‹ Lettres d'un catholiqueChapitre 8 sur 20 · LART · texte numérisé non relu

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péiiilLMits, la foi des croyanls? Non, non ; tout ce qui est visible peut cl doit être reproduit par le ciseau de l'artiste. Or l'ien n'est plus visible dans nos yeux, sur nos fronts, sur tout notre visage, que l'expression de tous nos senliments; donc le sculpteur, en ne les rendant pas, manque au premier de tous ses devoirs. Il avilit son art, il le dégrade. L'Art lui crie : « Je me sens la puissance de traduire Fàme humaine, » et l'artiste lui répond brutalement : « Tu es bon, tout au plus, h exprimer le corps. » En vérité, c'est plus (|ue de l'humilité. D'après (pielles lois, en somme, doit se gouv?rner le sculpteur chrétien ? 11 doit, suivant nous, contempler tour à tour, d'un œil également ravi, la beauté plastique des modèles grecs et la beauté mystique des oeuvres du moyen âge. Puis il doit foudre ensemble ces deux ])eautés, qui ne peuvent avoir et n'ont, je le jure, rien d'inconciliable. 11 s'efforcera d'avoir la précision de Phidias et l'amour de Fra Angelico. Il ne négligera aucune des œuvres divines. Plein d'admiration pour le corps, il n'en déformera

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pas la pcrfeclion, il h'lmi violera pas les proporlions, il n'en altérera pas la beauté; plein d'admiration pour les âmes, il en exprimera toutes les passions, toutes les pensées, tous les sentiments. Et telle est à nos yeux la perfeC' lion de l'art, tel est son avenir : Mens pulchra in corpore pulcliro.

C'est par là que cessera dans le monde le scandale de ce divorce entre l'âme et le corps, que l'on a la douleur de constater dans la sculpture de presque tous les temps. Si nous parcourons nos Musées des antiques, si nous ji.'lons nos regards sur les cliefs-d'œuvre de l'antiquité, il nous arrive rarement de rencontrer sur un de ces admirables, de ces incomparables visages, une seule idée, un seul sentiment, une seule passion élevée. Non, c'est trop souvent l'immobilité d'une beauté tranquille, et parfois les Vénus sont bèlcs. Et, d'un autre côté, quand nous parcourons nos églises du moyen âge, nous rencontrons rarement, ilans les sculptures de leurs merveilleux portails, un corps vraiment beau, un corps où les proportions soient réelle-

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ment observées, un roi'ps où ranalomic soit respectée. Tout y est sacrifié à l'expression, et sous les draperies s'agitent des corps grêles, disproportionnés, incorrects, laids.

En deux mots, les anciens, dans leur art, ne songeaient pas assez h l'àmc, et nos pères dédaignaient trop le corps. Les uns et les autres avaient des notions incomplètes et un esprit limité.

11 est temps d'en venir h une fusion que nous appelons de tous nos vœux et provoquons de toutes nos forces : 3Iens pulchra in corpore pulchro.

l'A MrSIQlE SACRÉE

LA MDSIQUS SACREE

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