GUE
tiquité, les S trouvons rattachent foi révère, son aveuchait, nous recherches es peuples
Dieu que vérité qui eligion, se autorités sujet d’adsse infinie : s’en rend Jutume in-
tréal, classe
sensiblement leurs yeux à la clarté du flambeau qui luira sur eux éternellement. Sous ce point de vue, nous pouvons dire que tout ce qui nous est resté des différentes nations, tant dans des œuvres impérissables que dans leurs propres histoires, que tout prend un caractère lumineux ; partout à travers les voiles et les abus de l'erreur nous découvrons les desseins de Dieu, nous retrouvons empreintes sa gloire et sa sagesse. Mais le plus intéressant peut-être, le plus admirable de ces monuments si dignes de notre attention, ou de ceux au moins qui nous paraissent les plus étonnants au premier abord et qui ont le plus occupé quelques savants illustres, c'est cette églogue si connue que le prince des poètes latins adresse à Pollion. Cet ouvrage qui n’est pas considérable par son étendue, est comme perdu dans les œuvres de Virgile (1) ; mais il réunit tant de caractères frappants et mystérieux qu'il est impossible de ne pas lui assigner un rang à part, et de ne pas chercher par une curiosité aussi noble que juste, la clé de tous ces mystères. Quelques auteurs, ennemis nés de tout ce qui porte le cachet de la vérité, de tout ce qui peut donner du relief aux doctrines religieuses, ont bien affecté de ne rien voir d’extraordinaire dans cette églogue ; mais toutes les vaines subtilités qu’ils ont mises en œuvre pour expliquer tout humainement, prouvent déjà que ce qu'ils voyaient eux-mêmes ne peut s’éclarcir qu'en remontant à un principe plus certain que le leur. Rangeons-nous donc du côté des plus célèbres docteurs et, appuyés sur leur témoignage, osons voir ce qu'ils ont vu, examinons nous-mêmes si un sentiment si favorable et si glorieux à la religion est fondé sur des preuves satisfaisantes. (Cet examen ne sera sans doute pas sans intérêt, et c'est une des plus dignes occupations du chrétien de chercher tout ce qui peut donner un nouveau lustre à sa religion.
Dès le commencement de ce curieux ouvrage de Virgile, on est frappé du ton extraordinaire qui y règne ; on sent, et il le dit lui-même au premier vers, qu'il va chanter de grandes choses, il faut que sa voix s'élève au-dessus de la voix du berger, qu’elle monte au degré le plus sublime de la poésie lyrique, car ce sont des merveilles inconnues dans la pastorale qu'il va célébrer. Aajora canamus, dit-il poétiquement aux muses qu’il
(1) Virgile (Publius-Virgilius-Maro), le plus grand des poètes latins, naquit l’an 70 ou 69 avant J.-C., d’un potier de terre ou d’un cultivateur à Andes, village près de Mantoue. Il passa sa jeunesse à Naples et à Crémone, dont le territoire fut partagé aux troupes après la bataille de Philippes ; ce qui donna occasion à Virgile d’aller à Rome, Il y fit connaissance avec Mécène, qui l’introduisit près d’Auguste, Ce prince fit rendre au poète les terres qui lui appartenaient, et qui étaient comprises en effet dans le territoire de Mantoue, et non dans celui de Crémone, (Düict. de biog. gén., par Léo Joubert), |
16 LETTRES D'UN ÉTUDIANT prétend devoir l'inspirer. Un tel début nous donne déjà la plus haute idée du sujet ; on ne sait encore où il en veut venir, mais que n’a-t-on pas droit d'attendre? Cependant, il fera plus que se dégazer de telles promesses. O hommes, le croiriez-vous ? C'est une ère nouvelle qu'il vous annonce ; l’âge heureux que vous ne pouviez rappeler que dans votre souvenir, revient vous sourire sur les débris de tant de siècles affreux ; cet âge fera votre bonheur à jamais, c’est le dernier comme le prernier des âges ; cessez donc de soupirer, déjà tout reprend une face nouvelle :
Ultima Cumæi venit jam... ætas ; Magnus ab integro sæclorum nascitur ordo,
