Rapport de Mortier sur Krasnoi
Mortier retrace à Berthier dans ce rapport ce qu'il a fait avec la jeune garde à Krasnoi, dans cette affaire du 17 novembi'e où un de nos généraux croyait que c'en était fait de l'armée française et qu'il n'y avait plus pour elle d'issue possible. Le duc de Trévise déclare que les troupes ont souffert le feu des batteries russes avec un calme admirable, et Roguet dit également que les canons ennemis faisaient de larges brèches dans les rangs de la jeune garde qui reçut la mort pendant trois heures sans faire un mouvement pour l'éviter et sans pouvoir la rendre. Mais Mortier ajoute que la journée a été extrêmement meurtrière, que le 3^ régiment de grenadiers — il se composait de Hollandais vêtus de blanc — a été presque entièrement détruit, que son corps débordé a dû reculer en désordre. Mortier avait toutefois, comme l'écrit Roguet, fait au delà du possible. Les chefs de l'armée française, témoigne Dedem de Gelder, sauvèrent l'honneur et ils déployèrent une énergie, une valeur qui, seules, suffiraient à faire vivre leurs noms dans l'histoire.
Liady, 17 novembre 1813.
Monseigneur, ainsi que j'ai eu Ihonneur d'en rendre compte à V. A. S., la journée d'aujourd'hui en avant de Krasnoi a été extrêmement meurtrière pour mes troupes qui ont souffert avec un calme admirable