III. Preuve tirée de saint Paul. 1. Cor. xi
Telles sont , Monsieur, les preuves que nous tirons du vi^ chapitre de saint Jean , pour établir le dogme de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie ; si vous voulez bien les rapprocher de celles que je vous ai déjà exposées, en parlant de l'institution de ce Sacrement , vous trouverez enlr'elles une étroite liaison et une parfaite confor-
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mité de doctrine dans les quatre Evangélistes. En voici comme un cinquième dont je vous produis le témoignage ; c'est l'Apôtre saint Paul qui dans sa première Epître aux Corinthiens, chap. xi. rap-» porte l'institution de l'Eucharistie de la même manière qu'elle se lit dans les Evangiles , purement , simplement , et sans nous donner aucune idée de figure ; sur quoi vous me permettrez de vous faire ici une question. Si tout ce que nous lisons sur l'Eucharistie dans cinq Auteurs sacrés j devait être entendu dans un sens figuré , comment aurait-il pu se faire que ces cinq Ecrivains inspirés de Dieu eussent toujours parlé d'une réalité que nous ne devrions pas croire dans ce Sacrement , et qu'aucun d'eux n'eût parlé d'une figure que nous devrions cependant y reconnaître ? Me direz-vous que cela est arrivé par hasard ? Cette réponse ne serait pas satisfaisante , et vous avez trop de justesse dans l'esprit pour ne pas le sentir vous-même. Pour nous , de ce fait que vous ne pouvez contester, nous concluons que les cinq Auteurs sacrés ont parlé de la réalité, parce que ce dogme était un point essentiel de l'enseignement qu'ils devaient donner à toute la terre , et qu'ils n'ont pas parlé de figure , parce qu'ils n'en ont point reconnu dans ce Sacrement par exclusion de la réalité.
Saint Paul commence par nous dire qu'il tient de Jésus-Christ même tout ce qu'il a enseigné sur l'Eucharistie ( i. Cor. xr. 23. ) : fai appris du Seigneur ce que je vous ai enseigné. Il avait donc puisé sa doctrine dans la source de toute lumière ; et s'il ne nous parle point de figure, c'est sans doute parce que la vérité suprême ne lui avait point appris que le mystère de l'Eucharistie se bornât à une simple figure. Après avoir rapporté les paroles de J'institutiou , comme nous les lisons dans les trois
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Evangélistes , il ajoute ;(>'-. 27. a8. 29. et 3o. ) C'est pourquoi quiconque mangera ce pain et boira le calice du Seigneur inclignement , sera coupable du Corps et du Sang du Seigneur. Que Ihomme donc s'éprouve soi-même , et qu ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice ; car quiconque en mange et en boit indignement , mange et boit sa propre condamnation , ne discerna/it point le Corps du Seigneur. C'est par cette raison quily en a plusieurs parmi vous qui sont malades et languissans , et que plusieurs dorment; c'est-à-dire, du sommeil de la mort.
Ce texte de l'Apôtre nous présente une suite devérités , qui s'appuient mutuellement, et qui nous conduisent comme par degrés à la persuasion la plus forte de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Saint Paul nous enseigne en premier lieu , que celui qui mange de ce pain et boit de ce calice indignement, se rend coupable du Corps et du Sang du Seigneur ; c'est-à-dire, qu'il outrage et qu'il profane le Corps du Seigneur. Mais comment pourrait-on par une Communion indigne profaner le propre Corps du Seigneur , si ce Corps adorable n'était pas dans l'Eucharistie? Me direz-Vous , Monsieur , que celui qui outrage le portrait de son père , insulterait sa personne? J'en conviendrai avec vous; mais vous devez convenir aussi qu'on parlerait très-improprement , si on disait qu'il outrage le corps de son père ; cette expression ne peut être employée que dans le cas où ce fils dénaturé aurait réellement porté une main violente sur son propre père.
Saint Paul nous ordonne un examen sévère de nous-mêmes , avant de nous approcher de cette table sainte , et vous le pratiquez , Monsieur , dans votre religion. Observez que cet examen sévère ne
VOUS est ordonné que par rapport à la réception de l'Eucharistie ; mais s'il est vrai , comme l'enseignent Zuingle et Calvin , qu'on mange aussi la chair du Seigneur hors du Sacrement , et que cela se fait par le seul souvenir de ses souffrances , et par le seul acte de foi ; à quoi bon ce grand examen pour une chose qu'il vous est permis de faire à toutes les heures du jour ? Vos Docteurs vous ont-ils jamais dit : Examinez-vous , éprouvez-vous rigoureusement avant de faire aucun acte de foi ? Néanmoins en cette occasion vous mans^ez , selon eux , la chair du Seigneur, comme dans l'Eucharistie. Si vous vous trouvez en péché, vous craignez d'approcher de la Cène; mais vous ne craignez pas de prier et de faire les actes de foi les plus ardens. 11 faut donc que la manducation de la Chair de Jésus-Christ dans l'Eucharistie soit toute autre que celle qui s'opère par ces saints exercices et par tous les actes de foi.