Qui a jamais entendu de telles révélations ? Quel poëte païen a jamais eu une telle hardiesse? Et ici Virgile sort bien du domaine de la poésie ; comme tant d’autres poètes, comme Ovide, comme Horace, il ne prédit pas un avenir encore lointain ou au moins indéfini, il ne berce pas les hommes d’un espoir incertain par l'éloignement même de son objet ; au moment qu'il parle, tout s'exécute, ses prédictions s’accomplissent : jam venit.….… Certes, la poésie ne va pas si loin, elle ne s'expose jamais ainsi à pouvoir être démentie. Comment donc expliquer cette assurance? Ne serait-ce pas le comble de l'absurdité, si elle n'avait aucun fondement ? Ce serait faire trop d’injure au jugement et au caractère de Virgile, si on croyait qu’il eut voulu bâtir tant de grandenrs, faire tant d’apparat et d'éclat sur des objets purement chimériques. Mais d’où viendraient donc de telles inspirations, si elles sont raisonnables? Dans tout le cours du poëme, ce sont encore de nouveaux prodiges, et quelquefois des prodiges d’un ordre tout à fait nouveau chantés avec l'accent majestueux du prophète, partout ce sont des pensées étonnantes qui décèlent des lumières plus qu’humaines, des lumières que le paganisme ne pouvait produire, à moins que nous ne puissions parler ainsi de ce qui représente si exactement la réalité. Car, remarquons-le bien de suite, tout ce que dit Virgile est très raisonnable par le fait et plein de vérité ; pendant qu'il chantait, un nouveau siècle commençait effectivement son cours, la révolution la plus pacifique et la plus heureuse allait changer l'univers ; l’enfant que Virgile va nous peindre sous des traits si ressemblants bientôt allait prendre naissance. C'est là une admirable coïncidence entre l'événement et une publication qui infailliblement le regardait. Certes, il a bien fallu qu’un rayon de la vérité vint éclairer (peut-être à son insu) ie génie de Virgile pour qu'il publiât des merveilles si véritables au moment même où elles se passaient ; il n’en faut pas douter, ces inspirations étaient des inspirations qui lui étaient étrangères, elles étaient étrangères au paganisme. Les ténèbres n’ont ja-
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mission de Dieu de fo et montrer
(1) Comte
plus haute d'a-t-on pas telles proqu’il vous ÿ votre souix ; cet âge des âges ;
en a jamais la poésie ; lne prédit as les homjet ; au mont : Jam veais ainsi à ance? Ne ondement ?
irgile, si on parat et d’ént donc de urs du poëodiges d’un 1 prophète, plus qu’humoins que it la réalité.
ès raisonnaouveau sièpacifique et a NOUS peinnce. C'est tion qui inde la vérité u'il publiât ent ; il n’en lui étaient ss n’ont ja-
| jour éternel pour ramener l’âge d’or sur la terre.
LETYRES D'UN ÉTUDIANT 17
mais produit la lumière, le jour n'est pas l'effet de la nuit. A quelle sour-
ce avait il donc puisé le Romain qui osa publier, sans les comprendre sans
doute, les merveilles du Très-Haut ?. Comment a-t-il pu chanter des choses si inintelligibles pour lui-même et si éloignées de l'esprit païen? C’est le point qui fait surtout notre étonnement ; mais cet étonriement cessera bientôt, si nous examinons l’état de l'univers entier à cette époque mémorable, si nous faisons attention à toutes les circonstances qui se réunissent pour faire supposer raisonnablement dans Virgile quelque connais-
sance venue de plus haut ; pour le faire regarder comme le nouvel organe | d'une voix qui se faisait entendre déjà à tous les peuples attentifs.
On le sait : tout le monde était alors dans l'attente de grands événements (1). Une voix haute et mystérieuse partie des régions de l'aurore avait retenti jusqu'aux bornes de l'Occident, et toutes les bouches répétaient de concert: L’Orient est sur le point de triompher ; un vainqueur sortira de la Judée ; un enfant divin nous est donné ; il va paraître, il descend d’un sé- Oui, à ce moinent mé-
} me, à ce moment solennel où, selon le poète,
L'enfant du haut des cieux était prêt à descendre,
tous les hommes s’attendaient à une révolution heureuse ; la prédiction
| de ce conquérant qui devait réunir tout l'univers sous son sceptre d’or,
embellie par l'imagination des poètes, ramenait à la fois toutes les imaginations, échauffait les esprits jusqu’à l'enthousiasme. Avertis de plus par les oracles du paganisme, selon des témoignages assez vraisemblables,
H tous les yeux était tournés vers l'Orient ; et Jérusalem, élevée jusqu’au
ciel, confirmait ces bruits flatteurs. De plus, le Seigneur avait préparé
| les voies à son fils ; depuis longtemps les esprits des peuples avaient été
‘ gesse divine.
