RÉPONSE
8 La Sacrée Pénitcnccne, après avoir mûrement réfléchi sur cet exposé, a au devoir répondre ainsi quelle répond : l'usage du magnétisme, tel qu'il est. exposé dans ce cas, est illicite.
t Honné à Rome, dans la Sacrée Penitencerie, le ter
juillet iS.fi.
<( C. Card. Castracàne, M. P.
« Ph. Pomella, S. P., secrétaire.
« Vu pour copie conforme à l'original.
« Fribeurg, le 26 juillet 184t.
« Par ordre :
« J. PeruoilAz, secrétaire de i'évéché. »
Cette réponse est, je crois, facile à comprendre, claire et précise* Comment donc peut-on en inférer que le magnétisme ait été condamné comme chose illicite? Ce jugement n'est-il pas, au con-
traire, tout en notre faveur? Les mots est illicite ne sont-ils pas précédés sagement de ceux-ci : tel qu'il est exposé dans ce cas ? Or, si l'exposé est erroné, si les assertions qu'il contient sont fausses, si son auteur a été trompé par des gens intéressés à la prohibition du magnétisme, ou s'il s'est exagéré lui-même d'une façon étrange les facultés des somnambules magnétiques, n'est-il pas évident que la décision ne porte aucune condamnation : Si tel est un fripon^ qu'on le pende! mais s'il est honnête homme, qu'il reste en paix ! C'est clair. Examinons donc l'exposé de monseigneur l'évêque de Fribourg, et, sans oublier le respect que nous devons au sacré caractère de ce prélat, réduisons a leur juste valeur les prétentions qui s'y trou~ vent énoncées,
Il est dit :
« Une personne magnétisée, laquelle est ordinairement du sexe féminin, entre dans un tel état de sommeil ou d'assoupissement, appelé somnambulisme magnétique, que ni le plus grand bruit fait à ses oreilles, ni la violence du fer ou du feu ne sauraient Ten tirer. »
Il y a, en effet, beaucoup plus de femmes que d'hommes qui arrivent à l'état de somnambulisme magnétique, et, dans mon Traité du Magnétisme, j ' ai di t pourquoi. Cependant, nous avons un trèsgrand nombre de sujets du sexe mascuculin, et la plupart des somnambules connus pour expérimenter publiquement à Paris sont des jeunes hommes apparemment peu efféminés. Tous les somnambules ne sont point capables de résister aux secousses, aux tortures dont on parle.
Je suis même convaincu, par expérience, que lorsque le magnétiseur n'a pas agi exprès, la plupart des magnétisés sont vivement affectés de tout ce qui doit occasioner la douleur, la fatigue, l'ennui.
« Le magnétiseur seul, qui a obtenu son consentement (car le consentement est nécessaire), la fait tomber dans cette espèce d'extase, soit par des attouchements et des gesticulations en divers sens, s'il est auprès d'elle, soit par un simple commandement intérieur, s'il en est éloigné même de plusieurs lieues. »
Le consentement n'est pas toujours nécessaire. J'ai magnétisé un grand nombre d incrédules qui me mettaient au défi, et qui opposaient leur volonté à la mienne, alors que, dans mes cours, je cherchais à prouver l'existence de l'agent magnétogène. — Je n'ai jamais connu un seul ma-
gnétiseur capable de faire tomber en extase une personne quelconque, en agissant sur elle, à distance, pour la première fois. Ce fait a été observé relativement;* des personnes déjà en rapport sympathique; mais je ne pense pas qu'il y ait jamais eu un seul exemple d'extase obtenue parla magnétisation a distance d'un individu sur un autre qui lui était inconnu.
