RE << À
ee ee RES CEE
At tibi prima, puer, nullo munuscula cultu,
Errantes heredas passim cum baccare tellus
Mixtaque ridenti colocasia fundet acantho
Ipsæ lacte domum referent distenta capellxæ Ubera...
Ipsa tibi blandos fundent cunabula flores,
Que ces riants tableaux de l’état d’une terre féconde d'elle-même ressemblent encore aux peintures poétiques du prophète Isaïe ! C’est lui qui représente les champs déserts qui n'ont jamais senti les pas de l’homme, germant et se couvrant de fleurs : Zætabitur deserta et invi@, et exultabit solitudo et florebit quasi lilium ; germinans germinabit, et exultabit letabunda et laudans. Dans le prophète aussi, les dons charmants de la nature font la gloire et l’ornement de l'Homme-Dieu : Gloria lebani dota est ei, decor carmeli et laron ; ipsi videbunt gloriam domini et decorem Dei nostri.
Virgile dit ensuite que le timide troupeau ne craindra plus le lion superbe :
... Nec magnos metuent armenta leones.
N'est-ce pas l’admirable figure d’Isaïe en quelques mots: Zupus et agnus pascentur simul, leo et bos comedent paleas. Te loup et l'agneau, dit le prophète, vivront dans les mêmes pâturages, le lion inoffensif ne sera plus altéré de sang, il se contentera avec l'animal des champs de l’herbe que lui offrira la terre. Alors donc, 6 enfant du ciel! le fort n'opprimera plus le faible, le puissant orgueilleux ne foulera plus à ses pieds l'humble et le pauvre, les passions déchaînées les unes contre ies autres ne feront plus gémir la nature. Alors la force et la falblesse habiteront paisiblement sous le même toit ; le roi et le berger participeront au même banquet. Heureux le temps où l'enfant à la mamelle pourra s'amuser sur
la caverne de l'aspic, où le repaire du lion ne sera plus un lieu de terreur
et de mort : Delectabitur infans super faramine aspidis ; et in cavernû Ka “# | : . ; Bu | reguli, qui oblactatus fuerit, manum suam mittet. : ve EU | . { . 2 ‘ . ‘ an b | Ici le prophète a ajouté : Æ#f serventi puluis panis ejus : non nocebunt # a q n'{ | jets de luxe
neque occident in monte sancto meo.
Virgile fait mourir le serpent, car c’est encore ce qu’il a vu au commencement des livres saints, que la tête du serpent sera écrasée à la venue de l'enfant merveilleux qu'il chante ; il fait mourir et disparaître l'herbe au venin perfide. N'est-ce pas le funeste fruit qui causa la perte du genre humain ?
PMR Via énnddent aterimamnnusamshéistee.s nd coussins
Mais en
Il ne se plante odc répand pa priété était servé, il n’; peu à peu, Omnis vio erit in con sension Ce] minibus.
Virgile s maitre sur
Il n’y au
R tagé la mis
| terre ne sex
| l'abondanc«
4 vait dispar DR rétat de l'h
n’y aura p que tu n’es éclat, l’œu | Quelep près avoir
l'images pri-
le-mème res- C'est lui qui de l’homme:
4, et exultaet exultabit rmants de la a lebani dota Li el decorem
lion superbe :
Lupus et
p et l'agneau, inoffensif ne amps de l’herfort n'oppris à ses pieds tre ies autres se habiteront ront au même à s'amuser sur jeu de terreur et in cavernû
non nocebunt
u au commensée à la venue araître l'herbe perte du gen-
Occident et serpens, et fallax herba venemi Occidet.....