mirable de choses dans-lequel tout devait se renouveler.
disposés et prévenus, déjà ils prévoyaient sans en avoir une idée bien claire néanmoins, leur régénération prochaine : #ova progenies… ; et pour les amener à ce point, plusieurs circonstances avaient été ordonnées par la sa- Il paraît, et Virgile semble l’assurer lui-même dans un de ses premiers vers :
Ultima cumæi venit jam carminis ætas,
qu'une sybille, devenue l'écho de la vérité, annonça le retour du grand siècle attendu depuis longtemps par les païens, qu'elle prédit cet ordre ad- Certes, l’admission de ce fait ne saurait être que glorieux à Dieu ; il était digne de
| Dieu de forcer les oracles menteurs de l'enfer à publier ainsi leur ruine, et montrer l’élévation de l'enfant qui devait les refouler pour jamais dans leur
(1) Comte de Maistre,
abime. Les païens pouvaient bien avoir reçu ainsi cette étincelle de lumière, Virgile pouvait bien la mettre aussi en évidence en commençant son poème, mais il n’est pas permis d'en douter, les païens tiraient de sources plus pures des notions plus étendues,et Virgile, en s'érigeant lui-même en prophète, avait devant les yeux des prophéties certaines. Il serait déraisonnable de le contester, lorsque tout l'atteste à la fois : Virgile connaissait les véritables prophètes. D'abord, il ne pouvait les ignorer, lorsque les livres saints, répandus et connus dans tout l'univers par le peuple juif qui les conservait, piquaient infailliblement l'attention de tout le monde. Ces livres par excellence, dont un esprit vraiment divin inspirait la poésie, et une poésie dont toutes les images et les figures étaient consacrées à peindre la vérité dans toute sa pureté, avaient souvent fixé l'attention des hommes éclairés du paganisme, avaient prêté quelques rayons lumineux à ces esprits plus clairvoyants au milieu de l'obscurité générale. Jadis, Homère avait incontestablement puisé dans cette source féconde un grand nombre de ses inspirations ; les dieux dont on attribue la génération à son cerveau sont en partie, suivant les remarques des savants, des personnages encore reconnaissables des livres de Moïse.
Dans presque toutes les fables de la mythologie, dans beaucoup d'inventions des anciens poètes, on reconnaît également la vérité corrompue. Platon, Socrate, Aristote et les autres philosophes de la Grèce ne prouvent pas moins dans leurs systèmes, dans leur morale, dans mille traits épars dans leurs écrits, la connaissance qu’ils avaient des livres saints. Il semble que ce qu'il y avait de plus grand et de plus beau dans l'antiquité devait être produit par la religion véritable, de même que tout devait lui rendre hommage. Par là, les nations étaient obligées de voir longteraps d'avance l’aurore du beau jour qui allait paraître, les ombres étaient dès lors moins épaisses et la nuit fuyait à l'approche de l’astre divin.
Ce fut même trois cents ans avant la venue du Messie que se fit la fameuse version des Septante, par l’ordre de Ptolémée Philadelphe ; et cette traduction, remarque le judicieux auteur des Soirées de St-Pétersbourg, prouve la célébrité des livres saints dès cette époque. “ Quel prince, dit-il, a jamsis pu ordonner la traduction d’un livre, et d’un tel livre, sans y être déterminé par un désir universel fondé à son tour par un grand intérêt excité par ce livre.”
