BouRMONT A Berthier
Bourmonl, le futui' maréchal de France cl ministre de la guerre, était alors adjudtuit commandant et tout le monde Taisait l'éloge de l'ancien chouan : Labaume assure que son grand mérite seul égale sa rare modestie ; Griois juge son cai'actère doux, ses manières aimables et sa conversation agréable ; Castellane le regarde comme très brave, spirituel et distingué. Il occupait, au moment où commença la retraite, le château du prince Galitzine, Maloviasma, sur la route de Moscou à Mojaïsk, où il y avait un relai d'estafettes et une garnison composée de deux régiments de chevau-légers bavarois et de deux bataillons du régiment Joseph-Napoléon. La lettre de Bourmonl à Berthier est tout à fait d'accord avec leJourna/ de Castellane: le chef d'escadron Gastellanea vu justement, le 21 octobre, au château Galitzine, et Bourmonl et l'auditeur Le Chapelier, cl il donne des détails sur la « forte reconnaissance » envoyée par Bourmont pour dégager un convoi sur lequel les Cosaques avaient fait un hourra.
Au château de Galitzine, 21 octobre 18 j 2.
Monseig-neur, suivant l'ordre que V. A. m'en a donné le 19, j'ai poussé hier une reconnaissance jusqu'à Cliarapovo et j'attends l'arrivée de l'estafette pour la diriger par cette route avec une escorte de loO
hommes que commandera M. de Longuerue, aide-decamp de M. le général comte de Lauriston, placé ici pour ce service.
Je fais partir ce matin, conformément à l'ordre que j'en ai reçu hier au soir de V. A., 100 chevaux bavarois pour Koubinskoïé et, à moins d'ordre contraire, je porterai demain sur ce point les troupes que j'aurai encore à ma disposition au château Galitzine.
V. A. me fera connaître, s'il lui plaît, le lieu où je devrai me porter en évacuant Koubinskoïé le 24, ainsi que le prescrit l'ordre de l'Empereur.
Des détachements, envoyés hier jusque sur la Moskova vers Zvénigorod et jusqu'à deux lieues vers Moja'isk et Moscou, nontpoint vu d'ennemis.
j\I. Le Chapelier, auditeur au Conseil d'Etat, porteur du portefeuille, ainsi que plusieurs courriers escortés par 120 hommes de la garde, étaient arrivés à trois lieues de Moscou ; ils y ont rencontré des Cosaques et ont fait leur retraite sur le château Galitzine où ils sont arrivés hier au soir sans avoir perdu un homme ni une voiture ; je pense qu'ils profiteront du passage de l'estafette afin d'avoir une escorte plus nombreuse.
On m'a rapporté qu'environ 400 hommes escortant des prisonniers avaient été attaqués près de Moscou et n'en continuaient pas moins leur marche : un détache ment de chevau-légers est allé hier au soir d'ici jusqu'à Jaskino sans en avoir de nouvelles ; je viens de diriger une forte reconnaissance sur ce point.
Les 80 caissons venant de Moscou sont partis d'ici hier au soir avec cent attelages et un bataillon westphalien que le duc d'Abrantès avait en^ oyé pour les prendre.
L'adjudant commandant,