Mauvaise défaite des Prétendus Réformés.
Vous me direz peut-être , Monsieur , que vous comptez bien recevoir une plus grande abondance de grâce par l'acte de foi qui accompagne la manducation du pain Eucharistique , que par tous ceux qui se font hors de la Cène ; que votre Liturgie , les prières qui vous servent de préparation à la Communion , les Sermons de vos Ministres lors de l'administration de ce Sacrement , annoncent la grandeur de cette action , et la différence que vous reconnaissez entre le fruit des actes de foi qui accompagnent la Cène, et le fruit de ceux qui sont produits hors de ce Sacrement.
Cette réponse, Monsieur, ne peut éblouir que ceux qui n'auront pas approfondi votre doctrine. Je soutiens toujours que , suivant vos principes,
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on peut chez vous manger la chair de Jésus-Christ hors de la Cène avec beaucoup plus de fruit que dans la Cène même. Vous ne pensez pas qu'aucune vertu , aucune efficacité soit attachée au pain Eucharistique, qui n'est , selon vous , que le signe du Corps de Jésus-Christ : ce pain , dans vos principes , ne peut par lui-même vous procurer aucune grâce; tout dépend de la foi avec laquelle vous le mangez; c'est par la foi seule que vous appréhendez , pour me servir de vos expressions , le Corps de Jésus- Christ , dont ce pain n'est que la figure ; plus donc votre foi est vive , et plus fructueusement vous mangez la chair de Jésus-Christ. Or vous ne disconviendrez pas qu'on ne puisse faire, et qu'on ne fasse réellement quelquefois hors de la Cène un acte de foi beaucoup plus vif et plus ardent que ceux qui accompagnent votre Communion , parce qu'il se peut faire que l'esprit et le cœur en certaines occasions soient mieux disposés qu'ils ne léseraient dans les jours de votre Communion ; vous mangez donc alors le Corps de Jésus-Christ avec plus de fruit que dans la Cène même. Dans cette doctrine, à quoi peut servir cette épreuve si rigoureuse que l'Apôtre nous ordonne avant de nous approcher de la sainte Table ?
Contradiction dans la doctrine des Prétendus Réformés.
Votre doctrine renferme une autre contradiction très-sensible ; c'est que votre préparation seule à l'Eucharistie est elle-même une participation actuelle à ce Sacrement , et qu'ainsi chez vous le moyen devient la fin , et la fin n'est pas autre chose que le moyen. Ayez un véritable regret de vos fautes et un ferme propos de n'y plus retomber : embrassez en même temps avec une foi vive toutes les promesses que Dieu nous a faites ; considérez
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Jésus-Christ naissant , vivant, mourant , et ressuscité pour vous ; voilà votre manducation spirituelle déjà faite. Qu'allez-vous chercher de plus dans la Cène , sinon une cérémonie simple , un peu de pain et de vin qu'on vous donne , et qui ne peuvent tout au plus que vous faire penser de nouveau par ces signes extérieurs à ce que vous aviez déjà médité, et peut-être plus vivement , quand vous étiez seul et recueilli en vous-même , que vous ne le faites en public et environné d'objets qui peuvent vous distraire ?
Suivant l'Apôtre, Celui qui mange de ce pain et qui boit de ce calice indignement , mange et boit sa propre condamnation ; voilà l'expression la plus forte , et la menace la plus terrible. Dans la doctrine Catholique la peine est proportionnée au crime , puisque nous n'en connaissons pas de plus énorme que la profanation du Corps et du Sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Mais dans le système Calviniste , celui qui s'approche de la Cène en état de péché , se rend-il coupable d'un crime qui mérite une si effroyable punition ? Il n'y participe aucunement au Corps et au Sang de Jésus-Christ , on ne peut y participer que spirituellement, selon vous , et cette participation toute spirituelle ne s'opère qu'en faveur de ceux qui s'en sont rendus dignes par la foi. Il reçoit à la vérité le signe du Corps de Jésus-Christ : mais vous croyez encore qu'aucune vertu , aucune efficacité n'est attachée à ce signe , qu'il est purement comraémoratif du Corps de Jésus-Christ livré à la mort pour nous , et que toute l'efficacité de l'Eucharistie vient de la vertu vivifiante attachée au Corps de Jésus-Christ, et qui se communique à nous par la foi ; cette communication ne se fait point dans celui qui est en état de péché. Tout son crime se rédu'^ '^onc à
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s'approcher en état de péché d'un signe vide de toute vertu et de toute efficacité; ainsi il ne paraît pas plus coupable que celui qui étant en état de péché , toucherait une image ou toute autre figure du Sauveur. Or pourrait-on dire de celui-ci, qu'il profane le Corps du Seigneur, qu'il mange et boit sa propre condamnation ? La menace faite par TApôtre , et qui est si redoutable pour les Catholiques , est donc pour vous sans force et sans énergie , et par conséquent vous ne prenez pas les expressions de saint Paul dans leur véritable sens.