Les juifs, dans ce temps-là, étaient déjà dispersés en beaucoup de lieux. Josèphe rapporte qu'un grand nombre de juifs s’enrôlèrent dans les armées d'Alexandre, et suivirent ce prince dans ses expéditions, lorsqu'il partit de Jérusalem, après avoir adoré le dieu de Taddus et entendu les prophéties qui le concernaïent. Ptolémée avait emmené en Egypte plus de cent mille
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1s les armées w'il partit de s prophéties de cent mille
captifs juifs qu'il laissa ensuite en liberté s'établir à Alexandrie, Alors, les juifs commencèrent à se répandre dans les différentes villes de l'Egypte, de la Lybie et du pays de Cyrène, puis dans l'Asie Mineure et dans la grande Asie où ils obtinrent les plus grands privilèges. Bientôt, on trouva des juifs dans toutes les parties de la terre ; toujours alliés des Romains depuis Judas Machabée, et ensuite réunis à l'empire par Pompée, 1ls durent s'étendre de plus en plus dans l'Occident et étendre avec eux la connaissance de leur religion. Ce n'avait pas été sans un dessein marqué par la Providence, observe le grand évêque de Meaux, que les juifs auparavant resserrés dans un petit coin du monde, seuls alors dépositaires des secrets de Dieu, se disséminérent ainsi dans toutes les contrées, Ils firent connaître le vrai Dieu aux différents peuples, et par là les préparèrent de loin à recevoir un jour les lumières de l’évangile. Le peuple juif dispersé, ce peuple unique par sa croyance et ses usages, devait être assez remarqué au milieu des autres peuples ; sa seule vue devait exciter le plus haut intérêt, et les révélations surtout dont il tenait le dépôt devaient frapper tous les esprits, et ainsi se remplissait tout naturellement la mission alors confiée au peuple précurseur, ainsi se justifiaient ces paroles de Tobie à ses frères : Zdeo dispersit vos inter gentes quæ ignorant eum, ut vos enarretis miribilia ejus.….
Du temps d'Auguste et de Virgile, à l'époque par conséquent de la naissance du Sauveur, le monde était bien préparé, les voies du Seigneur étaient bien ouvertes, la terre remuée n’attendait que la rosée céleste pour faire paraître le germe béni dont les nombreux rejetons devaient couvrir sa surface renouvelée.
Pourrait-on maintenant nous objecter l'ignorance de Virgile sur les vérités qui étaient sur le point de se manifester? Virgile ignorait-il seul ce que tout le monde répétait avec admiration, était-il sourd lui seul à la voix publique? Les écrits des prophètes qui promettaient la libération des | peuples et précisaient le temps de sa venue, étant traduits en grec, la langue universelle alors, tout ce que renfermaient ces livres ne devait-il | pas mettre en éveil surtout le monde savant? Ilest très certain, d’après le témoignage des historiens païens eux-mêmes, nommément de Tacite et } de Suétone, que la connaissance des livres saints était répandue à Rome, qu'on faisait en ce temps beaucoup de bruit de ce qu'ils promettaient (1). Il est donc assez prouvé que le savant poète romain pouvait avoir connaissance des prophéties ; il est plus que vraisemblable, on pourrait même assurer qu’il en avait en effet connaissance, qu'il les avait sous les yeux en composant son Zo//ion.
(1) Suétone, Vesp, vita, ce, IV ; Tacite, ZZistor., liv, V,
La comparaison du poème avec ces prophéties suffira maintenant pour constater les emprunts que Virgile a faits à l'Ecriture $ainte, Mais avant d'entrer dans un rapprochement détaillé, il ne sera peut-être pas: inutile de réunir les principaux traits pour nous assurer tout d'abord de leur rapport avec ce que nous devons rapporter, et s'ils ont pu être produits par un poète qui n'avait aucune idée de l'opinion universelle de son temps.
Virgile chante un enfant qui est encore à naître: Cet enfant, c'est un enfant divin, c'est l'accroissement du Dieu suprême qui commande à tous des dieux, Llest envoyé du ‘ciel, heureux espoir d'une race nouvelle, et naît d'une vierge (1). À sa naissance le siècle de fer est banni pour toujours, et l'âge d'or se relève radieux dans le monde. Il vivra de la vie des dieux, tout en participant à la nature humaine ; il se verra bientôt, ainsi que les héros, confondu avec les dieux. C'est sous ses auspices que Les traces des crimes des hommes seront effacées, que tout sera purifié, que la terre délivrée d'une éternelle alarme prodiguera ses dons. Il gouvernera le monde pacifié…. Ciel, de quel enfant parle-t-il donc? Cet enfant n’a rien fait d'illustre encore, ce n'est pas un des hommes fameux de ce temps mémorable à tant de titres ; ce n’est ni César, ni Auguste, puisqu'il n’a pas encore paru sur la scène du monde. Et quelle grandeur future, quelle gloire, quelles merveilles dès le commencement de sa carrière ! Mais remarquons surtout en quoi consistent les grandes choses qui seront l'effet de sa venue.
