La Prise de Minsk
Après Taffaire de Krasnoï, Napoléon s'est porté par Liady, Doubrovna et Orcha vers la Bérésina, qu'il veut passer au pont de Borissov. Mais Tchitchagov le prévient ; il laisse Sacken pour contenir Schwarzenberg et pousse sur Minsk et de là sur Borissov.
Il y avait à Minsk une garnison de 3.500 hommes, Polonais et Français, commandée par Nicolas d'Oppeln, comte Bronikowski, général de brigade depuis le ISfévrier 1810, un Polonais, dit le major hollandais Everts, « qui portait un nom difficile à prononcer, que j'ai oublié, et dont je n'ai jamais pu lire la signature ».
Bronikowski essaya d'imposer à l'ennemi qui s'approchait. Il envoya le général polonais Kossecki (1) avec 2.300 hommes d'infanterie et 300 chevaux à Novy-Sverjen sur le Niémen. Mais, le 13 novembre, le comte de Lambert qui commandait l'avant-garde de Tchitchagov, battit Kossecki, le dispersa, lui sabra beaucoup de monde et lui fit près de mille prisonniers (2).
Kossecki n'eut pas même le temps de détruire le pont de Novy-Sverjen, et le surlendemain, 15 novembre, il es-
(i) Et non Kozinski, comme on lit partout. Cf. fur Kossecki (Xavier\ adjudant commandant et chef d'état-major de Zayonchek, puis général de brigade en juin i8ia, l'étude d'.^.. Martimsh sur Les généraux du grandduché de Varsovie, p. ig.
(a) Lasgibon, Mém., p. a/i.
suya un nouvel et lenible échec à Koidonov. Il avait deux bataillons du 22* régiment litliuanien et un bataillon français : les deux bataillons lithuaniens, se voyant cernés, se couchèrent à plat ventre et il fut impossible de les faire lever. Kossecki regagna Minsk presque seul, avec une centaine de cavaliers (i).
Bronikowski n'avait plus que 800 hommes et pas une pièce de canon. Le général Dombrowski vint, ce jour-là, 15 novembre, à ^Nlinsk pour juger de l'état des choses. Il n'avait lui-même que 2.000 hommes ei 200 chevaux, et il déclara que Bronikowski n'avait qu'à quitter Minsk et à venir avec lui à quelques lieues de là, à Smelovitchi. Sur quoi, le 16, Bronikowski abandonna Minsk et vint à Smelovitchi, puis à Borissov.
Dans les trois lettres suivantes, datées, la première de Minsk, la deuxième, de Smelovitchi, et la troisième de Borissov, le général Bronikowski raconte ses déboires à Berthier et tâche de convaincre le major général qu'il a fait son devoir, qu'il a tenu autant que possible, qu'il voulait s'enfermer dans ]\Iinsk et s'y défendre jusqu'à la dernièi'e e-strémité, mais que Dombrowski a refusé de Je secourir, qu'il a dû se replier sur Borissov, et que là, il couvre le pont. « Le gouverneur de Minsk, écrit Ségur, avait été choisi négligemment ; c'était, dit-on, un de ces hommes qui se chargent de tout, qui répondent de tout et qui manquent de tout. »
(i) Cf. outre les Mém. de L\.ig«»ox, Fais, ii, p. aCf), Bogdanovitgh, m, p. aaS et Ben.nigbbk, Mém,, trad. Cizalas, m, p. lOi.