A MADAME V
Il y a donc un an qu'elle nous a quittés, votre chère enfant, votre Gabrielle! Elle nous a quittés à vingt ans, dans toute la fleur de son printemps, pour aller trouver en Dieu le printemps éternel. Son charmant sourire n'a plus voulu de notre terre, et s'est éteint. Une horrible fièvre a consumé ce corps délicat avec la rapidité de la tlamme. Nous l'avons perdue, et les larmes viennent encore me brûler les yeux, quand je songe à celte mort tranquille, résignée, radieuse. H y a donc un an qu'elle nous a quittés, notre chère enfant, notre Gabrielle !
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Je la vois encore avec l'opulenle couronne de ses cheveux blonds, avec ses grands yeux bleus qui s'ouvraient si naïvement sur la vie, avec son beau regard candide qui semblait ne rien comprendre à nos angoisses ni à nos troubles. Jamais àme ne fut moins agitée. Elle aimait le Vrai sans peine, le Bien sans lutte, le Beau sans lièvre. Vous souvenez-vous de la finesse délicate et de l'inaltérable douceur avec laquelle elle savait goûter les grands poètes, les grands musiciens, les grands peintres? Ceux qu'elle estimait le plus, c'était Mozart, qui est le musicien de la joie confiante et tranquille ; c'était Fra Angelico, qui est le peintre de la foi agenouillée et calme; c'était surtout saint François de Sales, qui est h la fois le poëte et le théologien de la miséricorde et de la mansuétude catholiques. Mais elle comprenait tout le reste; mais elle avait l'art de savourer Beethoven aussi bien que Mozart; mais elle ne mettait pas Raphaël audessous de Fra Angelico, ni Bossuet au-dessous de saint François de Sales. Oh! quel beau sourire, quel cœur large, quelle haute intelligence!
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C'était véritablement tout le matin, loiite la fleur, toute la promesse de la vie. Cependant elle n'est plus ici, et vous voilà, pour toute votre vie, eu habits de deuil.
Pendant toute une année, vous n'avez voulu permettre à personne de pénétrer dans la chambre de votre fille. Vous vous êtes, comme une lionne, placée résolument à la porte de ce sanctuaire, et vous l'avez bien gardé. Faut-il tout dire? Vous n'aviez pas vous-même le courage d'y entrer : vous aviez peur. C'est que le cœur humain n'est pas de force à porter le poids de trop de souvenirs à la fois; c'est que son élasticité a des bornes. Mais enfin vous avez pris hier une décision héroïque et, pour le jour anniversaire de sa mort, vous avez fait brusquement invasion dans cette chère retraite, et y êtes restée tout le jour et toute la nuit. Dès le moment où vous vous êtes senti l'audace d'affronter celte situation, vous avez voulu la subir tout entière, et vous l'avez aimée. Vous avez fait l'inventaire complet de celte chambre où elle a dormi tant de nuits d'un sommeil si transe
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quille el oii elle s'est endormie de cet autre sommeil qui iralleiut pas 1 àuie; vous avez couvert (le baisers ce chevet oîi reposait sa tète blonde; vous avez revu en larmes cotte pelile robe à raies roses qui lui allait si bien; vous avez contemplé, durant une heure, Fhumble crucifix de cuivre qui a reçu son dernier baiser. Mais vous avez voulu aller plus loin : vous avez ouvert les tiroirs de ce charmant petit bureau en palissandre que je lui donnai il y a cinq ans, et vous les avez pieusement dévalisés. Que de baisers, que de pleurs! Mais c est ici que votre cas se complique, et que vous me demandez conseil.