D'après le caractère des Romains et pour flatter tous les héros contemporains, Virgile ne le fait pas illustrer par de grands faits, d'armes, il ne se distinguera pas à la tête des armées, 11 ne soumettra pas par les voies de la guerre la terre à son empire. Ce sont des exploits d’un tout autre genre, d'un genre inouï jusqu'alors, et tout à fait opposé au génie de Rome : 77 efacera jusqu'aux traces des crimes de la terre, et il règnera à jamais sur les fondements de la justice et de la paix. À qui donc peuvent convenir et ce caractère auguste et ces traits si extraordinaires sous lesquels l’enfant futur nous est représenté ? Quel est celui à qui l’on a jamais pu adres-
(1) Cette vierge que Virgile désigne dans son églogue sous le nom de la chaste Diane : ...Nascenti puero...
Casta fave, Lucina...
était célèbre dans toute l’antiquité ; beaucoup de peuples attendaient ce prodige de la maternité d’une verge, et les druides gaulois lui avait même élevé un autel avec cette inscription : Wérgiré pariture. Cette idée ne pouvait être prise que du prophète qui avait dit depuis :ongtemps : Æcc Virgo concipiet et pavit filium
| sur l'avèn } Isaïe pein
L œil religie
| païens po | renaître d L âge d’or d à période dd Let c’est un
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(1) Epist
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Il gouver- P Cet enfant ameux de ce ste, puisqu'il ideur future, sa carrière !
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éros contemarmes, il ne les voies de autre genre; + Rome : Z/ à jamais sur ent convenir lesquels l’enus pu adres-
, chaste Diane :
e prodige de la tutel avec cette e du prophète
OC
ser ces deux vers surtout, si ce n'est à l'Enfant-Dieu que vit naître bientôt en effet l'univer. pacifié :
Te duce, si qua manent sceleris vestigin nostri
Irrita perpetua solvent formidine terras,
C'est saint Augustin lui-même qui a fait cette remarque (1). “ L'irréligion obstinée, remarque l'illustre comte de Maustre, a bien fait tous les efforts pour obscurcir ce fait ; les commeñtateurs ont interrogé à l'envie tou:es les généalogies romaines pour leur demander en grâce de vouloir bien nommer l'enfant célébré dans le Zo/lion. Mais il est contre toute vraisemblance que l'enfant existe où on l'a cherché ; et nous pourrions défier tous ces doctes commentateurs d'en nommer un auquel les vers de Virgile s'adoptent sans Violence. Mais même en supposant qu'ils puissent avec certitude désigner cet enfant, il en résulterait seulement que Virgile,
pour faire sa cour à quelque grand personnage de Rome, appliquait à un
nouveau-né les prophéties de l'Orient.”
Alors il ne serait pas moins prouvé que le poète connaissait l’Ecriture sainte et qu'il en aurait profité dans son églogue. Virgile, voyant dans les oracles sacrés de l’Ecriture que le Rédempteur promis aux hommes était sur le point d'arriver après /e long cours du siècle de fer où de l’empire du démon, et voyant de plus tous les esprits occupés de cette prédiction dont l’'accomplissement était à son terme, se serait saisi sans doute avec empressement d'un si magnifique sujet pour le revêtir des couleurs les plus brillantes de la poésie.
Suivant l'observation de Pope, le célèbre traducteur anglais, et de beaucoup d'autres que nous pourrions citer, l'ouvrage de Virgile ne consistait en partie qu’à rendre en vers latins admirables les accents enthousiastes du prophète Isaïe ; il traduit véritablement ce qu’il a vu dans ce prophète
| sur l'avènement du Messie, ilse sert des mêmes figures par lesquelles } Isaïe peint le règne glorieux du Sauveur dans l'ordre spirituel. Suivons
donc, il en est temps, le poète païen dans ses imitations ; contemplons d’un
L œil religieux le reflet de ces lumières que tant d'hommes apercevaient, sans
les comprendre, dans un miroir profane.