« Alors, interrogée de vive voix ou mentalement sur sa maladie et sur celles de personnes absentes qui lui sont absolument inconnues, cette magnétisée, notoirement ignorante, se trouve à 1 instant douée d'une science bien supérieure à celle des médecins : elle donne des descriptions anatomiques d'une parfaite exactitude: elle indique le siège, la cause, la nature des maladies internes du corps humain les plus difficiles k saisir et à caractériser, elle
en détaille les progrès, les variations et les complications, le tout dans les termes propres; souvent elle en prédit la durée précise, et en prescrit les remèdes les plus simples et les plus efficaces. »
Les somnambules n'ont point une science que l'on puisse comparer à celle des médecins. Chez ceux-ci, la science est acquise par l'étude; chez ceux-là, elle résulte de facultés inhérentes à la nature humaine, mais qui ne se manifestent que dans certains états anomaux où l'on rencontre des variations, des différences sensibles. Les somnambules qui donnent des descriptions anatomiques (car tous n'en sont pas capables) ne font cependant qu'une chose toute naturelle, par la combinaison de deux facultés : la sensation des douleurs, et la vision des organes intérieurs. Il n'est pas exact de dire
que les somnambules emploient les termes propres, les mots techniques. Us ne se servent, au contraire, que des expressions qu'ils connaissent; les somnambules n'ont point la science infuse : seulement ils jouissent (Tune-immense extension des facultés de l'état de veille. Quant à la prédiction de la durée de la maladie, il n'y a là rien d'étonnant : c est un pronostic que portent les somnambules comme le font les médecins. Ils connaissent les symptômes, le siège, la nature, la marche, le degré, la cause de la maladie, ils pressentent l'effet des remèdes, et ils établissent d'après cela un calcul qui, d'ailleurs, se trouve toujours en défaut lorsque les conditions sont changées, ou que le malade vient à être surpris par un accident quelconque.
a Si la personne pour laquelle on consulte la magnétisée est présente, le magnétiseur la met en rapport avec celle-ci par le contact. Est-elle absente, une boucle de ses cheveux la remplace et suffit. »
Cela est vrai : une boucle de ses cheveux la remplace et suffît, pour un somnambule lucide. MM. les magistrats de Bressuire et de Niort ont cependant décidé que cela ne se pouvait pas ; et ils m'ont condamné à la prison et àl'amende, parce qu'il leur répugne d'admettre ce fait acquis à la science.
« Aussitôt que cette boucle de cheveux estseu* lement approchée contre la main delà magnétisée, celle-ci dit ce que c'est sans y regarder, de qui sont ces cheveux, où est actuellement la personne de qui ils viennent, ce qu'elle fait; et sur sa maladie elle donne tous les renseignements
énoncés ci-dessus, et cela avec autant d'exactitude que si elle faisait l'autopsie du corps. »
On rencontre, en effet, quelques som* nambules ayant toutes ces capacités; mais c'est le plus petit nombre. Ce serait une grande erreur de croire que tous puissent donner de tels renseignements.
Les facultés des somnambules, de même que celles de l'homme normal, sont relatives, et ordinairement spéciales; ainsi, les gens qui veulent exiger que le premier venu des suje ts magnétisés présente, a leur volonté, tous les différents ordres de phénomènes, sont tout aussi peu raisonnables que le serait une personne exigeant une tragédie en vers de quelqu'un étranger a la littérature. Il est pénible d'entendre les raisonnements qu'établissent, sur le magnétisme et ses effets, une
foule de personnes, d'ailleurs instruites et honorables , qui , sans avoir étudié l'état particulier qui résulte de la magnélogénie , l'assimilent à l'état de veille, et, partant, tombent, de sophisme en sophisme, dans des conclusions conséquentes de leurs prémisses, et également erronées.
« Enfin, la magnétisée ne voit pas par les yeux. On peut les lui hander et elle lira quoi que ce soit, même sans savoir lire, un livre qu'on aura placé ouvert ou fermé, soit sur sa télé, soit sur son ventre. »
Les somnambules les plus clairvoyants déclarent eux-mêmes qu'ils voient, les uns par les yeux, malgré leur occlusion ou les corps opaques qui leur sont opposés; les autres par tel ou tel point du système perveux.
— SS- II est bon de remarquer ici que certains malades, n'ayant jamais été magnétisés, présentent les mêmes faits de vision et d'afFectibilité. Un somnambule peut donc, en effet, lire malgré l'occlusion des yeux. Mais je nie positivement qu'il soit capable de lire s'il n'a jamais connu ses lettres. Il est probable qu'un fait de compréhension de la pensée d'autrui, de la part d'un somnambule mal observé, a donné lieu a l'erreur. Je ne dis pas toutefois qu'une personne inspirée de la divinité ne puisse offrir ce miracle; mais alors, il ne faut pas>confondre son état avec celui qui résulte proprement delà magnétisation. A Dieu, tout est possible; l'homme ne saurait franchir toutes les barrières.
