Mortier a Berthier
Mortier, resté à Moscou, annonce qu'il diffère jusqu'au 23 l'explosion du Kremlin (ou, comme il écrit, du Krelm) et qu'il continue à évacuer les blessés ; mais déjà les Russes se montrent dans les quartiers éloignés; ils font des prisonniers; on voit des paysans en armes.
Moscou, 2 1 octoLre 1812.
Le colonel Deschanips a ce malin deux détachements sur la route de Desna. J'ignorais qu'il dût entrer en communication avec le général Colbert, ^'ot^e Altesse ne m'en ayant rien dit.
Les tours sont déjà chargées et l'explosion devait avoir lieu ce soir à 10 heures, ccmme je vous l'ai mandé ce matin. Je vais dilTérer cette opération jusqu'au 23 à minuit.
Je réglerai mes journées de m^arche sur jMojaïsk
comme vous me le prescrivez. La batterie d'artillerie
légère qui était avec le bataillon de la Vistule, a été
j dirigée sur l'armée par ordre du général Sorbier
d'après le rapport que vient de me faire le major
i commandant ce bataillon.
Mes patrouilles ont rencontré plusieurs troupes françaises des 1", 3*^ et 4^ corps et je crains qu'il n'en
reste à Moscou. Dans l'aflaire que j'ai eue hier sur la route de Saint-Pétersbourg, j'ai perdu deux hommes tués. Trois officiers ont été blessés. L'ennemi a eu de son côté un officier et trois Cosaques tués, cinq chevaux et plusieurs blessés.
Quelques Italiens, Polonais et Français ont été pris dans différents quartiers. On continue sans relâche sur ^lojaïslv l'évacuation des blessés.
Les paysans armés commencent à agir ; j'ai dû en faire fusiller j)lusieurs.