Au fond du plus secret de ces tiroirs, vous avez trouvé, très -soigneusement enveloppée, une liasse de papiers où vous n'avez pas eu de peine à reconnaître son écriture. Sur la première feuille, vous avez lu, d'un regard tout noyé de larmes, ces mots inattendus : « Journal de ma vie, 187^-1876. » Et c'était en effet le Journal, c'était le Mémorial, jour par jour, de la vie de Gabrielle. C'étaient ses impressions,
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SCS souvenirs, ses pensées, ses rêves. Tous les soii's avant de s'endormir, elle y consacrait une heure et l'ésuniait très-sincèrement sa journée en quelques lignes. Ah ! vous ne vous êtes point aperçue que la nuit était tombée; vous avez oublié que nous vous attendions ce soir ; que dis-je? vous avez oublié l'univers tout entier, et vous vous êtes jetée sur ces pages intimes, sur ces pages charmantes. Jamais livre humain n'a excité dans une âme un enthousiasme aussi profond. 11 était trois heures du matin quand vous avez achevé cette lecture ; mais vous aviez tout lu, tout dévoré, tout senti, tout goûté, tout admiré. Et vous m'écrivez ce matin, brisée de fatigue et d'admiration. « Quel chef-d'œuvre, me dites-vous, quel chef-d'œuvre! » Puis, avec l'éloquence de la passion, vous vous écriez qu'Eugénie de Guérin ne s'est jamais élevée à de pareils sommets, et que le ftccit cViine sœur ne saurait être comparé au Journal de Gahr telle. Je suis bien obligé, ma chère amie, de souligner ces derniers mots, puisque vous les soulignez vous-même. « Oui, certes, c'est le
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« litre que je donnerai au livre de ma fille : car « c'est un livre, et je le publierai. » Là-dessus, vous me chai'gez de me mettre à la recherche d'un éditeur. « Je commettrais un crime, ajou- « tez-vous, en laissant sous le boisseau une si « vive et si admirable lumière. Le Journal de « Gahrielle, j'en suis assurée, sauvera des âmes « par milliers. Je vous charge, mon ami, d'en « corriger les épreuves; mais il faut qu'il pa- « raisse avant un mois. »
Si nous réfléchissions un peu?
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Quant à moi, j'ai réfléchi, et je vous prie, je vous supplie de ne point imprimer le « Journal de Gabrielle. » Lisez-le, relisez-le; couvrez-le de vos baisers et de vos larmes ; enfermez-le dans un écrin secret, dans un écrin d'or et de soie ; placez-le tout près de votre main et de votre regard ; demandez qu'on vous ensevelisse un jour avec ce trésor dont rien, à vos
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yeux, ncsaurait égaler le prix; communiquez-le, d'ici là, à deux ou trois amis d'élite ; h votre seconde flllo, quand elle aura vingt ans; à votre frèie, qui est un si grand chrétien ; à cette cliarniante Julie, qui était la plus sûre amie de votre entant. Mais, i)0ur l'amour de Dieu, madame, ne le publiez pas. Et ne commettez pas ce crime, qui est si commun de notre temps : ne profanez pas l'intime.
C'est une rage, c'est une folie courante, une épidémie, un choléra. Jadis, rien n'était plus sacré que le foyer domestique : on n'entrait pas sans respect dans la chambre de sa mère; on respectait l'alcôve comme une sorte de sanctuaire que le crucifix protégeait. Quant aux lettres intimes, on avait, pour les conserver, certains tiroirs impénétrables que l'on n'ouvrait pas fréquemment, mais que surtout l'on n'ouvrait jamais sans un certain frémissement respectueux et solennel. On se barricadait silencieusement dans sa chambre pour relire ces chers souvenirs d'un |)ère, d'un enfant, d'un ami ; puis on les remettait sous clef d'une
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mail) émue et tremblante. Eh ! ma chère amie, qui de nous n'a, dans un certain coin mystérieux et connu de lui seul, de ces vieux portefeuilles usés sous nos doigts et qui contiennent les monuments à demi effacés de toutes nos affections à demi détruites? Pour moi, j'ai certain coffret de vieux chêne que je crois vous avoir montré, et où je garde pieusement les lettres de ma fiancée et de ma mère ; des boucles de cheveux, des fleurs fanées, des riens qui sont tout pour mon cœur. Nos pères, eux aussi, écrivaient leur Journal; mais les braves gens savaient bien que leurs tils ne leur manqueraient pas de respect au point de publier ces lignes confidentielles et uniquement destinées h perpéîuer les mêmes traditions dans une seule et même famille. Ils avaient la candeur d'écrire ce 3Iémorial sur leur livre de dépenses, et c'est là qu'un excellent érudit de notre temps a dû aller les recherche!'. M. de Ribbe a composé ses Anciennes famUIes de France avec les « livres de raison » des deux derniers siècles. Et voilà qui n'est plus une profanation de l'intime.