« C'est aussi de celte région que semblent sortir ses paroles, n
Si monseigneur l'évêque de Fribourg eût examiné plusieurs somnambules, il ne se fût point exprimé ainsi. Le hasard a pu faire que celle qu'il a observée ou qu'on lui a citée ait ventriloque (beaucoup de gens se sont exercés a la ventriloquie et sont parvenus à amuser ainsi les petits enfants) 5 mais ce n'est pas un motif suffisant d'établir que les somnambules parlent du ventre. Tous ceux que j'ai connus, tous ceux que je vois journellement parlent sans façon, comme des personnes ordinaires. J'en ai bien vu dont le timbre de voix, la netteté de l'articulation, la vigueur d'expression, l'accentuation même, présentaient des différences remarquables de l'état normal, mais voila tout.
a Tirée de cet état, soit par un commandement même intérieur du magnétiseur, soit
comme spontanément à l'instant annoncé par elle, elle paraît complètement ignorer tout ce qui lui est arrivé pendant l'accès, quelque long qu'il ait été : ce qu'on lui a demandé, ce qu'elle a répondu, ce qu'elle a souffert, rien de tout cela n'a laissé aucune idée dans son intelligence, ni dans sa mémoire la moindre trace. »
Cela se rencontre également chez la plupart des songeurs non magnétisés.
Néanmoins, quelques sujets se rappellent parfaitement une ou plusieurs de leurs impressions, quelquefois même ils n'oublient absolument rien. Tel un homme rêvant ou songeant de choses diverses, qui, au retour à l'état de veille, conserve un souvenir plus ou moins complet de tout ce qui la affecté durant laccès.
« C'est pourquoi l'exposant, voyant de si fortes raisons de douter que de tels effets, pro-
duits par une cause occasionelle manifestement si peu proportionnée, soient purement naturels. »
Si monseigneur l'évêque de Fribourg eût été instruit du magnétisme par une personne capable de lui fournir les comparaisons que j'établis entre les individus magnétisés et les malades qui, sans autre cause occasionelle que l'état nerveux dans lequel ils se trouvent accidentellement, présentent exactement les mêmes faits, il est probable que sa conscience ne se fut point émue à l'aspect de tels phénomènes ; il eût compris que la cause occasionelle qu'il croit être manifestement si peu proportionnée} est évidemment très-proportionnée, et qu'il n'est pas plus étrange de voir tomber en songe quelqu'un qui a été magnétisé, que
de voir arriver à cet état une personne qui aura pris de l'opium, flairé de la belladone , etc. Il eût compris surtout que rien au monde n'est plus naturel que ces phénomènes, quelque rares qu'ils soient pour le vulgaire, attendu qu'ils sont la conséquence forcée de l'état même où a été mis celui qui les présente, soit par la magnétisation, soit par les frictions, soit enfin par toute autre cause. Certes, riiomme qui ignorerait l'action des narcotiques sur l'organisme, serait tout aussi étonné des effets qui en résultent, que Monseigneur a pu l'être de ceux que produit le magnétisme; mais, pour cela, il ne saurait être admis à prétendre que ces effets sont surnaturels.
« Supplie très-instamment Votre Eminence de vouloir bien, dans sa sagesse, décider, pour la plus grande gloire de Dieu, et pour le plus
grand avantage des âmes si chèrement rachetées par notre Seigneur Jésus-Christ, si, supposé la vérité des faits énoncés, un confesseur ou un curé peut, sans danger, permettre à ses pénitents ou à ses paroissiens :
« 1° D'exercer le magnétisme animal ainsi caractérisé, comme s'il était un art auxiliaire et supplémentaire de la médecine. »
Remarquez, je vous prie, mon cher abbé, la prudence de Monseigneur. Il n'affirme pas que tout le récit qu'il vient tle faire soit exact; et il pose sagement une louable restriction : Si, supposé la vérité des faits énoncés y dit-il; ce qui prouve bien que Monseigneur n'est pas convaincu de la réalité de ces faits. Monseigneur ajoute , en parlant de l'exercice du magnétisme : ainsi caractérisé, C; 'est la un correctif, un conditionnel, si l'on veut, auquel, en général, onn'a point fait assez
attention, el que cependant Monseigneur n'a pas jeté inutilement; car cet ainsi caractérisé vient incideutellemcnt dans la demande, corne le corollaire de si, suppose la vérité de s fait s énoncés.