D'où vient que celui qui mange le pain et boit le calice Eucharistique indignement, mange et boit sa propre condamnation ? C'est, nous dit l'Apôtre, parce qu'il ne discerne pas le Corps du Seigneur. Mais comment saint Paul peut-il nous recommander de discerner le Corps du Seigneur dans l'Eucharistie , si le Corps du Seigneur n'y est pas réellement ? Aurait-il voulu nous induire en erreur par des menaces si fortes et si expressives ? On ne peut former un pareil soupçon ; il faut donc reconnaître qu'il a voulu imprimer dans nos esprits la plus haute idée des pieuses dispositions que nous devons apporter à cette Table sainte , où nous recevons le propre Corps et le propre Sang du Seigneur.
L'Apôtre va encore plus loin ; il nous révèle un secret qu'il ne pouvait avoir appris que du Seigneur lui-même ; c'est que pour avoir outragé son corps dans l'Eucharistie , pour ne l'avoir pas discerné , plusieurs étaient languissans ou malades ; que plusieurs même avaient été frappés de mort. Que signifient ces paroles , sinon qu'une vertu divine sortie du Corps de Jésus-Christ avait puni ceux qui ne l'avaient pas discerné , soit par une langueur inconnue à l'art humain , soit par une grande maladie , soit enfin par la mort même , suivant qu'il a., ' jo
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avait plu au Seigneur de les châtier dans sa miséricorde , ou dans sa colère. Cette vérité annonce aux Catholiques la foudre prête à frapper le profanateur ; elle nous fait connaître que la IMajesté divine ne peut souffrir d'être violée dans ce Sacrement par l'audace de ceux qui s'en approcheraient dans l'état du péché. Mais il faut convenir que ces paroles , toutes de feu pour nous , sont froides et sans force pour les Calvinistes , qui les appliquent à la seule figure du Corps de Jésus-Christ.
1. Objection. Saint Paul donne le nom de Pain à ^Eucharistie.
Pourriez - vous , Monsieur, vous refuser à des preuves aussi frappantes, sous prétexte que l'Apôtre dans le même endroit donne à l'Eucharistie le nom de paiii ? Quiconque mange ce pain indignement , etc. Que [homme s'éprouve avant de man-> ger de ce pain ?
RÉPONSE
C'est la prétention de vos Ministres, toujours inconséquens dans leurs raisonnemens ; car tandis qu'ils ne veulent reconnaître que du pain dans l'Eucharistie , parce que saint Paul la désigne ici par le nom de pain , ils ne \'«ulent pas néanmoins qu'elle soit le Corps de Jésus-Christ, quoique l'Apôtre au même endroit le déclare de la manière la plus précise : Celui qui rnange indignement de ce pain , outrage le Corps du Seigneur.... il mange et boit sa condamnation y ne discernant pas le Corps du Seigneur. Vos Docteurs entendent donc les paroles de saint Paul dans un sens littéral , ou dans un sens figuré , suivant que l'exige leur cause ; il semble que ce soit leur unique règle dans l'interprétation des divines Ecritures, Pour nous , Monsieur , nous suivons des principes plus certains ;
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sans craindre de rendre notre foi suspecte, nous pouvons aussi désigner l'Eucharistie avec l'Apôtre , et même après Jésus-Christ, par le nom de pain. Mais le Seigneur nous a appris lui-même ce que signifie ici la dénomination de pain ; il nous a déclaré que ce pain est le véritable pain du ciel , un pain qui donne la vie au monde ; en un mot , un pain qui est sa propre chair. Nous voilà bien avertis du sens dans lequel nous devons entendre ce mot pain , quand il s'agit de l'Eucharistie. Mais ni le Seigneur , ni saint Paul , ni aucun Ecrivain sacré ne nous ont avertis que ce mot corps dût être pris dans un sens figuré , et jamais ils ne nous ont donné pareille explication.
En quel sens l'Eucharistie peut être appelée Pai7i.