Mais en tout lieu croîtra l'amour d’Assyrie : .. Assyrium vulgo nascetur amomum
Il ne serait peut-être pas tout à fait déraisonnable de penser que cette plante odoriférante qui des lieux voisins de l’ancien Jardin de délices se répand partout, est quelque souvenir altéré de l'arbre de vie dont la propriété était d'assurer l’immortalité. Comme nous l'avons déjà assez observé, il n'y aura plus de guerre dans l’âge d’or de Virgile, elles cesseront peu à peu, à mesure que l'enfant divin prendra son accroissement. Isaïe : Omnis violenta predatio cum tumultu, et vestimentum mistum sanguine erit in contrestionem et cibus ignis. Il devait bien éteindre toute dissension Celui à la venue duquel tout le ciel s’est écrié: 7x ferr& pax hominibus.
Virgile s'étend de nouveau avec une magnificence digne d’un si grand maître sur les richesses que déploiera la nature rendue à son premier état :
... Omnis feret omnia tellus.
Non rastros patietur humus, non vinea falcem, Robustus quoque jam tauris juga solvet arator.
Il n’y aura donc plus de travail, les animaux qui ont si longtemps partagé la misère de l’homme seront eux-mêmes délivrés du joug pénible, la terre ne sera plus déchirée par le soc de la charrue, tout se reposera, et À l'abondance n’en sera que plus grande. Ce qui était l'effet du péché devait disparaître avec le péché, l'innocence de l’âge d’or devait ramener H'’état de l’homme à cet heureux temps.
Nec varios discet mentiri lana colores ; Ipse sed in pratis aries jam suave rubenti :
Murice, jam croceo mutabit vellera luto ; Sponte sua sandyx pascentes vestiet agnos.
Tout ce qui est mensonge, tous les arts trompeurs cesseront d’être en usage dans un siècle si pur, on n'aura plus besoin d'emprunter leurs secours, la nature qui déjà pourvoie à tous les besoins, fournira elle-même les ob-
jets de luxe, elle-même revêtira l'agneau des plus brillantes couleurs, et il
n’y aura plus rien qui ne soit naturel. Nature, tu es bien aimable, lors-
[que tu n’es pas corrompue, tu n'as plus besoin d’être relevée par un faux féclat, l'œuvre du Tout-Puissant est digne de lui.
Que le poète ñnite bien les vœux et les soupirs des prophètes, lorsqu'a-
près avoir dit toutes ces merveilles, il veut en hâter l'accomplissement et
demande au ciel Ja faveur d'en être témoin, pour les redire encore, potr en faire un hymne éternel, “ Hâte-toi donc, s'écrie-t-il, viens recevoir les honneurs que nous te préparons, 6 enfant divin! toi qui es l'accroissement du Souverain des cieux. Ah ! puissé-je prolonger le cours d'une si longue vie, puissé-je entrevoir l'aurore de ce beau jour qui n'aura point de fin, et conserver assez de force pour en publier la gloire.”
Aggredere o magnos, aderit jam tempus honores,
Cara deûm soboles, magnum Jovis incrementum :
us... nero none sus
Spiritus et, quantum sat erit tua dicere facta !
Cette invocation rappelle bien celle d'Isaïe : Utinam dirumperes cols et decenderes ! Rorate cæœli, desuper, et nubes pluant justum ; aperiatur terra et germinet salvatorem !