D'abord, il est remarquable que le siècle futur désigné par les prophètes comme l'heureuse époque du christianisme, ait été attendu par tous les
| païens pour cet âge d'or qu'ils regrettaient, mais qu’ils espéraient tous voir | renaître dans un avenir inconnu. Nous savons qu’il est question de cet
âge d'or dans l’églogue de Virgile ; tout son poème roule sur cette brillante
L période dont il proclame le commencement au moment même qu'il parle,
et c’est un enfant qui l’amème, c’est celui qu'Isaïe a appelé pater futuri sæculi.
(1) Epist. ad Martianum.
22 LETTRES D'UN ÉTUDIANT Virgile, aussi bien qu'Ovide, Horace et les poètes grecs qui ont rappelé l'existence passée de l’âge d’or comme le premier âge du monde, annonce son retour comme le dernier, et par conséquent comme un âge désormais éternel ; en entendant le poëte, on croit entendre la voix consolante du prophète du Seigneur promettant aux hommes qu'ils se reverront dans leur étav primitif : Quo prima fuerunt ecce venerunt. Quel est cet état primitif ? comment les païens l’avaient-ils compris ? C’est ici un sujet d’admiration pour nous ; tous. les poètes en s’avouant dans l’âge de fer l’ont caractérisé par des crimes monstrueux qui rendaient les hommes malheureux et en horreur à la divinité, et en même temps tous les poètes se sont représentés l’âge d’or comme le règne de la vertu et de l’innocence. C'est là ie véritable fond du siècle regretté ; tous ont vu que l’homme dans son origi- ‘ne était destiné à être heureux, et que son bonheur était attaché à la pureté de ses mœurs. Ovide, dans sa belle description des quatre âges qu’on peut très bien réduire à deux, a fait disparaitre à la fin de l’âge d’or Saturne, ce dieu qui faisait fleurir avec l'innocence l'abondance et la sécurité ; il a fait remonter au ciel avec indignaticn la vierge Astrée, déesse de la justice, la dernière des divinités qui se plut avec les humains .
Virgo cœde modentee Ultima cœlestum, terras Astrœa reliquit.
Virgile, aussitôt qu’il a annoncé le rétablissement de toutes choses, fait redescendre la même déesse, il renouvelle le règne de Saturne : Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna.
Quelles idées saines et justes sur la dégradation comme sur la régénéra tion de l’homme ! Tout en les revêtant des couleurs païennes, Virgile fait souvent revenir ces graves traits dans ses autres ouvrages. Dans le premier livre de ses Géorgigues, on admire son tableau étonnant de l’âge d’or et du siècle malheureux qui en effaça les traces ; toute cette partie étincelle d'idées extraordinaires qui ont une analogie évidente avec nos saints livres, et elle correspond exactement avec l’églogue dont nous nous occupons principalement. Avant le siècle de fer, dit-il, personne ne s’astreignait aux travaux champêtres, on n'avait pas encore fixé les limites des propriétés (parce que sans doute nul n’était injuste, parce que tout appartenait en commun à des hommes que l'intérêt ne divisait pas). La terre libre et sans culture fournissait tout :
Ipsaque tellus Omnia liberius, nullo poscente ferebat.
Il devra en être de même dans le rétablissement de toutes choses et
pour lors Virgile dira * Omnis fer et omnia tellus,
La natui de l'hommi changé ; al ont comme
Ils n’ont tables, le lc soumis à l’ elle pas ? 1 les faisant :
© Nous verr l’ordre anc le miel a é çà et là da
I n'ya turel, jusqt | sait comme des ruisses l’abondanc siècle d’or
Il fallut, HA lui-même Mtous les tr pressant a
Virgile 1 Dieu vengi derram.— beaucoup
b La terre et les herb
i ont rappelé de, annonce re désormais onsolante du ont dans leur et état primisujet d’admir l'ont caracnalheureux et ont représen-
C'est là le ans son origiché à la purere âges qu'on ge d’or Satura sécurité ; il sse de la jus-
>s choses, fait ne :
r la régénéra :s, Virgile fait Dans le pret de l’âge d’or te partie étin- ‘ec nos saints 1S NOUS OCCUne ne s’astreimites des protout appartes). La terre
tes choses et
La nature était véritablement en cet état dans le temps de l'innocence de l’homme. Mais à l'approche de l’âge afreux, cet ordre de choses a changé ; alors le serpent s’est gonflé d’un venin fatal, les animaux féroces ont commencé à répandre le carnage :
Ille malum virus serpentibus addidit atris, Prœdarique lupos jussit,
Is n'ont donc pas été toujours nuisibles ces animaux devenus si redoutables, le loup et le tigre comme le reptile venimeux étaient donc autrefois soumis à l’homme, roi de l'univers ; et d’ailleurs la Genèse ne nous l’apprendelle pas ? Ne nous montre-t-elle pas Adam, après la formation des animaux, les faisant venir à lui et, comme un souverain, imposant à chacun son nom ?