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« Mais, me (litcs-vous, ces leitrcs cl eus Mémoriaux de nos grands-pères n'ont pas de valeur artisii(|iie. Nulle originalité, nulle élévalion, nul si vie, tandis que le Journal de GabricUe... » Détrompez-vous, chère madame. Rien n'égale la profonde beauté de la plupart de ces documents intimes. Les femmes, notamment, ont ce don particulier que les rhéteurs appellent '( le style épistolaire; » mais en vérité, nul n'a jamais possédé ce don au même degré que nos chrétiennes. Les Athéniennes du temps de Périclès, les Romaines du lemps de Cicéron n'étaient point faites, croyez-moi, pour donner à leur pensée cette expression merveilleusement délicate, pi'ofonde, nuancée. Madame de Sévigné n'est pas une exception, sachez-le bien, et nos mères, nos femmes, nos filles écrivent aisétiient avec un style aussi divers, avec des couleurs aussi fines, avec un naturel aussi exquis. J'ai là, sous mes yeux, une correspondance admirable entre ma grand'mère et son fiancé, durant les pires années de la Révolution. C'est tout simplement sublime ; mais je ne la publierai pas.
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Je sais que ])ei'sonne n'éprouve aiijoiinriiiii de tels scrupules; je sais que Ton livre tout au public. C'est une maladie qui nous vient de Jean-Jacques et de Técolc romantique. On a tant mis le cher moi en lumière, qu'on n'en veut plus rien cacher. Le pauvre Lamartine nous a donné, à cet égard, l'insupportabh; scandale de nous initier aux plus insignifianls mystères d'une vie où tout n'était pas à montrer. 11 nous a révélé l'heure où il se levait, et de quelles tisanes il abreuvait sa muse. 11 a eu l'audace de nous dire : « J'ai écrit cette hymne « en 1820 ; mais je n'en pensais pas alors « un seul mot, et ne croyais point en Dieu. » Il a fait plus : il a fouillé dans les tiroirs de sa mère, et y a trouvé le Journal intime de celle femme plusieurs fois admirable. Il l'a lu en pleurant; puis, ayant besoin d'argent, il l'a vendu aux. créanciers qui frappaient à sa porte et leur a donné cet appoint. Ces soupirs de sa mère, ces examens de conscience, ces entretiens qui devaient éternellement demeurer un secret entre cette came et Dieu, Lamartine les a sans pitié
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livivs nu |»n(it garçon do riiiipriinci'io ([iii « atloiidail (le. la copie. » Va, va, mon imprimciir, publie moi (ont cela; imprime, imprime encore. Ce qu'il y a ici-bas de plus auguste, de plus mystérieux, de plus vénérable, imprime-le, rends-le public, marche, va. Quelquefois cependant tu as encore plus de conscience et de pudeur que ces profanateurs de l'intime. Tu t'arrêtes, étonné; tu vas trouver Tauleur, et tu lui dis : « Mais cette scène de tendresse entre votre « mère et votre père, mais ces mystères sacrés « de leur amour, faut-il les divulguer aussi ? » Et l'autre répond : « Imprimez». Ah! ma bonne amie, je frémis de rage à la seule pensée de ces profanations dégradantes, et je viens d'ajouter à mon testament un article où j'ordonne de brûler, après moi, toutes les lettres des miens, tous leurs cliers mémoriaux, tous mes chers souvenirs. Juste ciel, si on allait les imprimer! Le mal est profond, et j'ai tout un rayon de ma bibliothèque uniquement rempli de ces livres intimes. Il y a des pères qui écrivent en rjfros in-octavo la vie cachée de leurs fils; il y
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a des sœurs qui produisent d'énormes in-qnarlo sur la vie très- inconnue de leurs sœurs défuntes; il y a des époux qui décrivent en longs termes toutes les joies et tous les mystères <le leur bonheur trop rapidement écoulé. Ce sont des épitaplies en cinq cents pages et qui me rappellent trop souvent le mot célèbre de Toppfer : « !Menteur comme une épitaphe. » Ces honnêtes gens vous rencontrent dans la rue, vous prennent par la main en étouffant un sanglot, vous conduisent dans leur logis avec des torrents de larmes : « Voici, disentils, notre chambre nuptiale : voici le lit où elle est morte ; voici la première lettre qu'elle m'écrivait il y a vingt ans. Lisez, mais lisez donc. » Les fiançailles elles-mêmes n'ont pas été respectées dans ce délire universel, et il s'est trouve des fiancés pour nous mettre au courant de tous les détails de leurs premières et charmantes ivresses. « Aujourd'hui, 2 septembre, je la vis aux Tuileries. Elle avait une robe grisperle, et quel joli ruban rose dans ses cheveux. Elle m'a dit...» Eh! tais-toi, bavard, et garde
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pour loi (les paroles qui n'onl élé dites que pour loi. Mais les petites iilics elles-mêmes ne savent pas se taire, et les pensionnaires, sous leurs puj)itres, écrivent en secret leur petit Mémorial intime où elles ne manquent pas de nous dire quelles sortes de cadeaux elles ont reçus à Noël et (le quels mets choisis se composait leur dîner de la Sainte-Catherine. Oh! les belles poupées, savez-vous, et les excellentes confitures!
