‹ Lettres de 1815Chapitre 74 sur 82 · MONMER AU DUC DE FeLTRE · texte numérisé non relu

MONMER AU DUC DE FeLTRE

l.e général Monnier, celui qui avait défendu AncAue, fut un des principaux lieutenants du duc d'An{^ouléme et le 3 avril, à la tête de l'avant-garde, il vint occuper Romans tandis que le duc entrait à Valence. Dans cette lettre au duc de Feltre, ministre de la guerre, il retrace ce qu'il fît alors et demande, bien qu'il soit à la retraite, d'être remis en activité.

Monseigneur, j'étais em demi-solde dans la 8^ division militaire à Avignon, lorsque Son Altesse Royale, Monseigneur duc d'Angoulême, parut dans le Midi et voulut organiser une armée contre l'usurpateur. Son Altesse me donna un ordre de commandement le 19 mars. J'eus l'honneur de vous en adresser copie. Ma lettre, arrivée à Paris, ne vous trouva plus au ministère. Dans peu de jours j'organisai les gardes nationales en bataillons de marche, que je réunis à La Palud. Je marchai sur Montélimar, où nos avantpostes avaient été attaqués; l'armée s'organisa, et Monseigneur me chargea du commandement de la lieutenance d'avant-garde. J'ai dirigé sous ses yeux, à sa satisfaction et avec un plein succès, les affaires de Loriol, du Pont de la Drôme, de Livron et de l'Itère.

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Le résultat fut de SOO prisonniers et la prise de l'artillerie des rebelles (ces faits sont consignés dans un ordre du jour publié par ordre de Son Altesse). L'armée royale était pleine de zèle et de courag^e ; elle avait obtenu un succès qui, indubitablement, nous aurait amenés à Lyon, lorsque l'insurrection se manifesta sur nos derrières. Il en résulta une convention (jui renvoyait chacun dans ses foyers avec la garantie de n'être point inquiété pour tout ce qui avait été dit et fait jusqu'alors. Cette convention fut violée par les agents de l'usurpateur dans la personne du prince, et bientôt par l'usurpateur lui-même, envers les chefs de cette ai'mée. Je fus, dans le même moment, mandé à Paris, pour rendre compte de ma conduite, considéré comme auteur de la guerre civile et. en cas de désobéissance, poursuivi et puni comme tel. destitué, mis sous la surveillance de la haute police et mes biens sé{|uestrés. J'ai gémi dans cette triste situatioji jusqu'à la chute de l'usurpateur.

Je prie Votre Excellence de considérer combien il m'est douloureux de me voir mettre en retraite et privé de servir le Roi, pour lequel j'ai tout sacrifié en lui restant iidèle et combattant pour sa cause dans une crise des plus extraordinaires, qui doit garantir à jamais mon dévouement et ma franche loyauté.

Le jour que Sa Majesté ma admis en audience particulière et qu'elle a eu la bonté de me donner dos marques de sa satisfaction. File ma promi-^ de me

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conserver en activité. Je vous supplie, Monseigneur, de vouloir bien m'utiliser pour le service du Roi, dans les fonctions que vous trouverez convenables.

Agréez, Monseigneur, l'hommage de mon respect.

l.r lioulciianl çiénéral pair Je Franrr,

comte MoNMF.fî.

Faris, le a 2 octobre iSiâ.

Rue Grenello Saint-Germain, n" atl.

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