« 2° De consentir à être plongés dans cet état de somnambulisme magnétique-,
« 3° De consulter, soit pour eux-mêmes, soit pour d'autres, les personnes ainsi magnétisées ;
a 4° De faire Tune de ces trois choses, avec la précaution préalable de renoncer formellement dans leur cœur à tout pacte diabolique, explicite ou implicite, et même à toute intervention satanique, vu que, nonobstant cela, quelques personnes ont obtenu du magnétisme ou les mêmes effets ou du moins quelquesuns. »
Les doutes de Monseigneur ne doivent point, certes, blesser les magnétisles.
Dans toutes les sciences nouvelles, lorsqu'un missionnaire du Christ n'est pas encore a même d'apprécier à leur juste valeur des faits qui lui semblent appartenir à un ordre hyperphysique, il est prudent à lui d'en référer aux conseils supérieurs ; car il doit craindre que le surnaturel ne vienne jeter ses ouailles dans les ténèbres extérieures; cependant, quand, après avoir examiné soi-même un phénomène dont on peut voir la reproduction tous les jours, à toutes les heures, Sur différents individus, de diverses religions, de croyances opposées, d'opinions contraires, on arrive à comprendre qu'il ne sort pas de l'ordre naturel, il résulte de là une sécurité parfaite à l'endroit de ce phénomène, de ses conséquences et des explications qu'on en donne. Si je devais traiter cette grave question avec
tout le soin qu'elle nécessiterait, ou, du moins, avec toutes les considérations dont il me semble que je pourrais l'entourer, j'ose croire que les doutes de Monseigneur s'effaceraient bien vite de son esprit, et qui1 unirait ses vœux aux miens pour le triomphe d'une cause intéressant si puissamment l'humanité tout entière; mais le cadre restreint d'une lettre déjà longue ne me permet pas d écrire un volume à l'occasion dune seule phrase. Toutefois, je ferai respectueusement observer à Monseigneur que nous ne connaissons point encore les bornes de la nature, et qu'il faudrait savoir la circonscription de son domaine pour juger si un fait, apparemment en dehors des lois acceptées, appartient à son champ ou a Tordre surnaturel. Et d'abord, il importerait de s'entendre sur la valeur du
mot surnaturel^ qui, jusqu'à ce jour, n'a pas été convenablement établie.
Il est écrit : « Tout royaume divisé contre lui-même sera ruiné, et toute ville ou maison qui est divisée contre elle-même ne pourra subsister. » Ces divines paroles ne doivent-elles pas rassurer les personnes bien intentionnées qui pratiquent le magnétisme dans le but de servir Dieu et l'humanité?... Si un chrétien, soigneux du salut de son âme, déclare fermement renoncer d'avance à tout pacte diabolique explicite ou implicite; s'il répudie d'une façon formelle toute intervention satanique dans ses opérations, et que néanmoins il obtienne des résultats utiles, n'est-il pas clair que le diable n'est pour rien dans l'affaire, et qu'il faut plu tôt en reporter la gloire àl'Etre-Suprême, qui nous permet d'accomplir de telles œuvres ?
il est encore écrit : « Ou dites que t arbre est bon, et que le fruit est bon aussi : ou dites que V arbre étant mauvais, le fruit aussi en est mauvais; car c est par le fruit qu'on connaît l'arbre.» Or, si les effets résultant ordinairement des applications magnétiques sont bons, c'est-à-dire s'ils tendent au bonheur de nos frères, tant sous le rapport matériel que sous le rapport moral, n'est-il pas, par cela, démontré que le principe de ces effets ne saurait être mauvais, puisque ces effets mêmes sont bons?