Nous verrons, en revenant à notre églogue, comment Virgile fera revenir l'ordre ancien. Alors, continue le poète dans sa peinture du siècle de fer, le miel a été détaché de la feuille de l'arbre, les vins qui se répandaient çà et là dans les champs comme des ruisseaux, ont été arrêtés :
Mellaque decussit foliis Et passim rivis currenti a vina repressit.
I n'y a pas jusqu'aux brillantes descriptions des poètes dans l’ordre naturel, jusqu'à leurs propres expressions qui ne paraissent empruntées. On sait comment l'Ecriture sainte décrit la terre promise où l’on voyait couler | des ruisseaux de lait et de miel. Cette magnifique figure pour marquer l'abondance d’un pays riche, en effet, s’appliquait on ne peut mieux au siècle d’or ; et lorsque Virgile le fera revenir, il n’oubliera pas de dire :
Incultisque rubens pendebit sentibus ‘uva, Et duræ querens sudabunt roscida mella.
Il fallut, continu Virgile, que l’homme trouva le moyen de se suffire M lui-même dans de longues expériences, dans de pénibles recherches, dans tous les travaux du corps et de l'esprit ; car le dur travail né d’un besoin Mpressant a pu seul prolonger le cours d’une vie toujours à charge ;
Ut varias usus meditando extunderet artes Paulatim.., Labor omnia vincit Improbus, et duris urgens in rebus egestas.
Virgile n'avait-il donc pas vu la malédiction portée sur l’homme par un Dieu vengeur ? Zn sudore vultôs lui vesceris pane, donec revertaris in terram.—Plus rien sans travail, le pain ne pourra être mangé qu'après beaucoup de labeurs et de peines :
Mox et frumentis labor additus...
La terre est devenue tout àfait ingrate ; la rouille, le chardon, les épines èt les herbes nuisibles font périr les moissons :
Subit aspera silva, Lappæque tribulique...
TS DR here tr ADO
M Ge
Que de soins pour vaincre tant de difficultés ! Oh ! Dieu a bien dit au il malheureux Adam : Maledicta terra in opere tuo ; in laboribus comedes
ex eà cunctis diebus vite tue ; spinas ec tribulos germinabit tibi…. M jrs Nous nous sommes peut-être déjà trop arrêté sur ce terrain si fécond, nous heu. ne pourrons cependant nous dispenser de signaler les autres endroits où voul nous retrouvons le flambeau qui éclaira Virgile. Au premier livre de ture l’'Enéide, 1 fait encore revenir l'âge d'or et toujours sous le même aspect ; doit et, ne l'oublions pas, il le fixe à la même époque que dans notre églogue. encl C’est le père des dieux qui annonce les beaux jours du règne d’Auguste, sans ce premier maître du monde dont le Messie illustra le règne par son apparition , et c’est ainsi qu’il en parle : “ Alors les siècles seront adoucis, les peuples ne connaîtront plus les armes. L'antique probité, la chaste déesse Rémus et son frère Quirinus, désormais réconciliés, donneront des | lois au monde ; /a discorde impie sera repoussée dans son antre inhumain : Ni Asperat impositis mitescent sœcula bellis ; n l'Egl
Priscafides et Vesta Remo cum fratre Quirinus, Jura dabunt.…..
Furor impius intrüs. ..(1)
Ailleurs, c’est à son sixième livre, il fait toujours allusion au même sié-
il cle distingué par un fait tout extraordinaire dans le monde—-par une paci- | | fication universelle — lorsqu'il dit du fils d’un dieu ; ne : | Aurea condet Re teur
Sæcula qui rursùs Latio, regnata per arva Saturno quandam...(2)
Qui donc communiqua ces idées si pures au poète ? Comment les retrouve-t-on si souvent dans Virgile ? Il n’y a guëre d'autre moyen de l’expliquer : c’est que l'Ecriture sainte lui était connue, c'est qu'il avait pris quelques leçons dans ces livres précicux destinés à instrnire tous les siécles.