Au reste , sans s'écarter de l'usage , on peut appeler l'Eucharistie pain , parce qu'elle l'était véritablement avant la Consécration , comme nous voyons dans l'Exode que la verge d'Aaron est encore appelée vez-ge , quoiqu'elle fût déjà changée en serpent ( Exod. vu. 12.) : Mais la verge d'Aaron dévora leurs verges. On peut encore fonder la dénomination de pain sur ce que nos sens ne voient après la Consécration que les espèces du pain , sa figure , sa couleur , son étendue , comme nous voyons en plusieurs lieux de l'Ecriture ( Gen. xxxir. i[\. Dan. IX. 21.) que les Anges rendus visibles sur la terre sont appelés hommes , non pas qu'ils le fussent réellement , mais parce qu'ils paraissaient sous la figure humaine. Enfin quand nous considérons les effets de la sainte Eucharistie , nous ne craignons pas de lui donner le nom de pain , parce que , comme le pain matériel est l'aliment de nos corps, ce pain céleste est aussi le véritable aliment de nos âmes.
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2. Objection tirée de ces paroles : La pierre était le Christ,
Peut-être me direz-vous que saint Paul, clans sa première Epître aux Corinthiens , parle souvent en figure , et qu'on en voit un exemple frappant dans le chapitre qui précède celui où il parle de l'Eucharistie : il y dit que les Israélites buvaient de l'eau de la pierre spirituelle qui les suivait dans le désert ( i . Cor. x. l\. ) : et Jésus-Christ était cette pierre ; expression visiblement figurée, et de laquelle on peut conclure que le même Apôtre dans le chapitre suivant a encore employé un langage figuré quand il semble nous dire que le pain Eucharistique est le Corps de Jésus-Christ.
RÉPONSE
Je conviens , Monsieur , que saint Paul parle de figures dans le chapitre x^, mais observez que ce n'est pas pour en proposer de nouvelles aux fidèles de Corinthe ; le temps des figures était passé. Tout au contraire, il s'attache à leur développer celles de l'ancien Testament. Son but dans le commencement de ce chapitre est de donner l'explication mystique de tout ce qui était arrivé aux Israélites , lors de leur sortie d'Egypte ; il dit qu'ils avaient tous été baptisés dans la nuée et dans la mer , pour faire connaître que leur passage dans la mer rouge avait été la figure de notre Baptême : il ajoute que les Israélites buvaient de la pierre spirituelle qui les suivait, et que cette pierre était le Christ, c'est-àdire , que les plus spirituels et les plus éclairés d'entre les Enfans d'Israël se consolaient des souffrances et de l'ennui de leur long pèlerinage dans le désert , par l'espérance et la foi au Médiateur qui devait venir, et qui était Jésus-Christ : enfin, pour qu'il ne restât pas le moindre doute sur le sens de ses paroles, il déclare que tout ce qui était arrivé
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atix Israélites , était la figure de ce qui devait être exécuté dans la loi Evangélique ( i.Cor.x, ii.)^ Toutes ces choses leur aï rivaient en figure y et elles ont été écrites pour nous servir d'instruction à nous qui sommes venus dans la fin des siècles. La proposition de saint Paul se réduit à celle-ci : Jésus- Christ était la pierre spirituelle qui suivait les Israélites dans le désert , et dont ils buvaient. Que veulent dire ces paroles , sinon que l'eau du rocher qui désaltérait les Israélites , était la figure de Jésus-Christ, notre force et notre soutien dans le cours de cette vie mortelle ? L'Apôtre appelle cette pierre spirituelle , ou mystérieuse ; il dit quW/e suivait les Israélites dans le désert : expressions qui font connaître clairement qu'il ne parlait pas du rocher physiquement existant et toujours stable dans le même lieu du désert. Ces paroles de l'Apôtre portent donc évidemment avec elles leur explication. Jésus -Christ ne pouvait être cette pierre spirituelle que spirituellement et en figure. Quelle comparaison peut-on établir entre un texte où l'Apôtre explique lui-même le sens spirituel et figuré de ses paroles, et les autres textes où , sans explication , sans commentaire , il nous assure et répète plusieurs fois, dans les termes les plus précis et les plus énergiques, que l'Eucharistie contient le Corps et le Sang de Jésus-Christ?
Je crois , Monsieur , vous avoir prouvé que la foi de l'Eglise Catholique sur la Présence réelle a été constamment et clairement enseignée par les quatre Evangélistes et par l'Apôtre saint Paul. H ne me serait pas difficile de vous convaincre , par les témoignages des Saints Pères et des Auteurs Ecclésiastiques, que cette même foi a été tenue dans tous les temps , dans tous les lieux, et par tous les peuples qui ont professé le Christianisme ; mais la
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preuve de cette Tradition conservée jusqu'à nous exigerait une discussion trop longue et excéderait de beaucoup les bornes d'une Lettre. D'ailleurs dans celles que vous avez déjà vues sur le Sacrifice de la IMesse et sur la Présence permanente de Jésus-Christ dans l'Eucharistie , vous avez dû trouver assez de textes tirés des Pères de l'Eglise pour vous faire connaître que leur doctrine sur ce point si important de notre sainte Religion était absolument celle que tient encore aujourd'hui l'Eglise Catholique.