Mais parmi tant de Journaux et de Mémoriaux, il n'en est pas, chère madame, dont la publication me paraisse à la fois plus inutile et plus dangereuse que ceux des jeunes filles de vingt ans. Je vais, si vous le voulez bien, essayer de vous démontrer cette thèse, où je ne veux introduire aucune allusion personnelle. Et je me sens d'autant plus à Taise que je ne connais pas \è Journal de Gabrielle.
Sur ma table de travail, là, sont étalés dix Journaux de jeunes filles, qui ont été imprimés
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depuis quinze ou vingt ans. Je les ai lus parfois avec plaisir, souvent avec ennui, mais toujours avec ce certain sentiment douloureux (|ue Ton ressent à la vue d'une profanation. Telle est mon impression générale. Elle est triste.
Le premier élément que je constate en ces livres surfaits, c'est la banalité. Combien delieux communs, combien de prudhomismes! Il y a un Josepb Prudhomme en chacun de nous, et les jeunes filles n'échappent point à cette vulgarité prétentieuse. Est-il bien utile, je vous le demande, d'imprimer à plusieurs milliers d'exemplaires ces réflexions, par trop justes, que j'ai lues dans la plupart de ces Mémoriaux : « 1" mai, 8 heures. Plus je vais, « plus je m'aperçois qu'il n'y a point ici-bas de « roses sans épines. » — oc 9 septembre, midi. « Nul ne saurait échapper à la mort. La vie c( est semblable à un fleuve, plus ou moins « rapide, (jui se jette dans l'océan de Téter- « nité. )' — « i23 novembre, 4 heures. La « vraie joie ne serait-elle pas de ce monde? »
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Voilà, je le sais, crcxcelleiits sujets de méditations, et j'approuve que des jeunes filles les écrivent sur leurs carnets. Mais que dire des mamans qui les font imprimer?
Après la banalité, la futilité ; après le « quelque chose », le rien. Je pourrais ici transcrire des centaines de pages où M"^ A***, M"* X***, M"* Y***, apprennent au monde stupéfait des nouvelles dont la gravité m'échappe. « Lundi, « l®"" janvier. Mon oncle de Marseille m'a « donné ce matin, hélas! une boîte de bonbons « fins, comme si je les aimais, comme si je (X les pouvais aimer. Ils sortent de chez Si- « raudin, et m'ont paru délicieux. Excellent « oncle! s'il savait le peu de cas que mon âme {( fait de ces misères. — Mardi, 2. J'ai dîné « ce soir chez M'"' Z. 11 y avait une carpe « superbe : et quel entremets! On a dansé. « — Mercredi 3. J'ai fait aujourd'hui le total « de mes petites dépenses durant le mois der- « nier : 47 fr. 75 c. Sans les gants. » Mais ces inutilités ne sont rien auprès des indiscrétions et, pourquoi ne pas dire le mol, des iuconvc-
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nances qui foisonnent involontairement en tous ces petits Recueils que leurs auteurs n'avaient jamais destinés à la publicité. Les àmcs des jeunes filles sont, comme les autres àraes, soumises à la tentation, h Fépreuve, h la lutte. Ces êtres charmants ne sont pas toujours calmes : ils ont à choisir, eux aussi, entre le bien qui n'est pas sans difficultés et le mal qui n'est pas sans séductions. De là, certaines heures difficiles et augustes, dont les chrétiennes sortent victorieuses, mais dont elles ne révèlent le secret qu'à Dieu. Eh bien! croiriez-vous, chère madame, que l'on a eu l'idée, à tout le moins étrange, de publier les petits carnets où quelques jeunes filles avaient pris la coutume d'enregistrer modestement le récit des petits combats qu'elles se livraient au-dedans d'ellesmêmes. « Jeudi, 8 heures du soir. Mon âme a « été troublée durant tout ce jour. — Vendredi, « midi. J'ai été me confesser au P. A**" . — Sn- « medi. Encore une journée de lutte et d'an- « goisse. Ce bal m'a fait mal. J'ai peur de « moi. » Je ne puis ici tout citer; je ne le puis,