pères contre Dieu, contre Jésus-Chi'ist et contre l'Église. Il conviendrait, d'ailleurs, de raconter eu termes simples toutes ces petites annales, d'y garder obstinément une impartialité rigoureuse, de n'y pas cacher les fautes du peuple, ni celles des grands, et de tout faire enfin pour ne jamais scandaliser aucun de ces petits, sans jamais cesser de dire la vérité TOUT entière. Voilà, direz-vous, qui est difficile. Difficile, oui ; mais non pas impossible.

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L'Histoire de France en dix pages ne saurait conduire les enfants au-delà de leur première communion. Voici cependant qu'ils ont douze ans, et qu'ils deviennent plus exigeants. Il faut les tenir en haleine, et qu'ils n'oublient point leurs « dix pages. » C'est le moment de faire passer sous leurs yeux un Abrégé qui soit notablement plus développé, plus coloré, plus profond. J'en ai fait tout le plan depuis longtemps, et j'estime que ce livre nécessaire pourrait fort bien ne pas excéder cinquante pages. Ici, nous appellerions très-vivement la géographie h notre aide. Au commencement de ce « Manuel en cinquante pages, » une immense carte muette. Puis, une carte historique pour chaque chapitre. Tenez, mon cher ami, je crois m'apercevoir que vous commencez à me trouver long, et que vous désirez entendre, sans aucune amplification, la seule liste des chapitres de mon Manuel. Les

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voici, et vous voudrez bien ne pas vous rcvoiter (les titres pittoresques ((uc je me crois parfois oblige (le leur donner :

«I. La France avant ses premiers habitants. Notre sol cl son histoire. — II, Les éléments do la nation française: les Celtes, les Romains, les Germains. — III. L'Église, cl ce qu'elle a fait pour la France. — ÎV. Clovis, maître de toute la Gaule. — V. Charlemagne et son essai d'un grand Empire catholique. Les invasions l'ont halte. — VI. Ce que c'est que la féodalité. Un château aux ix" et x^ siècles. — 'VII. Les premiers Gapétiens ; la royauté française monte à cheval ; la France grandit. — VIII. Philippe- Auguste et saint Louis. Un type parfait de roi, de chrétien et de Français. — IX. Philippe le Bel et les premières résistances à l'action de l'Église. — X. De la guerre de Cent ans et comment Jeanne d'Arc mit tin à la misère et à la décadence de la France. — XI. La politique et les habiletés de Louis XL — XII. La France se séparera-t-elle de l'Église? Le protestantisme. — . XIII. Henri IV et son œuvre. — XIV. La Royauté française à son apogée. — XV. Le xvm" siècle : le respect s'amoindrit, la foi se perd. — XVI. La Révolution, et comment l'homme se met à la place de Dieu. Conclusion. >)

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Mai<, ({iioi qu'on en (Hso, mon ami, une Table est toujours sèche, et je veux, bon gré, mal gré, vous iaiposer ici h\ lecture d'un de mes seize chapitres. Je choisis celui qui a pour objet Philippe-Auguste et saint Louis, et il pourra vous donner une idée de tous les autres :

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