‹ Lettres de 1812Chapitre 60 sur 98 · Jlnot a Berthier · texte numérisé non relu

Jlnot a Berthier

Le duc d'Abrantès retrace dans cette lettre la diminution de plus en plus croissante et inconcevable de son 8® coi'ps ; la plus grande partie de ses hommes sont morts de froid !

i6 novembre i8ij.

Monseigneur, je reçois les ordres de V. A. : ils seront exécutés. J'irai demain à DoubroYna quoique je ne doive partir qu'à l'arrivée de la garde impériale. J'ai donné des ordres pour que toutes les voitures qui seraient encore de l'autre côté du défilé le passent demain à la pointe du jour ; c'est, je crois, Monseigneur, le passage le plus difficile que nous ayons encore trouvé.

V. A. m'écrivait hier que S. M. l'Empereur ne pouvait pas concevoir comment j'avais si peu de troupes puisque j'avais toute mon infanterie et ma cavalerie. Je n'ai. Monseigneur, aucun détachement que 100 hommes avec l'artillerie qui sont déjà diminués d'un tiers, et le reste de rues vingt bataillons ne fait pas aujourd'hui 530 hommes. Beaucoup de ceux qui manquent, sont sans doute en arrière. Mais la plus grande partie sont morts de froid. Lorsqu'ils sont au

bivouac, ils s'endorment auprès du feu et, comme aucun d'eux ne veille pour l'entretenir, ils sont saisis par le froid, et rarement ils passent vingt-quatre heures sans mourir ; ils perdent l'usage de tous leurs membres. Il est cependant inconcevable même pour moi qui les ai vus tous les jours, comment la perte du 8^ corps a été aussi considérable depuis Moja'isk.

Page 1