‹ Lettres de 1815Chapitre 75 sur 82 · Le général Gorbineau · texte numérisé non relu

Le général Gorbineau

Le général de division Juvénal Gorbineau (cf. sur lui l'étude de H. de Wissocq, Trois soldats) avait repris auprès de Napoléon ses fonctions d'aide de camp et il accompag^na Grouchy dans l'expédition du Midi, il alla remplacer Delaborde à Angers avant l'arrivée de Lamarque, il était à Waterloo aux côtés de Napoléon. Voici comment la commission d'examen apprécia dans sa séance du 23 décembre 1815 le rôle qu'il avait joué durant les Cent Jours.

Rien, dans le dossier de M. le général Gorbineau. n'indique qu'il était en activité de service le 1«^' mars dernier.

On pense donc qu'il était en demi-solde retiré à Paris, lieu de son domicile habituel. Ayant repris en mars ses fonctions d'aide de camp de l'usurpateur, il fut envoyé en mission à Lyon, où on le voit figurer dans un rapport fait par le général Grouchy au maréchal Davout, le 7 avril, comme s'occupant particulièrement des mesures de police et des arrestations des I)ersonnes suspectes,

11 est de notoriété publique qu'il était avec le général Grouchy, lorsque ce dernier fit arrêter S. A. R,

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Mg le duc d'Angoulême, contre la foi du traité ; aussi est-il cité au Moniteur du 19 avril, comme ayant reçu des témoignages de satisfaction de l'usurpateur pour avoir terminé la guerre du Midi.

On le voit ensuite indiqué sur la feuille du 7 mai comme accompagnant Bonaparte en qualité d'aide de camp.

Il y a lieu de croire qu'il a suivi l'usurpateur pendant sa courte campagne de Waterloo, et qu'étant rentré en même temps que lui, il est demeuré sans commandement, lors de sa fuite ; car on trouve, dans son dossier, une lettre du 1'''' juillet par laquelle la Commission du gouvernement invite le maréchal Davout à donner un emploi à cet oiïicier général. Après le mouvement de l'armée sur la Loire, il est resté à Paris, chargé avec MM. Turreau et Grundler de l'exécution de la capitulation du 3 juillet, et, depuis, s'est borné à revendiquer son titre de commandant du 2® corps de cavalerie, dans le cas où il serait proposé pour une distinction quelconque.

Cet exposé démontre : 1" qu'il a arboré l'étendard de la rébellion dans le midi de la France ; 2** qu'il a réprimé et puni les mouvements des fidèles serviteurs du Roi en faveur de l'autorité légitime, et qu'enfin, ayant marché contre l'armée de S. A. Royale Mgr le duc d'Angoulême et concouru à l'arrestation de ce prince, il ne peut être noté d'une manière favorable.

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