Reprenons enfin notre comparaison avec une marche plus régulière et voyons de plus près, quoique rapidement, rotre églogue. Le prophète Isaïe a parlé de la lumière qui succède aux ténébres, il a représenté le réveil des nations assises à l'ombre de la mort, lorsque le soleil de la justice leur appar ît: Populus qui ambulabat in tenebris, videt lucem magnani ; habitantibus in regione ombræ mortis, lux orta est eis. Virgile n’a pu mieux exprimer cette pensée qu'en disant :
)} ... Nascenti puero quo ferrea primüm
Desinet, ac toto surget gens aurea mundo ...Jam regnat Apollo (3)
(1) Vers 291 et suivants, (2} Vers 792 et suivants.
(3) On sait qu’Apollon ou Phébus était pour les païens le dieu de la lumière,’
ieu a bien dit at aboribus comedes inabit tibi.….
ain si fécond, nous autres endroits où premier livre de s le même aspect ; ans notre églogue.
règne d’Auguste, règne par SOn ap- >s seront adoucis, probité, la chaste liés, donneront des >n antre inhumain :
sion au même siènde--par une paci-
Comment les reutre moyen de l’exest qu'il avait pris strnire tous les siè-
he plus régulière et gue. Le prophète | a représenté le ré-
soleil de la justice det lucem magnant ; is. Virgile n’a pu
eu de La lumière,
L'écrivain sacré a encore peint la joie des hommes à laquelle aucune mesure ne peut être ajoutée ; il les a peints comme de joyeux moisonneurs lorsque la terre féconde leur paie son tribut, comme des conquérants heureux qui rapportent les dépouilles de leurs ennemis. Le poète paraît vouloir ici renchérir sur ses pensées en mettant à contribution toute la nature, en faisant réjouir toutes les créaturés inanimées à la vue de ce qui doit arriver. C'est l'univers entier dont les tressaillements de joie ont enchanté la masse gigantesque, la terre et les abîmes de la mer et le ciel sans fin, tout ce qui existe, tout a ressenti ce sublime mouvement :
Adspice convexo nutantem pondere mundum, Terrasque, tractusque maris, cœlumque profundum ; Adspice venturo lætantur ut omnia sæclo.
Ne croit-on pas entendre déjà dans ces l'Eglise au jour même de la Nativité :
beaux vers l'hymne que chante
Hunc cœlum terra, hunc mare Hunc omne quod in eis est Auctorem adventus tui Laudans exultat cantico.
“Comment la nature ne se réjouirait-elle pas à l'approche de son au- | teur ? Elle frémit d’épouvante lorsqu'il vient dans sa colère, mais elle doit être transportée de joie lorsqu'il vient dans sa miséricorde.”
Dans ces deux vers dont nous avons beaucoup parlé déjà :
Te duce, si qua manent sceleris vestigia nostri, Irrita perpetuâ solvent formidine terras,
bn reconnaît encore le prophète qui a dit: Oëlivioni tradite sunt aufustiæ privies…. Ce prophète après avoir tracé quelques-uns des effets le la naissance du Sauveur, annonce cette naissance : Æ+ filius datus est lo/is.… et vocabitur non ejus… vater futuri sæculi, principes pacis. Hultiplicabitur ejus imperium et pacis non erit finis. On n’a qu'à parourir le commencement de cette églogue, et on ne tarde pas à y reconbaître ce petit enfant père du grand siècle, qui règne par la paix, étend on empire par la paix, pour assurer aux hommes une paix éternelle.
‘Le poète ajoute souvent quelques ornements nouveaux à la pensée M'isaie ; maintenant il s'abandonne un moment à son imagination pour outer quelques détails descriptifs sur l’heureux état de la terre qui offrisans culture tout ce qu'on peut désirer. Ce serait ici le lieu de le remarder, Virgile, dans un sujet si merveilleux, sort le moins qu’il peut de l’éogue ; dans tout ce qu'il emprunte aux prophètes, il choisit de préféce ce qui va le mieux à ce genre de poésie, et c’est sans doute pour
cette raison qu’il a emprunté surtout d’Isaïe, qui est rempli d'images prises dans la nature.