Certes, il était bien digne d'être chanté par le premier poète du monde, ce jour de bénédiction et de salut où Dieu montra aux hommes le Verbe éternel, objet d’une si iongue attente ! Il fallait que l’aveuglement païen rendit un hommage à la iumière qu'il ne comprenait pas, il fallait que le génie qui se plaît dans la fiction fit voir à son insu les rayons de la vérité : Dieu fait tout servir à sa gloire ; le Dieu qui force la nature et les éléments à le louer et à publier son nom, force de même les hommes qu’une religion de mensonge rend ennemis de sa gloire et de son culte, à entonner comme malgré eux ses louanges, à faire éclater un enthousiasme dont ils ne se rendaient pas compte à eux-mêmes. De là ce cri universel du paganisme bientôt expirant, mais devant s'éteindre avec tant d'efforts, de là ces chants du poète païen quine pouvait entendre le fond d’un mystère qu'il chantait. Mais tout devait être bientôt éclairci, et nous ne pouvons pas nous lasser d'admirer la conduite de la Providence qui disposera les peuples au règne indestructible du Fils de Dieu, promis dès l’origine du monde, Il est beau de voir la Providence de Dieu ménageant toutes les circonstances et faisant servir tous les événements de manière à amener l'exécution de ses desseins. Il est beau de voir l'univers préparé insen. siblemeut à la venue de son libérateur, de contempler une lumière longtemps réservée aux seuls enfants de la Judée, qui s'étend peu à peu, qui se communique graduellement à toutes les nations, qui enfin se dévoile tout à fait dans la plénitude des temps pour éclairer une terre ensevelie dans des ombres épaisses pendant tant de siècles. O lumière divine! la malice infernale ne pourra plus t'obscurcir, désormais, tu as pour jamais chassé les ténèbres qui, en se dissipant, t'ont rendu un hommage immortel. Poète du paganisme, si le ciel t'avait rappelé à la vie trois siècles
près l'époq loir les hon ler ton tét ans doute t ert de l’er ui ie conn ) Trois sièc ; logue, et « Miles anciens oudre sur œux prosti aint père, !
attribuer épouiller d essein de fe hfin soumis rêcher une dement d ations una jnfondre l’1 le, pour fai nser l'inju jeux que d uguste as pnument s lalors con
ncore, pour en cevoir les honaccroissement une si longue \ point de fin,
umperes cœols nm ; aperiatur
‘te du monde, unes le Verbe lement païen l fallait que le s de la vérité !
t les éléments s qu'une relite, à entonner iasme dont ils iversel du pad'efforts, de là d'un mystère us ne pouvons disposera les ès l’origine du sant toutes les ière à amener réparé Insen.
lumière longpeu à peu, qui fin se dévoile rre ensevelie ère divine ! la
pour jamais hommage imle trois siècles
près l'époque où ta voix retentissait dans le monde, alors tu aurais pu oir les hommes comprenant ce que tu publiais sans le comprendre, invouerton témoignage providentiei et l’imposer à l'esprit du mensonge, alors ans doute tu te serais écrié toi-même : ‘“ Qu'il est grand le Dieu à qui j'ai
ffert de l'encens sans le connaître ; prosternez-vous donc, heureux peuple
ui ie connaissez.” : Trois siècles s'était écoulés en effet depuis que Virgile avait écrit cette blogue, et déjà l'on voyait disparaître jusqu'aux traces de l'erreur, les temles anciens étaient renversts, les dieux de pierre et de bois réduits en oudre sur leurs autels abattus dans la poussière, n'attendaient plus les œux prostitués des mortels. Mais l'esprit infernal, suivant la pensée d’un aint père, ne pouvant plus abaisser l’homme aux pieds d’une vile matière, attribuer le caractère de la divinité à de monstrueux simulacres, voulut épouiller de sa divinité Celui qui la possédait véritablement, et forma le essein de faire fouler aux pieds le Dieu sauveur à qui toute la terre s'était pfin soumise. C'est alors qu'un prêtre indigne, que le misérable Arius osa rêcher une hérésie suggérée par l'enfer, et qu’il s’efforça de saper le premier dement de notre sainte religion. Les peuples furent révoltés, des réclalations unanimes se firent entendre et on assembla un concile général pour jnfondre l’hérésiarque audacieux. Après la déclaration canonique du conle, pour faire une sorte d'amende honorable au Fils de Dieu, pour comnser l’injure faite à la majesté suprême, on crut ne pouvoir rien faire de jeux que de lire l'églogue de Virgile, traduite exprès en vers grecs, dans uguste assemblée de l'Eglise ; on produisit à la honte de l’impiété un >nument si authentique et'si glorieux à la vérité, que le paganisme s’élelalors contre l'erreur et vengea le christianisme.