Le procès du maréchal Nev
A la lin de 1815, le maréchal Ney fut jugé par la Chambre des pairs que présidait le chancelier de France. Bellart, procureur général à la Cour royale de Paris, était commissaire du roi. Deux avocats, Dupin et Berrver père, défendaient Nej.
Voici quelques dépositions faites au procès, les moins connues, importantes cependant, et nous les donnons complètes, non écourtées et résumées comme elles parurent alors dans les journaux et les recueils de Méjan et de Delanoë. Toutes prouvent que, dans la nuit du 13 au 14 mars, Ney a été, comme il dit, sous la tempête. Le voilà seul, abandonné de ses lieutenants, deBourmont et de Lecourbe qui lui refusent les conseils et l'appui moral qu'il sollicite. Le voilà livré aux émissaires de l'Empereur, circonvenu, ainsi qu'il s'exprime, par des oillciers de la garde qui lui assurent que l'Autriche s'entend avec xXapoléon, qu'il sera responsable de l'elTusion du sang français, qu'il ne doit pas attirer la guerre civile sur la malheureuse France, et que tout est arrangé, convenu d'avance. Il a reçu une lettre de Bertrand qui s'attache à lever toutes les cbjections, à dissiper tous les scrupules ; il a reçu un ordre de marche et un billet de Napoléon qui le prie d'exécuter cet ordre, de venir à Chalon où il sera accueilli par son Empereur, comme au lendemain de la Moskova. Il a de plus en j)lus la certitude qu'il ne pourra— tels sont SCS propres ternies — faire marcher ses troupes. C'en est
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fait. Il accepte la proclamation toute rédigée, toute imprimée que Napoléon lui envoie, et le 14, à 10 heures 1/2 du matin, il va la lire aux soldats. Selon le mot de son aide de camp, Glouet, la facilité de son esprit à recevoir des impressions vives et promptes explique sa conduite.