Au surplus^, la décision de la sacrée pénitencerie, quelque respectable qu'elle soit, n'est point souveraine, irrévocable ; car, comme l'a dit si religieusement un théologien d'un esprit éclairé:
a Aux yeux du catholique le plus rigide en sa foi , l'autorité infaillible de
l'Église n'apparaît dans les décisions du Saint-Siège que lorsque le Pontife suprême, du haut de la chaire de saint Pierre, s'adressant a l'univers catholique, urbi et orbi, prend l'initiative d'une proposition que l'Église universelle accueille avec respect, mais qui, aux yeux du gallican, n'acquiert toute sa puissance que lorsqu'elle est sanctionnée par les diverses églises de la catholicité.
o En dehors de ces formes solennelles, les décisions rendues par les divers conseils qui assistent la papauté, quelque respectables qu'elles soient d'ailleurs, peuvent être sujettes à l'erreur, et sont par là même révocables.
« L'histoire nous fournit plus d'un exemple de ces mémorables erreurs, et pour n'en citer qu'un des plus éclatants^ la congrégation du Saint-Office déclara
à plusieurs reprises hérétique et contraire
aux saiti les Ecritures l'opinion des astronomes sur le mouvement de la terre!...
<( Quant aux décisions de la sacrée pénitencerie, dont le caractère nous intéresse ici spécialement, il est de règle, dans TÉglise catholique, que ces décisions n'obligent que la personne qui les a sollicitées; qu'elles ne l'obligent même que dans le for intérieur de sa conscience; que pour tout autre membre de l'Eglise elles sont comme non avenues, etc.»
Vous voyez donc a présent, mon cher abbé, que le magnétisme, tel qu'il est, n'est point déclaré illicite; et que, conséquemment, il n'est point prohibé. Voulez-vous maintenant la preuve qu'il est permis, autorisé par le même tribunal?
La voici :
« Demande :
« L'exposant supplie votre éminence, autant pour l'instruction et la direction de sa conscience que pour la direction des âmes, de daigner lui apprendre s'il est licite que des pénitents puissent être participants aux opérations du magnétisme, etc. »
« Réponse :
« Que l'exposant consulte les auteurs approuvés, en ne perdant pas de vue que tout sortilège, invocation explicite ou implicite du démon étant repoussés, le pur acte d'employer des remèdes physiques, d'ailleurs permis, n'est pas moralement défendu, pourvu qu'il ne tende point à une fin illicite ou mauvaise en quelque manière que ce soit. Quant à l'application des principes et moyens purement physiques aux choses et aux effets vraiment surnaturels, pour les expliquer physiquement, ce n'est qu'une déception tout-à-fait illicite et hérétique. »
D'après cela, tant qu'on repousse le sortilège et l'œuvre du démon, tant qu'il n y a rien d'illicite ou de mauvais dans la fin qu'on se propose, tant qu'on n'applique pas les principes et moyens purement physiques aux choses et aux eiïets vraiment surnaturels, pour les expliquer physiquement, les opérations auxquelles on se livre ne sont pas moralement défendues. Or, vous le savez, mon cher abbé, nous ne magnétisons que dans le but d'opérer le plus de bien possible en faveur de nos frères en Jésus-Christ, et de tous les hommes en dehors de la chrétienté, que la charité nous fait un devoir de secourir; nous répudions tout sortilège; il n'y a rien de satanique dans les moyens que nous employons ; nous ne cherchons point h appliquer des principes et moyens purement physiques aux
choses et aux effets vraiment surnaturels , pour les expliquer physiquement ; donc, l'usage du magnétisme est permis, accepté, autorisé.
Je crois, mon cher abbé, que je ne m'écarte pas de la logique, et que je n'emploie le sophisme en aucune façon pour arriver à une conclusion favorable à mes vues. Relisez ma lettre, méditezla, et j'espère qu'après cela, si vous ne reprenez vous-même l'exercice d'une science par laquelle vous avez rendu tant de services, vous ne ferez rien, du moins, pour priver de son secours les pauvres malades abandonnés de la médecine classique.
Daignez agréer, etc.